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My Name Is Khan

Traduction : Mon nom est Khan

Bande originale

Sajda
Noor-E-Khuda
Tere Naina
Allah Hi Rahem
Khan Theme
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La critique de Fantastikindia

Par Maya - le 24 mai 2010

Note :
(7.5/10)

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Rizvan Khan (Shah Rukh Khan) est atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme qui altère ses relations avec le monde extérieur : impossibilité d’affronter le regard d’autrui, peur panique devant la couleur jaune, sens particulier de la réalité et repères simples comme l’amour, la prière et la tolérance religieuse, des valeurs inculquées par sa mère musulmane. A la mort de celle-ci, il rejoint son frère à San Francisco et rencontre bientôt Mandira (Kajol), coiffeuse, divorcée et mère d’un petit garçon, Sam. Mandira et Rizvan se marient et vivent heureux avec Sam, mais après le 11 septembre 2001, leur vie devient difficile car leur entourage non-indien les assimile aux ennemis des Etats-Unis. Le drame frappe à leur porte, Mandira en rend Rizvan responsable, celui-ci décide alors d’aller rencontrer le président des USA pour lui dire "My name is Khan and I am not a terrorist". Il pense ainsi reconquérir Mandira. Ce long voyage apportera son lot d’aventures et de mésaventures.

Il n’y a pas que les personnes atteintes du syndrome d’Asperger qui aient un sens particulier de la réalité et des repères simples, Karan Johar aussi. Dans La Famille Indienne, il nous embarquait dans une sorte de conte de fées moderne, aux confins du merveilleux. My Name Is Khan se veut réaliste, mais en poussant le volume de l’émotion à fond, et le résultat est à la limite du discordant.

Le film a pourtant des qualités, le discours humaniste est louable, le changement du climat social après ce 11 septembre fatidique, est rendu assez adroitement. Le choix des personnages met en avant l’innocence, celle d’une mère, celle d’un enfant, celle d’un adulte handicapé, autant de sensibilités qui vont se retrouver confrontées à une réalité qui en apparence n’a pas changé, mais dont des pans entiers s’effondrent brutalement, jetant sur des chemins inconnus ces gens ordinaires ou presque.

S’il n’y a pas de clips, pas de danse dans My Name Is Khan, néanmoins la musique est omniprésente et c’est un point fort du film, les qawwali sont splendides, d’une grande douceur (voir l’article de Jordan White sur la musique du film).

On ne peut pas rester insensible à la gaucherie de Rizvan, à la tendresse immense qui habite son personnage, à l’espièglerie puis à la douleur de Mandira. Certaines scènes sont très émouvantes, notamment la rencontre de Rizvan avec Mama Jenny et sa communauté afro-américaine. Le parallèle entre celle-ci et la communauté indienne est intéressant, en revanche la métaphore du naufrage d’une certaine idée de l’Amérique symbolisé par la communauté inondée, est franchement "too much". C’est précisément ce côté "too much" qui dessert le film.
Car l’émotion est bien là dans My Name Is Khan, celle qui surgit des personnages, de leurs interactions, du jeu des acteurs et de la mise en scène de l’ensemble du film. Était-il besoin d’aller chercher les effets dramatiques ? car c’est cela qu’on retient d’une première vision, ce côté un peu tapageur, et c’est dommage car en fait le film vaut mieux que ça. On peut aussi reprocher au scénario certaines facilités, par exemple, avoir fait de Rizvan un vendeur de produits de beauté n’est pas plausible, mais c’est pratique pour qu’il rencontre Mandira qui est coiffeuse.

Venons-en à Kajol et Shah Rukh Khan, qui sont la raison d’être, l’essence même du film. Ils jouent très bien, on est heureux de les voir réunis à l’écran mais le parti pris du handicap de Rizvan est frustrant car il nous prive de l’essentiel : les regards de Shah Rukh Khan. Là où Fanaa avait composé avec la cécité du personnage de Kajol, My Name Is Khan garde le parti pris du handicap et essaie de faire passer l’émotion autrement que par les regards, ce qui n’est pas chose aisée et oblige à forcer le trait dans les situations, les mimiques. A première vue, l’ensemble manque de nuance, de subtilité. Après une deuxième vision, force est de constater que faire passer l’émotion malgré ce manque de regards est un tour de force, et cette composition est pour Shah Rukh Khan une véritable prouesse. Il s’applique à effacer non seulement son regard, mais aussi sa célèbre démarche, ses intonations, sa gestuelle. Pour les fans, c’est à la limite du supportable. Mais il faut saluer sa performance, digne d’une Rani dans Black. Kajol est égale à elle-même, adorable et espiègle dans la première partie du film, elle s’affirme également dans un registre plus dramatique qu’on lui connaissait moins, dans la seconde partie.

Quant aux personnages secondaires, si Jimmy Shergill (le frère) est hélas sous-exploité, le personnage de sa femme est un fil conducteur discret mais attachant.

Pour finir, il est impossible de regarder le film sans penser à Rain Man et Forrest Gump, dont se sont (trop) largement inspirés Karan Johar et Shah Rukh Khan : pour résumer, c’est Rain Man qui joue dans Forrest Gump. Sans la subtilité des relations entre les frères pour le premier, sans la poésie délicate et décalée du second. On aurait aimé un film plus radicalement différent, mais My Name Is Khan apporte quand même une composante qui lui est propre : l’émotion. Là où les films américains nous faisaient sourire, ce film indien nous fait frémir, nous fait pleurer, pas parce que l’histoire est triste, mais parce que l’histoire est belle.

