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Muni 2 : Kanchana


Année2011
LangueTamoul
GenreComédie horrifique
RéalisateurRaghava Lawrence
Dir. PhotoVetri
ScénaristeRaghava Lawrence
ActeursRaghava Lawrence, Sarathkumar, Kovai Sarala, Lakshmi Rai, Devadarshini, Sriman
Dir. MusicalS. Thaman
ParoliersRaghava Lawrence, Vivega
ChanteursTippu, MLR. Karthikeyan, Velmurugan, Suchith Suresan, Darshana KT, Sriram, Malathi
ChorégrapheRaghava Lawrence
ProducteurRaghava Lawrence
Durée170 mn

Bande originale

Nillu Nillu Nillu Nillu
Sangili Bungili
Karuppu Perazaga
Kodiavanin Kadhaya

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Gandhi Tata, Guiridja
Publié le 6 décembre 2012

Note :
(6/10)

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Muni 2 : Kanchana, fait partie d’une trilogie de films comico-horreur. Un 3ème volet a été annoncé mais il n’y a pour l’instant aucune information concrète sur le projet.

L’histoire de base est la même que dans Muni, celle d’un anti-héros peureux qui par manque de chance total se retrouve en contact avec des esprits vengeurs. Après la phase "possession/exorcisme", il fini par accepter de venir en aide à l’esprit et l’aide à accomplir sa vengeance.

Dans Muni 2, l’esprit s’appelle Kanchana.

Le film commence avec la présentation de Raghava et de sa famille : sa mère, son frère aîné et sa femme ainsi que leurs deux enfants. Tout ce petit monde cohabite dans la maison du frère aîné. Rhagava lui, joue au cricket en attendant de trouver un travail, et tremble de peur face à tout ce qui pourrait être surnaturel. Il balise ainsi sa vie en fonction de ses superstitions. Par le biais de Rhagava, des phénomènes bizarres vont commencer à se produire dans la maison sans que personne ne s’en rende vraiment compte. Entre temps, la petite sœur de sa belle-sœur va venir chez eux et surtout ne va pas le laisser indifférent. Il va ainsi tout faire pour ravir son cœur.

Cependant, les phénomène paranormaux se font de plus en plus présents, et les seules à s’en rendre compte, sont la mère et la belle-sœur de Rhagava. Ce sont d’ailleurs elles qui vont tenter de sauver leur famille et leur maison.

L’avis de Guiridja :

De la série des Muni, c’est le premier film que j’ai vu car j’en avais eu de très bon échos. N’étant pas spécialement fan des films d’horreur en général et de l’acteur (sauf quand il danse) je ne m’attendais pas à grand chose. C’est vraiment juste par curiosité que j’ai regardé le film sans attente particulière.

L’histoire de base est la même et respecte les canons habituels des films d’horreur. Seuls certains points diffèrent du premier opus, Muni, mais ces changements sont bienvenus car le film en devient plus équilibré et percutant.

Le jeu des acteurs est plus naturel, peut être parce que c’est une suite et qu’ils sont habitués. Rhagava ne m’a pas impressionnée plus que ça dans son rôle "normal" mais lorsqu’il passe en mode "possédé", il est juste bluffant.

J’ai vraiment été agréablement surprise par son talent. L’héroine est une "belle plante" sans rien de plus. À part la blancheur de sa peau qui est mise en avant, elle n’apporte rien de bien fondamental au film.

La partie comique est assurée par le reste de la famille, le grand frère et le duo mère/belle-fille qui m’a vraiment beaucoup amusée. Elles sont complètement dans leur monde délirant, dans une relation décalée du fait de leurs réactions limite pathologiques. Le grand frère aussi est inclus dans ce mode de fonctionnement, mais le tout repose essentiellement sur la mère et sa belle-fille. Et contrairement à Muni où les situations étaient lourdes au possible, là les scènes sont plus digestes et viennent intelligemment contre-balancer les moments de suspense et de tension.

Les effets spéciaux sont corrects sans plus mais cela ne gâche nullement le film.

La musique m’a beaucoup plu, c’est simple toutes les chansons sont bien et restent longtemps en tête. Elles sont bien mises en images et certains clips sont juste excellents, mention spéciale au premier et au dernier. Visiblement une des marques de fabrique de Rhagava est d’inclure dans ses clips, aux chorégraphies très travaillées, des handicapés physiques (on retrouve le même style dans Muni). Il faut avouer que j’ai été assez impressionnée par la prouesse physique des danseurs et la précision d’exécution des enchaînements acrobatiques. Le must étant quand même le dernier clip qui est juste excellent.

Un point qui m’a franchement laissée perplexe, bien que j’ai aimé l’air de la chanson, est la pertinence des paroles de la chanson Karuppu Perazhaga. On retrouve la même obsession dans Muni avec un principe qui vaut comme fait indiscutable : la femme doit être blanche et l’homme plus foncé. C’est un travers qu’on retrouve dans beaucoup de discours et pas uniquement au Tamil Nadu mais il faut quant même rétablir quelques vérités, cela me semble limite vital. Donc dans les pays chauds, qu’on le veuille ou non, le soleil tape pareil sur les hommes et les femmes, et oui ! Égalité, au moins au niveau de l’épiderme. Donc à un moment il faut comprendre que, par ricochet, et bien les femmes sont basanées elles aussi et pas "blanche comme la lune ou le lait" ….. Ce petit point ayant été éclairci, nous pouvons revenir au film.

