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One Night Stand

Traduction : Un coup d'un soir

Année2016
LangueHindi
GenresDrame, Érotique
RéalisateurJasmine Moses D’Souza
Dir. PhotoRakesh Singh
ScénaristeBhavani Iyer
ActeursSunny Leone, Tanuj Virwani, Nyra Banerjee
Dir. MusicalTony Kakkar, Meet Bros, Jeet Ganguly, Vivek Kar
ParoliersKumaar, Shabbir Ahmed, Manoj Muntashir
ChanteursNeha Kakkar, Arijit Singh, Meet Bros, Jasmine Sandlas, Jubin Nautiyal, Shipra Goyal, Dev Negi
ChorégrapheVishnudeva
ProducteursPradeep Sharma, Furquan Khan
Durée97 mn

Bande originale

Do Peg Maar
Ijazat
Ishq Da Sutta
Le Chala
Ki Kara
Tum Mere

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Fabrizio - le 16 janvier 2018

Note :
(1/10)

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Si en son temps le déjà mythique Gorge profonde [1] fut un documentaire animalier décrivant avec un soin délicatement hygiénique l’appareil respiratoire des girafes, de nos jours One Night Stand, lui, est un docu-fiction équestre qui régalera à coup sûr les adeptes du tiercé et autres aficionados de l’univers hippique : One Night Stand c’est 1h39 de pellicule chevaline et l’intime conviction que le sport préféré de Sunny et de ses copines pas mal roulées, ainsi que de la réalisatrice Jasmine D’Souza, c’est l’équitation de haut niveau — avec cravache, harnais, broutage de gazon et autres tapes sur la croupe… Madre de Dios, que ça chevauche dur !

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Astuce n°1 : Le coup de reins

Urvil Raisingh (Tanuj Virwani) organise des événements pour une méga-société qui pète la classe mondiale. Malgré sa jeunesse, son sens du spectacle lui a fait gravir les échelons jusqu’aux plus hauts sommets. D’ailleurs, son dernier coup d’éclat c’était une teuf de ouf à Manille où il s’est entiché d’une jeune et mystérieuse photographe — une bonne gironde bien comme il faut, cavalière hors pair, répondant au doux prénom de Celina…

… tous les deux se retrouvent le lendemain au petit déj’ de quatre heures (normal) et le très subtil Urvil, en bon apprenti vétérinaire, parie avec ses potos que la belle assise à la table d’à côté succombera à ses irrésistibles charmes virils : il projette carrément de la clouer à son pieu, sans ambiguïtés.

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Un petit coup de main ?

D’ailleurs, qui pourrait résister aux pecs huileux et imberbes d’Urvil ? Qui resterait de marbre face aux formes voluptueuses de Celina ? Voilà, il n’est point nécessaire de posséder des dons oraculaires pour anticiper le scénario de One Night Stand : après le coup de foudre et le coup d’éclat, il y aura le coup d’un soir… contre le mur et dans la baignoire.

De retour à son morne quotidien, Urvil ne parvient à oublier ni les pare-chocs monstrueux ni la croupe rebondie de la délicieuse Celina. C’est mission impossible. Sa grognasse de bonne femme — cette râleuse — ne le satisfait plus, l’enquiquineuse ne comprend pas que le bon vieux Urvil a d’autres préoccupations en tête. Ha ! il est tombé sous l’emprise de Celina, cette déesse corruptrice et callipyge venue damner tous les saints de la Terre, quel coup fourré ! Sunny, alias Celina, devient fatalement une obsession maladive assombrissant la modern et perfect life du pauvre Urvil.

Un jour, par le plus grand des hasards, il croise cette merveilleuse créature (on vous dit que le scénario est aussi bien ficelé qu’un porno !). Inévitablement il souhaite se la refaire la revoir. Mais Celina n’est pas la femme qu’il croyait. Non seulement elle ne s’appelle pas ainsi — bam ! — mais en plus elle est mariée avec un type dont la richesse frôle l’indécence la plus crasse, et qui plus est — incroyable, intolérable — elle ne souhaite plus échanger des fluides avec Urvil — WDF ?!

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C’est un coup dur. Urvil vit cela comme une trahison, pire ! c’est un véritable et terrible coup « par-derrière » — alors qu’d’habitude il adore ça, lui, à la dernière mode de Julius Puech (À sec ! ou Avec une poignée de sable [2]). Que va-t-il faire maintenant que son honneur de mâle triomphant et sa virilité hyper masculine sont remis en cause ? que va-t-il faire à présent qu’il a entamé le pot de vaseline ? Se la dieron con guacamole !