On ne peut donc pas dire que Karan Johar renie ses racines avec ce film, même si My Name Is Khan est ouvertement construit de façon à plaire à un public international. Ce faisant, il prend des risques en Inde en se positionnant sur un créneau peu habitué aux hits, celui des films qui font réfléchir sans chercher à divertir. Arrivera-t-il pour autant à convaincre le public occidental ? Les Américains risquent de ne pas apprécier l’image qui est donnée de leur pays. Les Européens risquent de faire la grimace devant le côté "too much". Mais tous se laisseront peut-être emporter par l’émotion…
Les fans de Bollywood risquent aussi de ne pas y trouver leur compte, s’ils cherchent le côté "conte de fée" de Kabhi Khushi Kabhie Gham et Kuch Kuch Hota Hai. Quant aux fans de Shah Rukh Khan, ce film sera presque pénible pour eux, et ils devront dépasser leur frustration. On a déjà vu, avec Asoka notamment, que lorsqu’il s’écarte trop de son image, ses fans ne le suivent pas forcément.

Cependant le film a fait une excellente première semaine au box-office en Inde (malgré les menaces du Shiv Sena) et outre-mer, battant des records, s’introduisant dans le top 3 des démarrages les plus fulgurants avec Ghajini et 3 Idiots. En Inde il se maintient dans le top 5, aux USA et en Grande-Bretagne il est resté plusieurs semaines dans les meilleurs résultats du box-office. Qu’en sera-t-il en France ? A suivre…

Commentaires
36 commentaires
En réponse à maleym - le 08/06/2010 à 15:04

dommage que les quelques chansons du film n’aient pas eu droit a des sous titres !

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housna le 26/10/2015 à 18:23

WOUAW juste WOUAW, je ne vais pas m’étaler sur une immense critique du film car il est vrai que je n’en ai pas les capacités, mais en tant que spectatrice je peux dire WOUAW ce film est l’un des meilleures que j’ai vu de ma vie je n’ai que 14 ans donc je ne n’en pas vraiment vue des tonnes mais celui là fait partie de ce dont je me souviendrais pour le restant de ma vie. Juste WOUAW. Même mon grand frère qui n’incarne pas la sensibilité en personne était juste en pleure devant ce film, pour vous dire à quelle point il est beau.

clem le 01/04/2011 à 19:54

Un film qui est sous-noté, je mets 10/10, ce n’est pas pour rien s’il a explosé les recors indiens à l’étranger au box-office…

noella le 09/12/2010 à 17:40

les références à l’ouragan ne sont pas que métaphoriques et renvoient à ce qui s’est passé en Louisane : le gouvernement a laissé alors les gens livrés à eux-mêmes et refusé de leurs envoyer des aides ; un responsable politique du gouvernement Bush a même démisionné à l’époque.L’allusion qu’il s’agit d’un crime est réelle car le gouvernement a été poursuivi alors pour sa non assistance.Ainsi comme l’écrivait le critique du canard enchaîné ; c’est un panorama ambitieux de l’Amérique et tout s’appuie sur des faits réels, parfois pires bien entendu que ce que montre le film ; puisque ce sont des mercenaires seulement qui ont été envoyés dans une région sinistrée à forte domination de population afro-américaine qui a émigré d’ailleurs ne pouvant plus refaire leur vie et ayant tout perdu .Ils ont perdu leur logement, et certains ne sont pas revenus et ce n’est pas eux que l’on a employés pour reconstruire mais une population émigrée sous-payée.

noella le 08/12/2010 à 19:07

Pour info, il y avait une très bonne critique dans le canard enchaîné à la sortie du film où il était spécifié l’ambition du propos en ce qui concerne la représentation très variée de la société américaine et du pari tenu et le mélodrame malgré tout présent ,en fait un film indien et non américain. C’est à mon avis ,un film qui fera date avec le recul. Le choix de l’autisme m’a aussi surprise au début - sans qu’il y ait aucun rapport avec forrest gump etc - pourtant il est judicieux pour plusieurs raisons à mon avis. La plus facile, c’est que le personnage devient "intouchable" et cela aux U.S.A était primordial pour que le propos passe. Mais ce qui le rend "intelligent" c’est que l’autisme dont il souffre correspond à un rapport de plus en plus fréquent pour un occidental ou un public dit "cultivé" et que son évolution correspond à la nôtre : être de nouveau capable d’être "touché " au sens propre comme au sens figuré par autrui et non le percevoir à distance, et pas seulement par la dsitance d’un média .Sa quête peut être la nôtre.Certaines scènes sont d’un profondeur humaine ; comme celel de la fouille ou celle dans le stade du rejet de Kajol , par exemple. Mais le talent incontestable de Shah Rukh Khan est dans celle du lever du soleil et dans l’expression malgré le handicap d’un amour .J’envie ceux et celles qui l’ont vu sur grand écran.

Un fan le 20/10/2010 à 14:32

Ce film fait partie des meilleurs, tout pays confondu. 10/10 est une note presque trop sévère. Alors 7,5 hein… vous auriez pu monter pour un tel chef d’oeuvre.

