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Oy !

Publié vendredi 29 mai 2009
Dernière modification lundi 11 janvier 2010
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Par Jordan White

Rubrique Albums
◀ Aa Dekhen Zara
▶ Dev. D

Alors que la production musicale hindi traîne sérieusement des pieds (aucune sortie de BOF depuis deux mois !) et ne nous propose rien d’enthousiasmant, le ciné télugu, lui, enchaîne les compositions sinon d’importance du moins pas désagréables voire franchement réussies. C’était déjà le cas avec la version adaptée en langue telugu de Ayan, le nouveau film avec Surya et Tamanna (Vedokkade) et surtout la très belle Sashirekha Parinayam, avec les morceaux de Mani Sharma, tout comme celle de Konchem Ishtam Konchem Kashtam du trio Shankar-Ehsaan-Loy (Yedo Yedo, Ninne Ninne). Ne passons donc pas à côté de celle de Yuvan Shankar Raja.

Et ça commence très fort et d’une façon très mélodique, accessible et catchy avec Oy ! Oy ! la chanson éponyme connue aussi sous le titre Love at first sight. Une mélodie pop/rock/dance des plus accrocheuses qui commence très tranquillement avec un jeu de cymbale, petit air de synthé assez vintage en prime, avant de rentrer dans le vif du sujet avec un jeu plus développé caisse claire/grosse caisse/toms/charleston. Une mélodie qui dénote d’ailleurs franchement de l’inclinaison techno/eurodance des chansons en hindi actuelles de plus en plus orientées vers les clubs et le dancefloor. La voix de Siddarth (trafiquée digitalement -écho notamment -, ne laisse pas une impression d’effet gratuit) fait des petites merveilles, l’acteur se prêtant à l’exercice avec aisance et manifestement beaucoup de plaisir. Le refrain est imparable, introduit par de légers roulements de caisse claire, et un passage électro revigorant. Un morceau sans fioritures, très entraînant, parfait pour se mettre dans l’ambiance.

Pour les mélomanes qui pensaient que Sunidhi Chauhan ne savait plus chanter ou qu’elle proposait toujours le même type de modulation vocale, à coups d’aigu et d’une voix un peu nasillarde, c’est l’occasion ici après des dizaines de BOF en hindi, de l’entendre de nouveau en telugu sur le titre Saradaga. La donne change, la chanteuse semblant très à l’aise ici dans un registre pop qui lui va très bien. Là encore la rythmique est simple mais pas simpliste, sur la base d’une harmonie axée piano/batterie avec une très légère ligne de basse. Karthik n’a plus rien à prouver et démontre qu’il est un grand chanteur.

Bien que beaucoup moins attractive, Waiting for you reste tout de même écoutable. Le refrain paraît moins évident, un peu plus caricatural avec l’utilisation des paroles en anglais.

La BOF de Oy ! mérite d’être écoutée et réécoutée ne serait-ce que pour un titre, le fabuleux Anukoledenadu, chanté par la non moins fabuleuse Shreya Ghoshal. L’émotion qui nous étreint est immédiate, la chanteuse prouvant une fois de plus (mais n’est-ce pas un pléonasme ?) qu’elle est la meilleure chanteuse indienne, la plus régulière au niveau de l’excellence. Voix puissante mais pas précieuse dans le mauvais sens du terme, la chanteuse monte ici très haut dans les aigus, semblant à un moment décrocher et ne plus pouvoir revenir une octave en dessous, et pourtant, dans les derniers retranchements, elle y parvient. On sent qu’elle pousse sur sa voix, mais ce genre d’exercice périlleux prouve l’étendue de son registre. Alors que certains -dont l’auteur de ces lignes- pouvaient être frustrés de ne l’entendre qu’une petite minute et cinquante-sept secondes sur Tujhe Mein Rab Dekhta Hai, ici elle a quatre minutes quarante-cinq secondes pour s’exprimer. Le temps paraît cependant encore trop court, tant la chanson aurait pu durer dix minutes sans que l’on s’en lasse. Merveilleuse Shreya !

Povaodhe Prema est un autre exemple de composition réussie qui rappelle un peu l’autre grande réussite qu’est Annul Maele de Vaaranam Aayiram. C’est le compositeur lui-même qui chante sur ce titre. La mélodie au piano accompagnée de percussions discrètes (l’utilisation de la tranche de la baguette frappée à plat sur le bord de la caisse claire durant le couplet) est très belle. On pourra être un peu plus sceptique par rapport au solo de guitare, qui sonne comme du Scorpions mais celui-ci ne dure pas très longtemps.

Surprenant, le titre Seheri l’est lui aussi. C’est un savant mélange réussi de rap, de pop et de rock avec des notes de lyrisme bienvenues, des ponts audacieux et surtout un refrain là encore entêtant, diablement efficace. L’utilisation de l’électronique (synthé avec des sons spatiaux) est très judicieuse, avec le flow particulier qui annonce la reprise de la mélodie initiale après le premier pont. L’arrivée de la voix féminine plonge le titre dans une ambiance dévotionnelle et angélique du plus bel effet. Une réussite.

Une très bonne BOF que nous vous conseillons de réécouter à l’envi pour en saisir toutes les subtilités.

http://www.raaga.com/channels/telugu/movie/A0001482.html


Année : 2009

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