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Raavan


Bande originale

Beera Beera
Behene De
Thok De Killi
Khilli Re
Kata Kata

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La critique de Fantastikindia

Par Maya - le 28 décembre 2010

Note :
(7/10)

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Dans l’épopée du Ramayana, le roi Rama (avatar du dieu Vishnu) est le mari de Sita (avatar de la déesse Lakshmi), l’un et l’autre incarnent l’homme et la femme parfaits. Ils vivent en exil pendant quatorze ans dans la forêt. Raavan (ou Raavana), le roi démon de Lanka, enlève un jour Sita, parce que le frère de Rama a coupé le nez de sa sœur Surpanakha.
Rama déclenche une guerre homérique pour libérer sa femme, aidé par le dieu singe Hanuman. Sita est entièrement dévouée à son mari et restera chaste bien qu’étant longtemps la captive du démon. Lorsqu’elle retrouve enfin son époux, celui-ci détourne les yeux car il la pense déshonorée. Sita demande alors à périr sur le bûcher, ne pouvant supporter l’affront. Mais elle sort du bûcher indemne et lavée de tout soupçon, car le dieu Agni (feu) détruit les impurs mais préserve les innocents. Rama se tourne alors vers Sita et affirme qu’il n’a jamais eu de doute, mais que le sacrifice du feu devant la foule était nécessaire pour qu’elle continue à être respectée par tous (source : Wikipedia).

Dans le film de Mani Ratnam (et son film jumeau en tamoul, Raavanan), on retrouve cette trame de façon très fidèle, seul le bûcher nous est épargné. Rama s’appelle Dev (Dev = Dieu). Policier, il vient d’arriver avec son épouse Ragini dans un coin perdu et compte bien stopper les activités de Beera, le démon (raavan) local qui fait sa loi dans la région. Beera (Abhishek Bachchan) enlève Ragini (Aishwarya Rai). Hanuman (Govinda) va guider Dev (Vikram) et l’aider à retrouver son épouse. Lors de flash-backs, on fera connaissance avec Jamuni (Priyamani), la sœur de Beera, et on découvrira le drame qui a déclenché l’enlèvement de Sita-Ragini.

Ce récit épique a inspiré de nombreux films indiens, de près ou de loin. Manifestement, Mani Ratnam a voulu le débarrasser de tout artifice et le livrer à l’état brut, au plus près de la légende, de ses archétypes, de ses archaïsmes et de son univers de jungle inhospitalière.
Le résultat est étonnant, déroutant, cela ne ressemble en rien à un film de Mani Ratnam aux dialogues étudiés, aux personnages ciselés, aux analyses socio-politiques aiguisées. Rien à voir ! C’est comme si Léonard de Vinci s’était mis à peindre à la truelle. Mona Lisa à la truelle, évidemment, c’est déconcertant. Autant qu’Aishwarya Rai trempée, maculée de boue et hagarde, autant qu’Abhishek Bachchan roulant les yeux sous une épaisse couche de boue-peinture de guerre. Les pauvres… Le tournage a dû être éprouvant, entre la pluie omniprésente, le maquillage et des personnages dont le descriptif doit tenir en deux phrases, il fallait s’appeler Mani Ratnam pour leur faire signer le contrat, tout autre réalisateur aurait fait fuir n’importe quelle star avec de telles conditions de travail.

Mais ils n’ont pas sacrifié des mois de dur labeur en vain, car le résultat mérite le détour. L’univers de jungle impitoyable est particulièrement bien rendu, non seulement le cadre, mais aussi les gens qui y vivent, ces hameaux perdus, ces guérilleros d’on ne sait quelle cause, maigres et en lambeaux, cette brutalité à la limite de l’inhumanité. On plonge en apnée dans cet univers dès les premières secondes du film, sans bien comprendre ce qui se passe, quels sont les enjeux, où l’on va… tout comme les gens que l’on croise, qui ne semblent pas être guidés par un but ou une idéologie, mais plut