Bolly fever le 08/10/2010 à 17:34

Je l’ai revu pour la 3eme fois, en si peu de temps… Et decidement, je lui mettrais bien 10/10 !!!

le 11/06/2010 à 22:39

"C’est vrai que Jimmy Shergill a un rôle limité, mais sa femme jouée par Pallavi Sharda est remarquable." (Jawad)

Juste pour dire qu’il ne s’agit pas de Pallavi Sharda mais de Sonya Jehan, une actrice pakistanaise aux origines notemment françaises, qui est mariée à un indien et qui a joué, entre autres, dans Taj mahal - A Love Story. Voilà pour la rectification :)

maleym le 08/06/2010 à 15:04

dommage que les quelques chansons du film n’aient pas eu droit a des sous titres !

pbx67 le 11/06/2010 à 12:43

Traduction perso de Sajda et Noor E Khuda (sachant que la Fox ne me laissera jamais poster les clips sous-titrés) :

Sajda

Je renais, En voyant tes yeux noirs. Le cœur battant, Je cours au-devant de mes rêves. Même si la vie me quittait, Même si le monde me rejetait, Mon amour t’accompagnerait Dans la vie et la mort. Je m’incline devant toi, Nuit et jour, Sans jamais m’arrêter. Je m’incline devant toi, Mille fois, Devant toi, mon amour. Ma bien-aimée, Ton regard m’a transpercé, Ton souffle réchauffe mon cœur. Je te cacherai dans mon regard, Je te retiendrai dans mon cœur, Nuit et jour. Mon être entier crie ton nom. Colore mes rêves, Que tes yeux apaisent ma soif, Mes lèvres disent, Ce que ton cœur pense. Ma chérie, Qu’importe si mon cœur est perdu.

Noor E Khuda (de loin mon préféré)

Quelle étrange époque Où la peur est omniprésente. Tout est noyé dans le brouillard. En quelques instants, Tout s’est écroulé. Le ciel est pâle, Le souffle est glacé, Ombres et corps sont dissociés. Souffle hésitant, Corps écorchés, Sur des rêves brisés, Ton monde survit. Lumière divine, Dis-nous où es-tu cachée. Lumière divine, Ne te détourne pas de nous. Répands ta grâce, Réveille la miséricorde, Et la compassion. Brûlante solitude, Ombres furieuses, Quelle est cette tempête, Quelle est cette ambiance. L’âme est pétrifiée, Le temps est suspendu. Lumière divine, Sur des rêves brisés, Ton monde survit. Les moments de désespoir t’attendent, Des cœurs blessés te réclament, Tous les cœurs battent pour toi, Mais nul ne t’a trouvé. Des yeux vides s’interrogent, La paix gémit Dans l’agonie et la douleur, Des fleuves de sang t’implorent, Mais tu n’es nulle part. L’âme est pétrifiée, Le temps est suspendu. Sur des rêves brisés Ton monde survit. Lumière divine, Où es-tu ? Lumière divine, Nous as-tu oubliés ?

Maya le 13/06/2010 à 02:11

merci pour la traduction les paroles sont superbes, et donnent une autre dimension au film.

Bolly fever le 11/06/2010 à 13:57

Merci merci merci ! Je m’en doutais , mais la chanson Sajda est vraiment magnifique, a vous faire frissonner…

Encore merci, et ca serait peut-être bien de faire un dossier MNIK avec la traduction des chansons (a voir avec les modos ;-)

Amina

Romu le 07/06/2010 à 17:37

Je suis pas d’accord avec jawad. Maya ta critique est bonne. J’ai lu celle de télérama qui sert à rien, celle du monde est bien mais pour ceux qui connaisse pas bollywood. L’autre critique bonne est celle de ecran large et j’ai envi de voir new york et kurbaan. Le monde a fait aussi un gros article sur shahrukh.

J’ai trouvé que le film est très bon. Shahrukh joue bien mais le moment avec les extremistes j’ai eu du mal.

pbx67 le 02/06/2010 à 20:15

"Sam, Notre Khan a réussi, avec son amour et son humanité, là où j’ai échoué avec ma haine. Ma colère nous avait séparés. Mais aujourd’hui, grâce à son amour, nous voici de nouveau réunis, dans ton souvenir et dans l’espérance. Je ne le laisserai plus jamais repartir, Sam. Je vais garder cet amour avec moi… Pour moi… Pour toi… Pour toujours !"

Déclaration de Mandira qui conclue le film… Et le plus bouleversant message de paix, de tolérance et d’espoir qui m’ait été donné d’entendre dans un Bollywood. Merci, KJ ! Désormais, dans mon cœur, nul doute que tu fais partie des très grands…

"Nous sommes plus forts que nos peurs. Plus grands que nos limites. Plus qu’un simple nom."

David le 31/05/2010 à 13:09

Merci pour la critique Maya

val le 30/05/2010 à 22:38

samedi soir au Gaumont de Toulouse ce fut magique j’ai passé une excellente soirée avec des inconnus qui ont été comme moi transporté par cette très belle histoire d’amour la salle a ri pleuré et enfin applaudi au générique car ils ont compris qu’un film est là pour nous faire partager des émotions alors moi je ne suis pas critique et un film s’il me fait voyager dans un autre temps je ne regarde que cela et franchement avec cette salle applaudissant j’ai su que je n’etais pas seule à avoir aimé merci à Gaumont de m’avoir fait vivre cela merci à tout ces spectateurs inconnus qui étaient là ce samedi soir j’espère que l’on reverra encore et encore des films Hindi sur nos écrans et encore vive le cinéma ( bollywood bien sur) shahrukh et kajol sont vraiment un couple hors pair mais je n’oublierai pas tous les autres acteurs qui ont fait de ce film ce qu’il est ….

