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Main Azaad Hoon

Traduction : Je suis libre

Année1989
LangueHindi
GenreFilms sociaux
RéalisateurTinnu Anand
ScénaristeJaved Akhtar
ActeursAmitabh Bachchan, Shabana Azmi, Anupam Kher, Johnny Lever, Annu Kapoor
Dir. MusicalAmar-Utpal
ParolierKaifi Azmi
ChanteurAmitabh Bachchan
ProducteurHabib Nadiadwala
Durée162 mn

Bande originale

Jitne Basu

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Maya - le 9 juillet 2009

Note :
(8/10)

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Azaad signifie "libre". C’est aussi un prénom. Lorsque la journaliste Subashini (Shabana Azmi) invente ce personnage pour provoquer son patron, elle ne se doute pas de ce qu’elle va déclencher…

Le journal dans lequel écrit Subhashini a été racheté, le nouveau propriétaire veut du sensationnel et licencie l’équipe précédente, dont elle fait partie. Par bravade, elle écrit un dernier article sulfureux : une lettre qu’elle aurait reçue, signée Azaad, qui dénonce la corruption locale et prévient qu’il va se suicider le 26 janvier prochain, du haut de la tour symbole de cette corruption.

L’article fait effectivement sensation, et Subashini est priée de réintégrer l’équipe. Mais les opposants politiques veulent savoir qui est Azaad. Il faut un Azaad qu’on puisse montrer et manipuler. Un vagabond affamé (Amitabh Bachchan) fera l’affaire, il accepte de faire une apparition publique tout en promettant de quitter la ville juste après, trop heureux de manger à sa faim et de gagner quelques roupies.

Seulement cet homme sait parler, avec son cœur, en quelques mots il fait naître des espoirs immenses, chez les étudiants, les ouvriers, les paysans qui viennent le voir et le supplient de les aider. Comment résister ? Il reste, encouragé par Subashini et son patron qui voient là une affaire juteuse (« les mille et une aventures d’Azaad ») et une façon efficace de faire pression sur les puissants de la région, politiques et industriels. Porté par la ferveur des plus démunis, et par un profond sentiment d’injustice qui le pousse à se battre pour eux, jusqu’où ira Azaad ? Jusqu’où le laissera-t-on aller ?

Splendide film social, Main Azaad Hoon est sorti en 1989, renouant avec les films "en colère" des années 70. Le film fait l’apologie de la lutte sociale, du syndicalisme, de la solidarité des travailleurs contre l’oppresseur nanti, corrompu, exploiteur.
C’est une véritable leçon de solidarité sociale, avec un côté didactique qui aujourd’hui semble à la fois exagéré et salutaire.
Et là où ce film est courageux, c’est qu’il dit haut et fort que le gouvernement (local, certes) ne fait pas son boulot, alors que d’autres films - plus anciens, il est vrai, sortis lorsque l’Inde était gouvernée par Indira Gandhi, comme Roti Kapada aur Makaan - s’en prennent aux affameurs privés, en laissant penser que le gouvernement est victime, comme les pauvres, de ces vilains nantis.

Azaad ne fait pas de cadeau, à aucun des pouvoirs en place. Les dialogues de Javed Akhtar sont remarquables, on a parfois envie de stopper le film pour prendre des notes, tant son discours est fabuleusement humaniste et universel. Et le réalisateur Tinnu Anand a plus qu’adhéré au propos, les scènes avec les représentants des étudiants, des ouvriers, des paysans sont traitées avec le plus grand respect. Ces personnages, dont quelques visages sortent de l’anonymat de la foule, sont à la fois réalistes et très beaux, très dignes.
Il n’y a pas de clip à proprement parler dans Main Azaad Hoon, mais une chanson-slogan, Jitne Basu, reprise 5 fois, différemment, dans des scènes-clés du film qui illustrent les différentes étapes de la lutte sociale.

Ce film force le respect, et c’est presque difficile de le critiquer, tant le message prévaut sur la forme. Sur la réalisation il n’y a rien à redire. On regrette que le talent de Shabana Azmi soit sous-exploité, elle n’a que quelques scènes trop courtes, son personnage est laissé sur le bord de la route et c’est dommage. Cependant son personnage ambigu est très intéressant et on peut comprendre le parti pris de l’auteur de la laisser de côté, comme sans doute trop d’intellectuels, à l’époque plus soucieux de se faire bien voir que de dénoncer.

Quant à Amitabh, il est parfois fulgurant, dans les scènes où Azaad doute, celles où il est dépassé par les événements. Mais l’acteur est usé et cela se ressent dans les scènes de leader. Où est l’angry young man ? Son regard est fatigué, on y cherche en vain l’étincelle de Deewaar, de Laawaris.

Globalement cela convient au personnage dans sa dimension marionnette, mais cela convient moins au message de fond du film, à cet Azaad transformé par les espoirs des autres.

Pour toutes ces raisons, y compris pour mesurer le chemin parcouru depuis par Amitabh, Main Azaad Hoon est un film unique, à voir un soir où vous êtes assez en forme pour ne pas rater une ligne de dialogue.

Pour finir, dans Main Azaad Hoon il n’a pas vraiment de clip, le message est avant tout social, il n’y a pas de romance, et pourtant ce n’est pas un film d’auteur : quand on dit que « Bollywood » est un cinéma populaire, l’expression semble avoir été inventée pour ce film.

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