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Ramchand Pakistani

Traduction : Ramchand le pakistanais

Année2008
LanguesHindi, Ourdou
GenreDrame
RéalisateurMehreen Jabbar
Dir. PhotoSofian Khan
ScénaristesJaved Jabbar, Mohammad Ahmed
ActeursNandita Das, Rasheed Farooqi, Syed Fazal Hussain, Navaid Jabbar, Maria Wasti
Dir. MusicalDebajyoti Mishra
ParolierAnwar Maqsood
ChanteursShafqat Amanat Ali, Shubha Mugdal, Allah Megh De, Allan Fakir, Mai Bhagee
ProducteurJaved Jabbar
Durée103 mn

Bande originale

Teri Meri Preet
Phir Wahi Raste
Khari Neem Key Neechay
Tarrin Paunda
Meri Maat

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Jawadsoprano - le 5 janvier 2009

Note :
(8/10)

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Après Khuda Ke Liye en début d’année, voici un nouveau film pakistanais bénéficiant d’une sortie en Inde. Complètement en marge des masalas indigestes de l’industrie cinématographique pakistanaise, Ramchand Pakistani raconte une histoire vraie, survenue à la frontière indo-pakistanaise en 2002.

Le film raconte l’histoire de Ramchand (Usman Abbasi et Navaid Jabbar), jeune garçon pakistanais, vivant à la frontière du Pakistan et de l’Inde dans une famille hindoue. Sa mère Champa (Nandita Das) et son père Shankar (Rasheed Farooqi) prennent soin de lui et mènent une vie paisible dans un petit village. Mais l’insouciance et l’impétuosité de Ramchand le poussent à traverser la frontière sans s’en rendre compte, entraînant son père dans son sillage. Les gardes-frontières vont alors les prendre pour des terroristes en charge de mener une opération destructrice, et vont les incarcérer dans une prison indienne. Le garçon va alors se retrouver loin de sa mère, dans un environnement hostile avec son père comme seul protection. Champa va elle se battre pour survivre dans un monde où on la considère comme une veuve.

Tourné intégralement en urdu, Ramchand Pakistani constitue une véritable découverte dans le paysage du cinéma pakistanais. Réalisé par Mehreen Jabbar, un jeune producteur de séries télé pakistanaises à succès, le film impressionne dans bien des domaines. Tout d’abord l’écriture. Tout au long du film, on peut admirer les répliques de Ramchand qui analyse avec ses yeux d’enfant une situation dans laquelle même les adultes ne trouvent pas d’explication. Le scénario est travaillé, les personnages fouillés et pas du tout stéréotypés.

Techniquement, là aussi Ramchand Pakistani se distingue. Tout est fluide, du montage à la manière de réaliser, ça reste professionnel et bien maîtrisé. C’est simple, épuré mais diablement efficace car dénué d’effets parasites. La musique reste discrète mais le fond sonore prend une part très importante pour garder le spectateur dans une ambiance rurale. Il est à noter que les chansons figurant sur la bande originale du film valent le détour, même si elles ne sont pas toutes intégrées au film.

La rigueur du réalisateur se ressent même à travers les prestations. La direction d’acteur est superbe. Les deux jeunes garçons qui incarnent Ramchand sont simplement bouleversants. Le jeune de 8 ans impose un réel charisme avec son regard magnétique, alors que l’adolescent démontre un naturel dont bon nombre d’acteurs professionnels devraient s’inspirer.

Nandita Das est comme à l’accoutumée superbe de retenue et de grâce. Elle illumine chaque scène de sa classe, et s’approprie le rôle de la villageoise qui ne veut pas accepter le coup du sort. L’acteur pakistanais Rasheed Farooqi délivre lui aussi une prestation de premier ordre. La nuance entre son ressentiment contre Ramchand et son devoir de père est parfaitement interprétée, de manière sensible, simple et juste.

Les seconds rôles sont très bien écrits et bien souvent attachants : les prisonniers qui prennent rapidement Ramchand sous leur coupe pour le protéger et qui par la suite en font leur mascotte, l’assistante du directeur de la prison qui est fan absolue de Sridevi, le villageois qui souhaite aider Champa…

Ramchand Pakistani est une belle surprise comme on aimerait en voir plus souvent. Toujours juste, le réalisateur nous offre un moment de réflexion et un divertissement haut de gamme. Servi par une distribution au sommet, ce petit film devrait rapidement faire le tour des festivals internationaux pour récompenser une œuvre sincère et délicate.

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