Babou le 05/06/2010 à 19:22

J’ai été étonné de voir que MNIK est programmé depuis 2 semaines au Gaumont Wilson de Toulouse et que la salle est pleine, pleine de jeunes personnes de tous les styles (il y avait même un vrai Punk !!). Ce n’est pas un film représentatif de Bollywood (enfin celui que j’aime OSO - DEVDAS - DIL SE…), et mon 1er regret c’est qu’il n’y ait aucune scène de choré chanté alors qu’à maintes reprises, le scénario s’y prête (un vrai bon scénar Bolly, par contre) et c’est frustrant. De +, je trouve le propos louable et l’intrigue bien ficelée mais pourquoi rajouter au message, un héro Autiste ? En quoi, le film aurait eu moins d’impact si SRK avait été un père de famille, blessé et humilié, souhaitait rencontrer le Président pour lui prouver qu’il n’est pas un terroriste. Il lui serait arrivé exactement les mêmes mésaventures et nous, les spectateurs, nous aurions pu profiter des talents et du regard de SRK - et des breaks dansés - comme on en redemande, encore et encore, au cinéma Indien. Sinon, un bon film, mais un peu trop démago et occidentalisé à mon goût.

Bolly fever le 11/06/2010 à 00:52

Je pense que un SRK pas autiste m’aurait bien plus (srk faisant du SRK … :-p oulah, la groupie refait surface), mais a mon sens, son autisme rend son message encore plus "pur". C’est cette pureté du coeur - et la, JP, je pense que c’est tout a fait du Bolly ! - qui fait que l’on adhère a son message de tout coeur de tolérance et d’amour, la ou "nous autre" sommes svt peu enclin a dire le fond de notre pensée, ou à dire l’inverse de ce que l’on pense.

Nous montrer aussi, que pour lui, ce n’est pas tout les jours facile, mais que malgré sa différence, il arrive a se créer une famille heureuse. Aucune différence n’est une barrière a l’amour ; c’est ce qui différencie ici MNIk de forrest gump, auquel il est malheureusement (et pas a juste titre !) trop svt comparé. L’amour est ici réellement mis en avant (toute sorte d’amour, ainsi que tu le dis Didi). Il est plus fort que tout, et la encore, c’est un vrai Bolly…

A tout les niveaux, ce film m’a beaucoup touché, et je pense qu’il trouvera sa place ds mon top 10 facilement !

Soniya le 24/05/2010 à 14:32

Après une première vision peut-être tronquée, j’ai hate de voir le film en salle, et peut-être revoir ma position !

Didi le 24/05/2010 à 13:41

Globalement j’ai aimé le film qui raconte une belle histoire d’amour ou d’amours (amour conjugal, amour filial, amour fraternel, amour de son prochain) grâce à des personnages attachants et remarquablement interprété par SRK et Kajol. Kajol est pétillante de joie, mutine, pleine de vie, bref un beau personnage de femme qui s’assume et qui garde sa joie et sa force en dépit des épreuves (mère célibataire). Ensuite, elle nous fait ressentir toute l’horreur de la perte d’un enfant. Je remercie KJ d’avoir écrit ce beau personnage de femme (dans ses deux facettes, celle d’une femme et celle d’une mère avec le conflit que cela engendre), aux antipodes de ce que le cinéma hindi fait actuellement. SRK est aussi remarquable puisque s’efface complètement pour permettre à Rizwan d’émerger, dans toute sa naïveté, son handicap, etc. Son personnage nous montre une autre vision de la réalité avec parfois une pointe d’humour provenant du décalage entre son propre discours et la réalité. Effectivement le message est naïf de part le parti pris cinématographique : exposer la narration à partir du point de vue de Rizwan, mais elle n’en reste pas moins belle et touchante dans la dimension humaine et humaniste qu’elle apporte au film. En tout cas, elle m’a émue. Par ailleurs, l’aspect naïf est ce qui nous a plu, à l’origine, dans les films indiens pourquoi le renier dans MNIK ? Dès le départ, j’ai aimé dans les films indiens cette dimension naïve et poétique (même dans des films réalistes), ce parti pris de représenter le fantasme, l’impossible, la digression, bref des figures de style narratif qui ont été bannies par la rationalité du cinéma occidental et français en particulier. Donc j’aime que MNIK, de façon différente, reste fidèle à cette caractéristique. En revanche, ce que j’ai moins aimé, c’est quand Kjo sortait de la narration à l’indienne pour aller utiliser une emphase caractéristique du cinéma hollywoodien. Ces moments, surtout lorsqu’il y avait cumul des deux types d’emphase étaient vraiment pesants (too much, diraient les Anglo-saxons). Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec ce qu’en dit Maya. Une dernière chose, les comparaisons avec Forrest Gump ou Rain Main m’agacent (je ne vise pas exclusivement ton article Maya, mais certaines de critiques que j’ai pu lire qui ne savent proposer comme appréciation du film que "Forrest Gump bollywoodien"). Ce parti pris narratif ou cinématographique d’adopter le point de vue d’un personnage naïf ou déficient mentalement ou avec une tout autre caractéristique altérant la vision normative d’une société donnée afin de délivrer un message politique ou une satire sociale n’est pas exclusif de ces deux films-là et n’est pas nouveau non plus, c’est même très ancien (Don Quichotte, pour ne citer qu’un exemple). Il n’y a pas du tout ce type de message dans Rain Main et Forrest Gump déforme un peu une image des Etats-Unis triomphant, mais ne l’égratigne pas trop, malgré tout.

