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Naadodigal

Traduction : Nomades

Année2009
LangueTamoul
GenresFilms sociaux, Mélodrame
RéalisateurSamuthirakani
Dir. PhotoS. R. Kathir
ScénaristeSamuthirakani
ActeursGanja Karuppu, M. Sasikumar, Bharani, Vijay Vasanth, Ananya
Dir. MusicalSundar C. Babu
ParoliersVaali, Yugabharathi, Na. Muthukumar, Kabilan
ChanteursShankar Mahadevan, Hariharan, Velmurugan, Chandran, Senthil Dass, Srilekha
ChorégrapheDinesh Kumar
ProducteurS. Michael Rayappan
Durée168 mn

Bande originale

Aadungada
Sambho Jagadam
Ulagil Yentha Kathal
Yakka Yakka
Sambho Siva Sambho
Naadodigal Theme Music
Pain of Love

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Suraj 974 - le 1er février 2010

Note :
(8/10)

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Dans le village de Rajappalayam, Karunakaran (Sasikumar), Chandran (Vasanth Vijay) et Pandi (Bharani) sont amis d’enfance, ils ont grandi ensemble et pour ainsi dire mangé dans la même assiette, bref ce sont les meilleurs amis du monde. Un jour un ancien camarade de classe de Karunakaran vient au village leur demander de l’aide : la fille qui l’aime est d’une famille rivale, et leurs parents s’opposent à leur union. Qu’à cela ne tienne, "les amis de mes amis sont mes amis" et les 3 potes prennent la décision un peu folle de tout mettre en œuvre pour réunir les deux amoureux. Mais ils s’embarquent dans une opération à haut risque, dont aucun ne sortira totalement indemne.

Le scénario donne la part belle aux 3 personnages principaux, mais ceux-ci ne sont pas que des amis : ils ont tous une vraie épaisseur et surtout le film nous laisse le temps de nous attacher à eux, ce qui fait justement que cette amitié paraît encore plus crédible, elle prend corps et devient véritablement perceptible. Ils sont tous présentés avec leur famille et leurs rêves. Chandran voudrait fonder son école d’informatique et se marier avec la soeur de Karunakaran, Pandi partir à l’étranger, et Karunakaran avoir un poste de fonctionnaire pour pouvoir épouser la femme qu’il aime, Nalamma. Les personnages féminins ne sont pas en reste, notamment grâce à cette dernière, brillamment interprétée par Ananya qui est un des personnages les plus attachant du film. Elle interprète une fofolle surexcitée typique des films indiens (Jab We Met, Bommarillu…) dotée d’un fort caractère mais surtout qui passe son temps à manger ! La première partie du film est empreinte d’humour, de légèreté, alors que la seconde après cette incroyable bravade bascule dans le drame social le plus terrible. Ils doivent désormais assumer leurs actes, qui n’ont pas seulement changé la vie des deux tourtereaux, mais aussi la leur.

Naadodigal est un film qui a fait le choix de la simplicité, aussi bien dans l’histoire que dans la réalisation. Pas de grand effets, pas d’exagération masala, pas de montage prétentieux, même dans les clips. Tout est tourné en extérieurs, dans des villages, et montre la vraie campagne du Tamil Nadu telle qu’elle est. Nul doute que beaucoup de spectateurs ont pu s’identifier aux personnages grâce à cela.
Le film reprend des thèmes classiques du cinéma indien : l’amitié indéfectible, la réunion des amoureux dont les parents s’opposent au mariage, et comment l’un aide l’autre.
L’amitié est décidément un thème en vogue, après Subramaniapuram et Pasanga récemment, Naadodigal est le troisième film en un an sur ce sujet. D’ailleurs le réalisateur Samuthirakani jouait un méchant dans Subramaniapuram. Il faut dire que c’est un sujet cher aux Indiens, ce qui de notre point de vue occidental est parfois difficile à comprendre, car c’est réellement quelque chose de très important, aussi fort qu’un lien du sang.
Mais ce qui fait l’intérêt principal du film c’est qu’il va plus loin que ses prédécesseurs traitant du même sujet : il explore aussi les conséquences de cet acte de bravoure, et ce dans toute la seconde moitié du film, ce qui est déjà plus innovant. D’autant qu’il le fait avec sobriété, sans l’héroïsme déplacé des films masala.
Si Alaipayuthey montrait l’après-mariage d’un couple, Naadodigal s’intéresse à ceux qui ont rendu l’union possible : comment cet acte qui enfreint beaucoup de codes sociaux a eu un impact à la fois physique, psychologique et même moral sur eux et leur vie.

