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Mani Ratnam met les voiles vers Chennai

Publié vendredi 2 mars 2012
Dernière modification mardi 3 mars 2015
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Par Gandhi Tata

Rubrique News
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Que fait Mani Ratnam ces temps-ci ? C’est la question que le tout Kollywood se pose, car après les échecs de Raavan et Raavanan, Mani Sir a tenté de monter un projet autour d’un roman historique, intitulé Ponniyin Selvan.


Doté d’un budget monstre et d’un casting trois étoiles réunissant Vikram, Vijay et Mahesh Babu, ce film devait devenir le plus gros film tamoul après Endhiran. Malheureusement, la crise économique, mais aussi de confiance est passée par là. Car d’une part, produire un film aussi prestigieux représente un risque énorme pour les producteurs et d’autre part, les performances de Mani Ratnam au box-office ne sont plus ce qu’elles étaient. C’est ainsi qu’en avril 2011, le projet fut avorté, au grand désarroi des fans.


Après quelque temps, une nouvelle rumeur annonçant le retour de Mani Ratnam à Chennai, pour un film tamoul, avait commencé à circuler. Et finalement, la nouvelle a été confirmée ! Le réalisateur nous reviendra donc avec un projet plus modeste, dénué de grandes stars, contrairement à ce qu’il nous avait habitué ces dernières années. Le casting sera de qualité ! De grande qualité même, qui ravira sans l’ombre d’un doute, les cinéphiles !


Pour trouver des films de Mani Sir ayant mis tout le monde d’accord, il faut retourner 10 ans en arrière ! Effectivement, ses deux derniers succès, à la fois critiques et publics, étaient Alaipayuthey en 2000 et Kannathil Muthamittal en 2002. Le point commun entre ces deux productions, était la simplicité. Car à partir de 2004, celui qu’on surnomme le meilleur réalisateur indien, est tombé dans les travers des films à gros budget, tournés en plusieurs langues et dotés de distributions étoilées.


Le but de Mani Ratnam était clair, après avoir connu les sommets à Kollywood, il voulait devenir un cinéaste de portée nationale et faire de grands films, réunissant la crème de la crème du cinéma indien, toutes langues confondues. Sa prétention n’était pas démesurée, mais malheureusement, la manière n’y était pas et le public l’a progressivement boudé. Dernier revers en date, Raavan/Raavanan, une relecture du Ramayana, annoncé comme le film-événement de l’année 2010. Mais malgré la présence du couple Rai/Bachchan, au summum de leur célébrité à ce moment, et d’un acteur primé comme Vikram, le film a fait un four (le terme est sûrement excessif, mais reflète amplement la déception d’un point de vue critique). C’était visiblement la fois de trop, et il était temps pour le réalisateur de se rendre compte qu’en insistant dans la voie des films bilingues (tamoul/hindi), il allait définitivement se tirer une balle, ailleurs que dans le pied.


Cette fois, exit les grandes stars, les sujets hors-normes et autres adaptations de textes mythologiques. Cette fois, Mani Sir nous revient avec une histoire d’amour intitulée Kadal (anciennement nommée Pookadai). La première chose qui frappe notre esprit, c’est le choix d’un titre à la fois simple et évocateur. Kadal, désigne la mer, une source d’inspiration inépuisable dans la poésie tamoule, où les métaphores la liant à l’amour sont innombrables. Par ailleurs, en plus d’être une romance, Kadal sera l’occasion de parler de la communauté des pêcheurs du Tamil Nadu, qui fait face depuis toujours à des problèmes de rivalités internes et de violences régionales.


La distribution est surprenante, car elle mise pour la tête d’affiche, sur un couple de débutants, composé par Gautham Karthik, fils de l’acteur Karthik (déjà vu chez Mani Sir dans Mounaragam), et Samantha Ruth Prabhu, une jeune actrice qui monte (Ye Maaya Chesave, Dookudu). En revanche, la surprise du chef vient des seconds rôles, réunissant, une ancienne gloire du cinéma d’action, un vieil acolyte, une productrice TV devenue actrice, un acteur de composition et un méchant bien connu des masala tamouls. Vous devinez ? On vous laisse le temps d’un paragraphe, avant de lever le voile !


Parlons à présent de la brillante équipe technique qui comptera dans ses rangs A.R. Rahman, un fidèle du réalisateur. Kadal marquera leurs 20 ans de collaboration et sera la 11ème bande originale de leur filmographie commune. Rajiv Menon (Kandukondain Kandukondain) officiera en tant que directeur photo, après Bombay et Guru. Le montage sera réalisé par A. Sreekar Prasad, un habitué des filmS de Mani Ratnam. Enfin, le petit nouveau à venir garnir ce cercle d’élite est Jeyamohan, le talentueux romancier devenu scénariste sur des films importants comme Naan Kadavul et Angadi Theru.


Tic tac, tic tac… c’est le moment de dévoiler les noms ! La star des séries B musclées, c’est Arjun Sarja, l’inoubliable interprète de Gentleman (1994) et un temps acteur fétiche de Shankar. La chance semble avoir souri à cet acteur de 47 ans qui est réduit actuellement à une bien triste carrière de distributeur de tatanes, loin de ses débuts prometteurs, dans les années 90. Arrive ensuite Arvind Swamy, comédien fétiche de l’écurie Ratnam, le temps de quatre films mémorables. En effet, ce dernier a débuté il y a vingt ans sous la houlette du maître dans Thalapaty, avant de rempiler pour Roja, Bombay et Alaipayuthey. Arvind Swamy avait interrompu sa carrière d’acteur depuis dix ans et ce retour initié par son mentor semblait inespéré. L’actrice-productrice telugu Lakshmi Prasanna Manchu, vue dans Anaganaga O Dheerudu, mais aussi dans des séries comme Las Vegas et Desperate Housewives, fera ses premiers pas dans le cinéma tamoul avec Kadal. Enfin, Pasupathy, le génial acteur de Veyil, refera équipe avec Mani Ratnam après Kannathil Muthamittal. Le vilain de service sera très certainement incarné par Lal, un habitué des masala tamouls. Enfin, Thambi Ramya, récent lauréat du National Award pour son rôle dans Mynaa, vient compléter ce casting éclectique.


Produit par Madras Talkies, la maison de production du réalisateur, Kadal est d’ores et déjà très attendu, pour toutes raisons citées plus haut et pour le simple fait que ce soit le prochain Mani Ratnam ! Kadal est un film important dans sa carrière de presque 30 ans, car ce retour au bercail kollywoodien doit prouver au monde du cinéma qu’il n’a pas perdu la main.


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