Lalita le 24/05/2010 à 11:24

Bon je n’ai pas vu le film, mais je me pose juste une question sur notre façon de juger les films indiens. Est-ce qu’on ne ferait pas un peu de complaisance ? Ok on peut aimer les comédies pas très subtiles ou les action movie bourrins du sud qui visent pour la plupart un public local. Ils montrent après tout une autre réalité, et une autre approche culturelle du cinéma. Maintenant le cas de Karan Johar pour ma part commence à poser problème. On a été séduit pendant longtemps par ses films à l’eau de rose, très enjoués et énergiques etc… . Pour moi ça allait tant qu’il s’affirmait défenseur d’une certaine tradition. Aujourd’hui, le Masala pur jus laisse la place à Bollywood à des films qui ont souvent le cul entre deux chaises. Ils veulent faire de l’action façon hollywood sans en avoir la maîtrise technique, ils veulent faire de la comédie "de djeuns" sans avoir les bons auteurs, ils veulent faire de la romance en s’inspirant de films déjà-vu. Et la prochaine étape, c’est conquérir le monde avec des œuvres au format international et un sujet universel. Pourquoi pas ? Mais moi je pense que quand ils le font, il faut aussi qu’on commence à les juger sur le même pied d’égalité que les autres. Tous les réalisateurs n’y perdraient pas au change, je pense surtout à Mani Ratnam. Pas sûr que ce soit le cas pour Johar. J’attends de voir My name is Khan, mais j’y vais à reculons. Il faut dire qu’il me convint de moins en moins…

Laurent le 24/05/2010 à 11:37

En mettant de côté MNIK, que je n’ai pas encore vu, je suis d’accord avec toi sur l’américanisation grandissante, et parfois improbable, de beaucoup de films bollywoodiens depuis 5 ans, une tendance pas forcément réjouissante. Mais les bons réalisateurs hindis savent toujours trouver le bon compromis entre masala et influences hollywoodiennes, et ça ça a plusieurs décennies pour moi, j’y inclus pas mal de choses comme Kuch Kuch Hota Hai de Johar (l’hilarante première partie au moins). Johar est donc capable de réussir ça !

Lalita le 24/05/2010 à 20:58

Je crois que le pire c’est que c’est difficilement compréhensible de voir l’Inde aussi "en retard" quand on sait que chaque décennie, c’est en Asie que naît quelque chose de nouveau. Dans les 2000’s, les chinois réinventent le Wu Xia Pian, les japonais nous font redécouvrir l’horreur, les coréens l’action et la façon de raconter les histoires. Donc que les indiens occultent le bouillonnement asiatique pour s’inspirer du mauvais cinéma américain a de moins en moins sens. Hollywood a l’argent certes, mais ce n’est pas d’Hollywood que viennent les meilleurs idées.

M’enfin… les choses ne peuvent que s’améliorer je suppose.

Bollybulga le 22/05/2010 à 23:41

Tiens j’ai vu Arif Zakaria hier soir sur Zee TV dans le film Ab Tumare…

Bollybulga le 18/05/2010 à 17:37

Trop surprise de découvrir qu’Arif Zakaria, l’un des acteurs du film, était en France lors du passage de la Fabuleuse histoire de Bollywood !

http://www.indeaparis.com/gallery/thumbnails.php?album=search&search=arif_zakaria

Soniya le 05/03/2010 à 10:35

Et bien moi je suis de l’avis de Maya et de Madhurifan, en l’amplifiant un peu : quelle déception ce nouveau KJ ! On en revient toujours au même débat, est ce que la noblesse d’un propos fait un bon film ? La réponse est bien évidemment non ! KJ a voulu dénoncer l’intolérance qui touche les musulmans depuis le 11/09 et éduquer son audience, mais il l’a fait d’une manière lourde, brouillonne et clichée. J’adore les films indiens, et l’émotion "décuplée" que KJ insufle habituellement dans ses films et que l’on retrouve dans les films de bollywood, j’en rafole habituellement. Ici, j’ai juste l’impression que KJ me prend pour une enfant de 7 ans. Pour moi ce film ne pourra jamais atteindre un public occidental, notamment français, qui ne connait pas le cinéma indien, alors que vu le propos je pense que c’était l’un des but de KJ : les acteurs américains ont des roles stéréotypés, les seconds rôles indiens également. Kajol n’a pas d’autres choix que de surjouer l’hystérie face à l’impassibilité de SRK (alors qu’en général elle est déjà a un sacrée niveau), et même si je la trouve toujours très belle, je ne l’ai pas aimé dans ce film. Pour moi seul SRK est à sauver dans ce film : c’est un immense acteur, et son jeu m’a totalement convaincu.

Pierre le 04/03/2010 à 22:54

Euh..en gros vous dites exactement la même chose au cas où vous ne vous écoutiez pas ;)

Mais ce que dit Jawad (et il ne s agit pas de prendre parti ou pas betement sur un avis) est vraiment cohérent et c’est exactement mon ressenti

MNIK par Madhurifan

Sur les rapports ciné indien / ciné international, tu donnes toi-même la réponse : "Il rappelle des valeurs universelles, de tolérance, d’amour". Exact. Et je ne vois pas ce que ça a de spécifiquement indien. Au contraire. Tu m’aurais dit qu’il rappelle la famille, le combat contre le destin, la valeur de la spiritualité, j’aurais pu te suivre. Je ne sais pas trop de quel contexte tu parles en évoquant celui qu’un non initié au cinéma indien ne comprendrait pas immédiatement. Il n’y a rien qui me semble inaccessible à un non initié là-dedans, sauf peut-être quelques subtilités ou références, mais en tout cas rien qui empêche la compréhension. Ou alors ça ne m’a pas frappé.