La démocratisation de la tv en Inde et l’apparition des chaînes câblées a créé un fossé dans le paysage filmographique indien. De nos jours les sujets familiaux et sensibles qui faisaient la richesse du cinéma des années 80 (où ont débuté des maîtres comme Mani Ratnam) se retrouvent dans les séries tv interminables diffusées gratuitement à la télé. Le public préféra se tourner vers le grand écran pour voir du grand spectacle et des superstars charismatiques.
Des réalisateurs qui préféraient faire des films sensibles et complexes, se sont retrouvés à faire des téléfilms (Vasanth, réalisateur du génial Aasai en 1995 par exemple, ne fait plus de cinéma depuis longtemps). Mais le cinéma reste toujours une sorte d’eldorado pour les jeunes réalisateurs. Nombre d’entre eux, après avoir commencé à la télévision, tentent leur chance au cinéma, apportant un autre savoir-faire. Récemment Em Magan avec Bharath a montré qu’on peut faire du cinéma familial de qualité et connaître un succès commercial.
Le réalisateur de Naadodigal, Samuthirakani, a lui aussi fait ses classes sur le petit écran et cela se sent dans sa gestion des émotions. Toute la seconde partie qui bascule dans le drame et analyse les conséquences du kidnapping est particulièrement révélatrice, en bien (intense) comme en mal (quelques longueurs).
En revanche il surprend par sa maîtrise du suspens et du rythme dans une première partie de haute volée qui culmine avec cette séquence centrale de l’enlèvement, qui nous tient en haleine de bout en bout. Sa direction d’acteurs est aussi une bonne surprise. Si certains surjouent, on reste tout de même loin des séries télévisées, car c’est manifestement leur rôle qui le demandait : Bharani est le comique de la bande, il adore se balader avec un slip sur la tête… en revanche l’acteur principal Sasikumar est très bon, tout en douceur et en intériorisation, il est la révélation du film. Son charisme crève l’écran, et si le film fonctionne c’est aussi en grande partie grâce à lui.

Musicalement, les chansons sont sympathiques, le dappa Adungada Macha crée une ambiance fête de village qui colle parfaitement avec l’aspect réaliste du film. L’item number Yakka Yakka, est classique et dispensable, mais néanmoins amusant pour son "utilisation des nappes de clavier Bontempi pour faire la mélodie d’un dappa" (!). On retiendra surtout la chanson de fond Shambo Siva Shambo, qui revient comme un leitmotiv à plusieurs reprises et qui accompagne la séquence-clé de l’enlèvement. Avec ses percussions, elle est comme le rythme cardiaque du film.

Dans la veine des films dramatiques réalistes, Naadodigal fait un peu penser aux œuvres de réalisateurs comme Bala ou Ameer, la profondeur et la réflexion en moins car tout n’est pas parfait. En effet, si le drame est parfaitement géré avec un constat social cynique sur la jeunesse indienne dorée du Tamil Nadu, Samuthirakani ne peut s’empêcher de faire un peu la morale alors que son scénario parlait déjà de lui-même. Mais pour une première réalisation, cela reste tout de même une belle réussite !
Naadodigal a été l’un des plus gros succès de l’année au Tamil Nadu, aussi bien public que critique, profitant d’un bouche-à-oreille sensationnel. Il a notamment cartonné dans tous les villages et petites villes qui concentrent l’immense majorité de la population tamoule hors Chennai, restant parfois plus de 3 mois à l’affiche ! Il a été exploité avec succès au Kerala et des remakes dans la plupart des langues du sud sont prévus. Les droits ont été achetés par Bollywood également.

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