Le film reprend les même étapes, le même carcan et limite les mêmes scènes que Muni. Cependant, il s’en sort mieux, bien mieux même, pourquoi ? Parce que les défauts qui étaient disproportionnés et qui sautaient aux yeux dans Muni ont été gommés dans Muni 2 : Kanchana. Le rythme s’en ressent, il n’y a plus toutes ces longueurs et moins d’incohérences et d’absurdités aussi.

Ce qu’on peut reprocher à Muni 2 : Kanchana, c’est peut être justement de "copier" Muni (ex : les exorcistes, d’abord hindous, puis musulmans), le thème des chansons (ex : la premières chansons des deux films met en avant une chorégraphie avec des handicapés physiques, la chanson sur "la femme blanche et l’homme noir"), etc. Si dans Muni 2 : Kanchana, Rhagava a réussi à se renouveler légèrement et à surprendre dans certains traitements de l’histoire, il est à craindre que cette formule ne marchera peut être pas une troisième fois. En effet, personnellement, j’ai vu Muni 2 avant Muni, peut être que si j’avais vu Muni en premier, je n’aurais même pas mis le dvd de Kanchana dans le lecteur !

Il n’empêche, Muni 2 : Kanchana est réussi dans son genre et pour peu qu’on soit bienveillant sans attendre une perle du septième art, on passe un excellent moment oscillant entre rire et frissons.

Ma note : 7/10


L’avis de Gandhi Tata :

Munni 2, c’est le second volet d’une franchise comico-horrifique qui avait bien mal commencé avec le premier du nom. L’acteur-réalisateur et chorégraphe, Lawrence, qui rempile ici pour la deuxième fois, a les fesses entre deux chaises, entre volonté de renouveler et conserver la trame d’origine. Cela se ressent jusqu’au nommage de ce film qui s’intitule Kanchana – Munni 2.

Si Munni 1 avait posé les bases, Kanchana consolide l’ensemble, en apportant un ingrédient supplémentaire et au final, presque salvateur : l’humour !

Le schéma narratif, à présent testé et approuvé par le public, est le suivant : Un esprit revanchard et sacrément énervé, prend possession du corps d’un innocent jeune homme, pour assouvir sa vengeance ! Le plan est le même, son acteur principal aussi, mais les personnages, le contexte et l’histoire du fantôme vengeur ne partagent aucun lien avec le premier film. C’est principalement, ce choix audacieux qui donne à Kanchana, tout son intérêt.

On sait que son héros est un poltron ayant peur de la moindre ombre et que sa petite famille sera forcément composé d’individualités plutôt loufoques. On attend aussi avec impatience, de découvrir l’histoire malheureuse du revenant et de ses bourreaux. Et sans oublier, LA bombe du film qui sera la petite copine sexy, ou plus exactement, la danseuse des passages musicaux aux saveurs et aux rythmes très locaux.

Très simpliste comme recette, mais largement payante pour le spectateur tamoul lambda qui y trouve son compte. Rire, pleurer, s’émoustiller et s’angoisser ! Raghava Lawrence semble avoir donné naissance au masala horrifique nouvelle génération.

Mais bien heureusement, Kanchana ne demeure pas un produit d’exploitation pour le public local et saura vous saisir. La surprise est tout sauf intellectuelle, l’humour pratiqué ici est grotesque, et totalement assumé ! Prière de débrancher votre cerveau et déconnexion des neurones, sont les maitres mots ! On pense interrompre l’expérience, devant l’imbécilité du spectacle, mais étonnamment, les sourcils froncés du cinéphile cérébral laisse place à la rigolade décomplexée. Le plaisir est coupable et lorsqu’une ex-star comique des années 80, comme Kovai Sarala, décide de partir en vrille, le bordel est total, pour notre plus grand plaisir ! Lawrence et Sarala, crient, grimacent, gesticulent et enchainent les gags dignes des plus ridicules pitreries du duo Bud Spencer-Terrence Hill.

Les amateurs de frissons ne seront pas en reste et même si les manifestations surnaturelles ne font pas systématiquement sursauter, elles ont au moins, le mérite de faire rire et bénéficient d’effets spéciaux de bonne facture (sans être toutefois d’un niveau international).

Enfin, le succès de Kanchana repose sur ….. Kanchana ! Tout simplement ! L’adhésion se fait, en grande partie, grâce à l’intrigue principale, sous forme de flashback sur la vie de Kanchana. Ce qui aurait pu se résumer à une succession de sketches débiles et de clips vidéos folklo façon MTV, parvient à vous captiver avec une histoire certes invraisemblable, mais poignante.

On se surprend à éprouver de l’empathie en plein milieu d’un OVNI comico-horrifique. Mais le secret du cinéma indien réside justement là, dans cette formidable faculté à mélanger les genres et en ressortir un objet cinématographique qui est furieusement original. Pour terminer, le caméo de Sarath Kumar qui n’est plus, ni moins, que le Chuck Norris local, est monumental ! Kanchana ou le joyeux n’importe quoi ! A frissonner (de rire) d’urgence !

Ma note : 5/10

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