My Name Is Khan - par jawad

Par contre là ou je ne suis pas du tout d’accord avec toi, c’est quand tu parles de soumission du cinéma indien face au cinéma international. Tu dis également qu’il ne restera plus grand chose du cinéma indien s’il continue dans cette direction. Pourtant selon moi, ce film est bien plus "indien" que 75% des productions hindi des 4 dernières années. Il rappelle des valeurs universelles, de tolérance, d’amour, il fait appel à un contexte qu’un non initié au cinéma indien ne comprendrait pas immédiatement, et il garde la notion de chansons filmées (même s’il n’y a pas de chorégraphies). Honnêtement, en voyant des 13B, Luck, BLue, Kambakth Ishq, 99, - la liste pourrait être immense - je me satisferai grandement de films comme MNIK dans le futur plutôt que de comédies ou des films d’actions qui durent à peine 2 h avec des clips en boites de nuit ou des remakes de films scène par scène. Et des films comme New York Masala ou Dostana qui sont appréciés ici n’ont pas grand chose d’indien, si ce n’est de se dérouler dans la communauté punjabi

Anne-Violaine le 04/03/2010 à 20:37

J’ai vu ce film en Angleterre et paradoxalement je suis d’accord avec tous vos avis !!!! Pour moi ce film, c’est un film américain joué par de très très bons acteurs indiens : SRK ne fait pas du SRK, pour moi ça dépasse Forrest Gump et Rain Man…ça aborde des tas de sujets , je suis française et non musulmane et j’ai vu ce film avec mon ami sri-lankais musulman et on était en larmes…le public en majorité indienne a applaudi à la fin !!! Pour moi ce film est un OVNI, entre US et Inde.

Madhurifan le 04/03/2010 à 13:50

Jawad, sans reprendre dans le détail, juste quelques points.

Comme je le disais, jusque là, ce que me plaisait beaucoup chez KJ, c’est sa façon de décrire les relations, avec une qualité et une densité particulières. Cela ne veut bien entendu pas dire que c’est le seul. La question ne me semble pas de savoir si la moitié des films de la planète parle de ce sujet. Bien entendu que c’est vrai. Pour moi, la vraie question c’est : est-ce que ça me touche ? Et, dans MNIK, ça ne me touche pas (ou peu). Je suis peut-être trop exigeant mais j’attendais plus de KJ. Déjà à l’instinct, sans chercher à expliquer, je suis déçu.

Quant à dire que le film aborde le thème du comportement vis-à-vis de la communauté musulmane, je veux bien mais pour le coup je trouve que le sujet n’est pas vraiment fouillé. J’y vois beaucoup de superficialité et, pour moi, ce n’est pas le thème central.

Sur les rapports ciné indien / ciné international, tu donnes toi-même la réponse : "Il rappelle des valeurs universelles, de tolérance, d’amour". Exact. Et je ne vois pas ce que ça a de spécifiquement indien. Au contraire. Tu m’aurais dit qu’il rappelle la famille, le combat contre le destin, la valeur de la spiritualité, j’aurais pu te suivre. Je ne sais pas trop de quel contexte tu parles en évoquant celui qu’un non initié au cinéma indien ne comprendrait pas immédiatement. Il n’y a rien qui me semble inaccessible à un non initié là-dedans, sauf peut-être quelques subtilités ou références, mais en tout cas rien qui empêche la compréhension. Ou alors ça ne m’a pas frappé. A ce propos, je pense qu’il sera intéressant de comparer ce qui sera retiré pour faire la version courte du film. Sûrement très instructif.

Quant aux chansons filmées, il me semble c’est aussi une spécialité (moins fréquente de nos jours je te l’accorde) des américains, grands pourvoyeurs de comédies musicales à travers le monde pendant des décennies. Là non plus rien d’indien. Peut-être même une main tendue vers le spectateur occidental.

Où je te rejoins c’est sur la qualité globale des dernières production indiennes. C’est même dramatique. Un dernier point. J’ai beaucoup aimé Dostana, non pas pour son indianité mais pour la façon dont il réussit à faire rire avec un sujet aussi casse-gueule sans tomber dans la vulgarité. Donc, rien à voir avec MNIK.

Mais je te le redis, j’apprécie beaucoup KJ et, même si mon opinion sur MNIK est mauvaise à la première vision, je le regarderai à nouveau. Maintenant que j’ai lu ton avis, peut-être le verrai-je d’une autre façon.

jawad le 04/03/2010 à 01:09

Madhurifan, juste pour commencer, une précision. N’oublions pas quand même que K3G à sa sortie ne faisait pas l’unanimité non plus. C’est souvent le cas pour les films (ou même les disques) qui suivent une oeuvre qui a enchanté beaucoup de monde.

Pour en revenir au film, je ne vois pas en quoi les scènes de réunion des communautés, que ce soit à l’église avec la scène de gospel, ou la scène d’entraide ne parviennent pas à nouer, souder des gens et des sentiments. Les relations sont peut-être plus développées entre des groupes de personnes plutôt qu’entre des personnages. Concernant ta remarque sur des populations pauvres et souffrantes, et des comploteurs, c’est pourtant ce qui fait plus de la moitié des films des productions de la planète. Et des films plusieurs fois récompensés ont parlé de peuples souffrants et de comploteurs, je vois en quoi MNIK fait dans la redite, puisqu’il l’aborde suivant un thème peu vendeur (le 11/9 et l’évolution des comportements vis à vis de la communauté musulmane) et pas maintes fois traité (Khuda Ke liye l’avait bien fait, New York l’avait à peine esquissé…).

Les effets spéciaux ne sont pas nombreux dans MNIK, c’est vrai que la scène des inondations c’est de l’image de synthèse, comme dans tout film qui relate ce type de fait (à moins qu’ils n’inondent la ville exprès !)

Ces différences d’appréciation sont bien logiques sur un film qui prend à contre-pied. Cela m’est arrivé aussi sur des films très biens qui sont plébiscités sur le forum, de passer à côté des émotions ou de la portée du film. L’avenir nous dira si MNIK reste dans les mémoires ou s’il n’impressionnera plus dans quelques années….

