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Mission Istaanbul


Bande originale

World Hold On
Mission Mission
Jo Gumshuda
Nobody Like You
Yaar Mera Dildaara
Apun Ke Saath
Jo Gumshuda (Remix)
Nobody Like You (Remix)
World Hold On (Remix)

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La critique de Fantastikindia

Par Lalita - le 22 septembre 2008

Note :
(3.5/10)

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Prenons des nouvelles de vieilles connaissances.

Alors que les stars des années 80 continuent de faire recette et que la génération montante des « fils de » prend d’assaut le box-office, la génération d’acteurs intermédiaires (trop vieux pour être jeunes premiers, pas encore dans la quarantaine mais déjà has been) se morfond dans les bas-fonds des mauvais films à petit budget.

Vivek Oberoi fut un jour un acteur prometteur. Petite frappe dans la Company de Varma, jeune homme amoureux dans Saathiya, et amant de l’une des plus belles femmes du monde dans la vraie vie, il apparaît ces temps-ci transformé. Choix de films douteux et disputes publiques avec l’ex-petit ami de sa belle (ex et mariée depuis) ont fini par ternir une image encore fragile. Le cas de Zayed Khan est tout de même plus simple à diagnostiquer : acteur surestimé après son rôle dans Main Hoon Na (énorme succès), le jeune homme révèle peu à peu les limites de son jeu capable de faire pleurer de rire un roc de granit. Le milieu du cinéma se révélant clément avec lui, il réussit encore à glaner çà et là quelques rôles.

C’est ainsi que ces deux comparses dont personne n’attendait de nouvelles, après une ascension fulgurante, se retrouvent dans Mission Istaanbul ! Finis les dishum avec les gangsters locaux, place à l’international. Vikas Sagar (Zayed Khan), grand journaliste sur une chaîne indienne, est débauché par Al Johra (Al Jazeera remixé) en Turquie. Pour montrer à quel point l’entreprise est louche, certains détails disséminés çà et là ne trompent pas. L’un de vos collègues vous félicite parce que vous êtes aguerri au combat. Vous arrivez sur place et vous vous rendez compte que le taux de mortalité des journalistes est très élevé. Les portraits des « morts au combat » sont exposés sur ce qui est appelé le mur des « martyrs ». Le 13ème étage de l’immeuble où vous travaillez est interdit aux employés et protégé comme la Banque de France. Votre patron vous reçoit en smoking en pleine journée pour votre premier entretien (si, si, c’est louche ça aussi). Vous l’aurez donc deviné : le directeur de Al Johra travaille avec les terroristes ! En fait il va jusqu’à les héberger dans ses tiroirs. Les couloirs de la chaîne sont remplis de pseudo-journalistes dissimulant leurs visages pour ne pas être reconnus (circuler la main sur le visage, c’est beaucoup plus discret qu’un déguisement bien évidemment). Et une fois qu’on leur a ajouté un khefi, des lunettes et une barbe longue de trois mètres, ils ressemblent à ce terroriste à gauche derrière le poteau qu’on a vu la semaine dernière faire exploser un bus à l’autre bout du monde ! Misère ! Mais que faire ? Appelez un super-soldat revanchard, un Vivek Oberoi au front lif… euh… dégagé prêt à en découdre avec tout ce qui bouge.

C’est à ce moment précis que le scénariste doté d’assez de jugeote pour mettre en place une histoire exploitable a dû se faire renvoyer pour laisser place à… une poule. Après l’entracte, le film aurait pu s’intituler « Zayed et Vivek contre le monde entier », la faute à une succession de combats mal chorégraphiés. Les méchants jouent de plus en plus faux à mesure qu’ils s’énervent… mais les gentils assurent graaaaaave. Qui aurait cru qu’un jour nous dirions que Zayed joue… bien ! Un acteur aurait-il germé à l’ombre de notre haine ? Vivek par contre déçoit franchement. Pourtant, nous ne désespérons pas de le voir regagner ses lettres de noblesses grâce à des projets de qualité. Son potentiel immense reste jusqu’ici sous-exploité. Y a-t-il autre chose à sauver dans Mission Istaanbul ? Pas vraiment. Les héroïnes, Shreya et Shweta Bhardwaj, se révèlent aussi inutiles que charmantes (comme d’habitude). Quant à Abhishekh Bachchan, il fait office de tête à claque dans son caméo tant il s’obstine à apparaître dans des oeuvres indignes de lui pour aider des amis (préparez vos mouchoirs pour son prochain film Drona). La musique reste peut-être le gros point fort du film, à ceci près que la seule chanson potable est un remix réussi d’un gros succès dancefloor européen. Mention spéciale pour les intermèdes comiques avec une imitation hilarante du président Bush.

Mission Istaanbul n’est pas indispensable. Mais ses acteurs principaux valent le coup qu’on s’intéresse de temps en temps à leur travail. En parler, c’est comme retrouver cet affreux t-shirt vieux de dix ans qu’on regrette d’avoir oublié et qu’on refuse de jeter. A consommer avec beaucoup de modération.

PS : à défaut d’avoir enflammé le box-office, les acteurs ont mis le feu aux IIFA 2008. Une performance qui ferait presque mentir cette critique.

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