One Night Stand (d)étonne par sa facture ultraconservatrice. Derrière ses faux airs de provoc’ — il fallait bien rentabiliser la présence de la sulfureuse Sunny Leone — ce film demeure terriblement chaste et moralisateur. La famille et l’institution maritale sont représentées et glorifiées avec une ferveur dérangeante. Il faut dire, par exemple, que les interrogations et dérives d’Urvil ne sont pas montrées seulement comme autant de traductions de son manque de caractère — le type est affreusement médiocre —, mais ses tribulations sont surtout manifestement pointées comme de terribles déviances portant atteinte à l’intégrité sociale de cette sacro-sainte institution. Dans One Night Stand on nous dit que s’essayer à la sexualité c’est jouer avec le feu. Celle-ci ne peut être épanouissante que si elle est encadrée dans l’institution légale du mariage, il en va de notre salut.

Urvil désire donc une autre femme, et il est d’autant plus coupable qu’il a consommé et assouvi cette passion interdite ; sa femme au foyer d’épouse, elle, « heureuse », lui est restée fidèle. Salariée à la PMU, c’est une fée du logis que l’on aimerait avoir chez soi : un coup de cravache dans la croupe et elle va brouter dans le pré ! On ne peut que compatir cette sainte dévouée… et par la même occasion détester la tentatrice d’Urvil — cette hétaïre intergalactique qui sait mordre l’oreiller avec rage et grimper aux rideaux avec une promptitude énergique.

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Technique n°5 : Toujours commencer par le bas

De son côté, affranchie de tout sentiment de culpabilité, Celina vit sa sexualité de façon assumée et sans remords, les lamentations plaintives et enfantines d’Urvil lui sont complètement étrangères. Ce n’est pas une « croqueuse d’hommes », elle n’a pas une vie sexuelle « masculine », elle a seulement une sexualité de femme épanouie… et si cela implique d’aller voir ailleurs, cela ne regarde qu’elle.

Toutefois ce n’est pas cette lecture qui est proposé par le très engagé One Night Stand. Bien au contraire, Celina apparaît aussi coupable qu’Urvil. Son personnage est construit de façon bien trop attendue et stéréotypée : on la figure comme l’archétype de la briseuse de ménages, égoïste et indifférente, se jouant des bonhommes et s’en tamponnant royalement la moule ou le coquillard.

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Or cette attitude assumée n’est pas une chose que l’on devrait reprocher à Celina — qui a une sexualité libre et affirmée —, mais la réalisatrice fait le choix de construire l’indifférence du personnage de façon à nous faire comprendre qu’il y a, au contraire, quelque chose de reprochable et de malsain dans sa façon d’être. Comme Celina est avant tout une jolie maman mariée (et belle-fille appliquée), elle ne peut pas aussi être une « putain »… Pour espérer le pardon rédempteur en tant que femme, elle est poussée à commettre un geste sacrificiel, un acte de contrition définitif. C’est à ce prix qu’on rachète ses pêchés.

En revanche, même si le pauvre Urvil devra payer pour sa faute — sa sensualité nomade et bien trop badine — il demeure un être sensible souffrant de son erreur impardonnable. Comment expliquer sinon qu’il s’adonne au viol conjugal sans que cela pose de vrai problème ? Ce triste incompris avait bu nous dit-on ! on peut donc faire ça tranquille, pépère, sans trop se soucier des conséquences et encore moins de la personne qui en est la victime. La douleur, l’humiliation, et la violence de cette agression, sont d’ailleurs très rapidement évacuées, en quelques secondes. Tout cela est même présenté avec une note d’humour douteuse… un « fuck you » bien placé pour faire rire tous les minables de la Terre amateurs de calembredaines et de « bon mots » merdiques, alors qu’on nous impose clairement une agression sexuelle des plus violentes.

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Ainsi, dans One Night Stand la sexualité extraconjugale est clairement dénoncée et mise au ban : malsaine — pathologique même — elle conduit Urvil et Celina à leur chute, à la destruction, jusqu’à l’effondrement de tout ce qu’ils avaient pu bâtir, professionnellement et sentimentalement parlant, une véritable déchéance, une course débridée qui détruit leurs noyaux familiaux. Bien sûr, Urvil devra plonger dans le doux réconfort de la boisson pour se remettre de toutes ces « aventures » — là, il a vu juste.

Que dire de plus ? Même si sur le plan technique on ne compte plus les faux-raccords et le montage plus qu’approximatif, ainsi que le jeu rétrograde et désarticulé de Sunny, ce film ne manquera pas de ravir tous ceux qui souhaitent voir l’actrice de Ragini MMS 2 faire l’apologie de la cigarette tout en réalisant un twerking tout en réparant des embrayages avec son poitrail. Vaste programme.


Bande-annonce


[1Deep Throat pour les intimes.

[2Il convient de lire la trilogie de Jean-Bernard Pouy, Spinoza encule Hegel.

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