Par contre là ou je ne suis pas du tout d’accord avec toi, c’est quand tu parles de soumission du cinéma indien face au cinéma international. Tu dis également qu’il ne restera plus grand chose du cinéma indien s’il continue dans cette direction. Pourtant selon moi, ce film est bien plus "indien" que 75% des productions hindi des 4 dernières années. Il rappelle des valeurs universelles, de tolérance, d’amour, il fait appel à un contexte qu’un non initié au cinéma indien ne comprendrait pas immédiatement, et il garde la notion de chansons filmées (même s’il n’y a pas de chorégraphies). Honnêtement, en voyant des 13B, Luck, BLue, Kambakth Ishq, 99, - la liste pourrait être immense - je me satisferai grandement de films comme MNIK dans le futur plutôt que de comédies ou des films d’actions qui durent à peine 2 h avec des clips en boites de nuit ou des remakes de films scène par scène. Et des films comme New York Masala ou Dostana qui sont appréciés ici n’ont pas grand chose d’indien, si ce n’est de se dérouler dans la communauté punjabi.

Pour ce qui est des chiffres, on les connait depuis deux semaines. Le démarrage a été exceptionnel, ensuite il s’est vautré, le bouche à oreille n’a pas suivi. Ce film n’est clairement pas fait pour les masses et passée la curiosité de voir le couple vedette, le public ne s’est pas déplacé (5 crores ont été perdu dans l’affaire Shiv Sena). Par contre les chiffres sont bons au Royaume Uni (2 millions de £ et aux USA où le film a dépassé les 3 millions de dollars). A suivre….

Madhurifan le 03/03/2010 à 13:14

Intéressant, cet échange. J’aime bien les arguments de chacun.

Avant tout Jawad, quand tu dis qu’on ne peut pas avoir de K3G ou de KKHH à chaque fois, je ne suis pas d’accord. Et pourquoi pas ? Cela étant dir, c’est vrai que ta façon de voir le film se défend.

SRK et Kajol sont effectivement très bien, surtout elle à mon avis. Pour lui c’est moins facile de juger parce qu’un handicap comme le sien peut présenter une apparence qui ne permet pas de savoir si c’est le jeu de l’acteur qui est outrancier ou si ce sont les symptômes réels. Mais, tu as raison, je trouve aussi que SRK ne fait pas de SRK (sauf à 2 ou 3 occasions quand même).

Par contre, je ne suis pas convaincu par la partie "c’est bien un film de KJ". Même si les points que tu cites vont dans ton sens (mais ce ne sont que quelques points), je trouve que le film manque plutôt d’entrain, de corps. Et ça, à mon sens c’est une marque de fabrique de KJ : construire, nouer, souder des gens et des sentiments. De là cette chaleur et cette complicité qui se dégagent de ses anciens films. Dans MNIK, on se demande où il veut en venir. On voit bien le road movie, la quête (ici pouvoir dire qu’il n’est pas un terroriste au président). Et, comme toujours, au passage, on croise des populations pauvres et souffrantes, et des comploteurs, et … la machine s’emballe un peu comme quand on fait rugir un moteur sans embrayer : on n’avance pas.

Pour moi sa quête, elle ressemble à du sur-place. Et je n’y ai pas trouvé d’intérêt. Parmi les choses qui faisaient le charme des anciens Karan, il y avait notamment le fait qu’ils ne faisaient pas appel à des contorsions techniques (bon, c’est vrai que l’arrivée en hélico de Karan dans K3G est assez spectaculaire) en dehors des chorégraphies. On avait bien une cinématographie au service de l’histoire. Dans MNIK, je trouve que ce n’est pas le cas. Je trouve la technique bien trop voyante (le tapis roulant peut se lire des deux façons). Et je ne parle pas de l’inondation qui sent tellement le studio que ça en brouille le reste. De toute façon, quand la forme (bonne ou mauvaise) prend le pas sur le fond je trouve toujours ça dommage.

On aura sûrement l’occasion de parler plus en détail du film (d’ailleurs il serait peut-être bon d’ouvrir un sujet sur le forum) mais moi, j’en garde l’image d’un film brouillon, qui n’a plus grand-chose à voir avec le cinéma indien, mais qui est, heureusement, soutenu, voire supporté par ses acteurs.

J’ai donc été plutôt déçu par ce film, mais comme je pense que Karan Johar est un réalisateur majeur (y compris avec ce KANK que tout le monde a l’air de vouloir clouer au pilori), je le regarderai à nouveau plus tard. En ce qui concerne l’émotion dont tu parles Gorkita, je t’envie de l’avoir trouvée. J’ai plutôt ressenti que cette belle émotion était quasi-absente. En tout cas, ça ne m’a pas touché.

Dans le cas de MINK le "mariage" entre le ciné commercial indien et le ciné international "conscient" (je ne sais pas bien ce que c’est d’ailleurs) me paraît plutôt ressembler à une soumission du ciné indien face au ciné international. Si MNIK est vraiment une avancée dans le cinéma indien, je crois franchement que, dans quelque temps, il ne restera plus grand chose du cinéma indien si on continue à marcher dans cette direction.

Ce qui va être intéressant c’est voir les résultats au box-office indien, une fois passé l’enthousiasme du lancement.

Pierre le 02/03/2010 à 23:18

Jawad, c’est tout à fait ça ! Je me joins à ton bel avis…

Guiridja le 02/03/2010 à 22:42

Sans pousser aussi loin l’analyse de Jawad, je partage son enthousiasme pour le film.

