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Poovellam Un Vasam


Bande originale

Kaadhal Vandhadhum
Pudhu Malar Thottu
Thirumana Malargal
Thalaattum Kaatre
Chella Namm Veetuku
Yukthamukhi

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La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 15 décembre 2015

Note :
(8/10)

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Les familles de Chinna (Ajith) et de Chella (Jyothika) vivent ensemble depuis trois générations. Leurs grands-pères ont monté leur première affaire de maçonnerie ensemble, ont élevé leurs fils ensemble et cela se poursuit encore alors que Chinna et Chella font leurs études… ensemble. D’une longue et forte amitié, les deux jeunes gens vont peu à peu se diriger vers une histoire d’amour. Cela ne sera pas du goût de Karna, un de leurs camarades de classe, qui va jouer les trouble-fête.

La première partie pose le décor et développe les sentiments des deux héros. La seconde partie s’attarde davantage sur les deux maisonnées que sur Chella et Chinna. Comme dans les films de Sooraj R. Barjatya auquel le film m’a fait penser dès les premières minutes, la famille est au cœur du propos. Ce qui touche l’un de ses membres se répercute sur tous les autres. Au début, lorsque l’on présente les deux maisonnées, on part du principe qu’une famille peut aussi être constituée par d’autres liens que ceux du sang. Dans la seconde partie, que les liens familiaux peuvent être dissolus. Ce qui est intéressant ici, c’est le traitement assez fin de la complexité des relations familiales. On y voit assez vite que même dans les familles les plus aimantes, où les bons sentiments sont légion, il y a toujours des zones d’ombres, des dissensions, qui n’attendent qu’une étincelle pour se dévoiler. A l’image de ce qui se passe lors des règlements de succession.

Jyothika joue un personnage jeune et capricieux qui voit tout en noir ou en blanc et entraîne sa famille avec elle. Son apparence la montre tour à tour comme une enfant/ado puis comme une jeune femme. L’alternance se faisant le plus souvent par le maquillage et les tenues vestimentaires. L’actrice interprète bien la dualité induite par l’âge du personnage. Assez femme pour voir son amitié pour Ajith se transformer en amour avec des rêves de mariage, il lui manque cependant la maturité pour comprendre les sentiments d’autrui. Et surtout pour les inclure dans son mode de pensée demeuré jusque là égocentrique, comme l’est celui des enfants. Ainsi, elle se heurte souvent à des situations qu’elle juge absurdes. Ceci dit, en enfant capricieuse et boudeuse, Jyothika est charmante.
Si on s’attache assez vite aux deux héros, le « méchant » peut par contre laisser perplexe car on ne voit pas trop où il veut en venir. Ou plutôt, on pense le savoir mais il ne va pas jusqu’au bout. Si cela avait été le cas, le film aurait été différent. Et sa façon de claquer des doigts toutes les trente secondes est vite irritante.

La musique ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Je crois que c’est surtout dû au fait que je ne suis pas encore habituée aux sonorités des musiques tamoules de cette époque. Si l’on ne s’intéresse qu’aux clips en eux-mêmes, nous avons une chanson avec le héros et une jolie fille qui n’est là que pour ça, sans aucun rapport avec le reste : c’est Yukthamukhi. Nous avons ensuite les clips "fantasmes des héros". Tour à tour les deux jeunes gens s’imaginent roucouler auprès de l’être aimé, ce qui donne des scènes dansées avec montagnes en arrière plan, Kaadhal Vandhadhum, ou dans un village rural fictif, Pudhu Malar Thottu. Chacun son rêve. Le côté fantasque de l’héroïne s’étale dans Thirumana Malargal. Chella Namm Veetuku est la chanson qui fête toute cette amitié entre les deux familles et permet au spectateur de rentrer dans la danse. J’ai une préférence pour cette dernière et pour Pudhu Mala Thottu avec son aspect comique dans les mimiques et la gestuelle des personnages.

Le lecteur habitué de Fantastikindia se doute bien que j’ai d’abord regardé ce film parce qu’Ajith était au casting. Je le connaissais en redresseur de tort (flic, ancien flic, ou pas). Je l’avais vu désespéré à la poursuite d’un rêve et en manipulateur froid et cruel. J’avoue sans honte avoir une préférence pour la première option : le voir botter les fesses des méchants. Enfin, je ne le connaissais pas encore en vrai romantique. Je l’avais bien entr’aperçu dans Kandukondain Kandukondain, mais trop brièvement. Et il faut bien avouer que le personnage d’Edward Ferrars (les Janeites me pardonneront) est l’un des pires héros de Jane Austen. Heureusement, le scénariste et Ajith avaient permis de rendre le personnage convenable, là où Hugh Grant avait autant de consistance qu’un flan. Bref, il me fallait découvrir cet Ajith-là, le romantique des premières heures de sa carrière. Et en démarrant Poovellam Un Vasam j’étais tremblante d’excitation devant mon écran. Si la question est « peut-on tomber amoureuse plusieurs fois du même acteur ? », ma réponse est oui.

Pour faire face à Ajitj, Jyothika n’était pas le choix premier du réalisateur qui avait proposé le rôle de Chella à d’autres actrices comme Aishwarya Rai et Preity Zinta. Cependant, Ezhil n’a pas eu à le regretter puisque le métrage a été un succès commercial mais aussi critique, et a reçu le prix du meilleur film familial de l’année. Ajith a pu montrer qu’il savait faire autre chose que des rôles d’action. Raja, autre réalisation d’Ezhil qui met en scène le même couple d’acteur l’année suivante, n’a pourtant pas rencontré le même succès [1].
En conclusion, Poovellam Un Vasam est un drame familial, associé à une romance, de qualité, tant par le choix et le jeu de ses interprètes que par l’écriture plutôt soignée de son scénario. Difficile de se résoudre à éteindre la télé à la fin. « J’en veux encore » fut le cri du cœur de votre rédactrice.


[1Mais je le regarderai quand même !

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