Le fait de le voir au ciné ça change peut être la donne mais franchement j’ai été hapé par le film. Ok c’est cousu de fil blanc mais sérieux, c’est minime par rapport à la claque que le film m’a mis. J’avais super peur d’un KANK 2 tout pourri qui voudrait trop faire "occidental" mais en fait non, le "petit truc" qui fait qu’on aime les films Indien on le retrouve dans ce film et franchement Kajol et SRK jouent vraiment bien. Pas de facilité, juste de très bon acteurs qui m’ont réconcilié avec le cinéma Hindi que je fuyais depuis qql années (hônétement j’avais même prévu de pioncer dans la salle de ciné, et j’ai été scotché du début à la fin).

La musique est tout simplement magnifique, des sons simplement efficaces qui appuis le film de façon admirable.

Gros coup de cœur pour moi.

val le 02/03/2010 à 22:08

merci jawad ta critique m’a donné envie encore plus fort de voir le film tu es honnete mais aussi très clair dans tes propos si jamais tu connaissais d’autres films à voir je te remercie de m’en parler j’aime beaucoup ton point de vue, merci encore jawad

pauline le 02/03/2010 à 19:24

Jawad critique parfaite ^^ MNIK marque une avancée dans le cinéma indien…

gorkita le 02/03/2010 à 16:45

Merci pour la critique qui colle à l’actualité. Cependant comme Jawad, je suis plus enthousiaste ke toi.

MNIK est très différent des films Dharma précédents. A mon sens, il définit ce ke va (ou devra) devenir le ciné indien. Profondeur, esthétisme, intensité. Il reprend en revanch ce ki faisait pour moi le charme du ciné indien ke j’aimais dans les années 90 et début 2000, et ki depuis a disparu : l’é-mo-tion !

jawad le 02/03/2010 à 12:00

J’avoue être un peu étonné par la dureté de ta critique, pour ma part ce film mérite bien mieux que 6.5/10. On ne peut pas avoir des K3G ou des KKHH à chaque fois. Ce n’est pas le but de ce film qui va à l’encontre de la facilité. La réunion du couple vedette aurait pu donner lieu à une romance facile, sure de faire du chiffre au box office, mais non, Karan Johar a choisi le contre-pied. Dans ces cas-là c’est sur que c’est plus difficile de plaire à tout le monde. Du coup, la romance entre les deux personnages est comme tu le dis moins sensuelle que celle dans Fanaa. Mais faire une romance conventionnelle dans un film comme celui-là n’aurait rien apporté. En soi, MNIK est un film différent. J’avais des à-priori avant de voir le film, après un KANK décevant et des productions Dharma un peu balourdes (Dostana, Kurbaan,…). Mais là, j’ai été vraiment agréablement surpris.

//// peut contenir des spoilers////////// Tu ne parles des aspects techniques du film qui sont en tout point remarquables. Sur grand écran, le film "envoie" ! Certains plans sont même bluffants (le super zoom qui s’éloigne du bus en mouvement, SRK en plein désert, les prises de vue du littoral de San Francisco,….). Les jeux de lumière sont eux aussi très nombreux, et l’enchainement de certains plans vraiment bien trouvés (la caméra sur le tapis roulant du controle sécurité enchainé avec SRK qui ouvre une porte,…). De même, les effets sonores sont impressionnants, et le fond musical très réussi. Comme tu l’a dis la musique est également un atout de taille.

En ce qui concerne les acteurs, SRK ne fait pas de SRK dans ce film. C’est sur que ça peut être frustrant pour ses fans, mais en voyant le film j’ai complètement occulté le fait qu’il s’agisse de SRK, et je voyais Rizvan. C’est en cela que sa prestation est réussie. Kajol est extraordinaire dans trois scènes mémorables et elle prouve une fois de plus qu’elle n’a pas de concurrente chez les actrices populaires. C’est vrai que Jimmy Shergill a un rôle limité, mais sa femme jouée par Pallavi Sharda est remarquable. Pour la première fois dans un film indien, les acteurs occidentaux, au demeurant nombreux, sont bien dirigés (à part les ados méchants). Que ce soient les voisins, Mama Jenny et son fils, le personnel d’administration. Le propos du film est comme tu le dis louable. Et c’est important de se focaliser dessus, car Karan Johar n’a pas fait les choses à moitié. Il s’est documenté (notamment sur les agressions qui ont suivi le 11 septembre), il arrive à équilibrer son propos (ce n’est pas la faute d’une communauté ou d’un pays), en cela je trouve qu’il se démarque de la plupart des films indiens, et surtout des commerciaux. On pourrait lister les scènes coup de poing (Kajol et son fils, la réunion de Rizvan et son frère, l’intervention de Rizvan dans la mosquée, la mobilisation de la communauté musulmane, l’agression du fils de Mandira, la discussion entre Rizvan et l’adminsitratrice du gala de charité de Bush, …) et les dialogues pertinents, on pourrait évoquer la correspondance entre le système de narration d’un KKHH par lettres et celui d’un MNIK par journal de bord, on pourrait parler des phrases ’gimmicks’ réutilisées plusieurs fois dans le film, qui font que ce film est bien celui de Karan Johar. Bref, selon beaucoup de points positifs. Certes tout n’est pas parfait. La scène finale avec le président est pour moi "too much" comme tu le dis Maya, les rebondissements de la dernière demi-heure et le rythme peuvent être à revoir, les similitudes flagrantes avec les deux films hollywoodiens que tu as cité (mais est-ce le premier film indien à copier ???).

Malgré tout j’ai l’impression qu’il a essayé de marier le cinéma commercial indien et le cinéma international "conscient". Le produit final n’est doute pas parfait, mais il a le mérite de soulever des questions et d’envoyer un message positif. Pour cela je pense que ce film va rester longtemps présent et pourra même devenir un film référence dans quelque temps. 8.5/10 pour moi.