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Refugee

Traduction : Réfugié

Bande originale

Aisa Lagta Hai
Jise Tu Na Mila
Mere Humsafar [Refugee]
Panchi Nadiya Pawan Ke
Raat Ki Hatheli Par
Taal Pe Jab

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La critique de Fantastikindia

Par Jawadsoprano - le 22 octobre 2008

Note :
(7.5/10)

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Sorti en 2000, le film de JP Dutta était attendu pour de multiples raisons. Tout d’abord le précédent film du réalisateur, Border (1997), avait connu un succès immense au box-office. Ensuite, la musique de Border, composée par Anu Malik, avait atteint des sommets par sa qualité et le duo se reformait pour Refugee. Mais ce qui a mis les médias en transe, c’était le lancement de deux jeunes enfants de stars dans le grand bain de Bollywood. Abhishek Bachchan, le fils de la légende Amitabh Bachchan, était censé prendre la relève. Kareena Kapoor, descendante de la dynastie Kapoor (petite-fille de Raj Kapoor et sœur de Karisma), faisait ses grands débuts à l’écran. Mais si beaucoup ne retiennent de Refugee que ces faits marquants, le film a bien d’autres atouts que je vous propose de découvrir.

L’histoire se déroule à la frontière de l’Inde et du Pakistan, où Refugee (Abhishek Bachchan), un jeune homme sans identité, vit d’un business pour le moins périlleux. Il aide les réfugiés musulmans à rejoindre le Pakistan malgré la vigilance des gardes des armées pakistanaises et indiennes postées le long de la frontière. Alors que certains officiers commencent à identifier son manège, Refugee aide la famille de Naaz (Kareena Kapoor) à traverser la zone désertique qui sépare les deux pays. Il va bien vite tomber amoureux de cette charmante créature, mais bientôt leur idylle va être contrariée par les réfugiés et les gardes de l’armée qui vont mener une bataille inévitable. Pour apprécier Refugee, il faut d’abord prendre son temps. Le réalisateur s’applique à planter le décor lentement de manière à nous faire profiter pleinement des paysages sublimes de la région. L’histoire nous entraîne petit à petit dans le quotidien de ces familles qui veulent passer la frontière, et ceci de manière assez réaliste. On sent néanmoins les grosses ficelles dramatiques utilisées au fil des rebondissements, qui ralentissent parfois le rythme du film. Mais le principal est d’instaurer une ambiance propre au film qui est accentuée par le contexte historique des relations entre l’Inde et le Pakistan.

L’amitié entre le chef d’armée pakistanais et le général indien (Suniel Shetty et Jackie Shroff) représente la volonté de JP Dutta à laisser place au dialogue entre les deux nations, après avoir traité le conflit dans Border. On ne peut pas reprocher l’excès de bons sentiments qu’il distille (notamment à la fin du film) mais la dramaturgie du film s’en ressent. C’est pourquoi l’apothéose du film est quelque peu diluée et n’atteint pas les sommets espérés. L’histoire d’amour entre Refugee et Naaz est intéressante et captive grâce au charisme de Kareena et d’Abhishek Bachchan. Par contre, l’amour naissant du chef d’armée pakistanais pour Naaz paraît déplacé et semble avoir été ajouté pour atteindre la dose de romance requise pour les films commerciaux.

3 h 20 ! C’est long c’est vrai, car certains passages alourdissent le film. Mais dans l’ensemble, on ne peut que saluer la volonté de JP Dutta de façonner une fresque à la fois visuelle et sonore. La photographie est en effet magnifique et on ne peut s’empêcher de rêver devant les paysages désertiques et ceux, plus fournis, des villages pakistanais. Les passages dans les champs sont d’ailleurs un régal pour les yeux, les couleurs étant chatoyantes et variées. Le son n’est pas en reste. Comment ne pas rendre hommage aux compositions d’anthologie d’Anu Malik qui signe ici son meilleur album de film ! Cela lui valu d’ailleurs de remporter le tant convoité National Award pour la musique de Refugee. Les mélodies sont tout simplement superbes, les instrumentations riches et haut de gamme, et on s’étonne de l’impact de chaque chanson sur la narration du film. L’envoûtant Raat Ki Hatheli Par chanté par Udit Narayan nous plonge dans l’obscurité du désert, Mere Humsafar nous invite à partager l’intimité du couple, Taal Pe Jab nous propose un voyage dans les champs regorgeant de senteurs et de couleurs, en compagnie des flamants roses ou des dromadaires.

Mais pour faire un bon film, il faut des acteurs justes et impliqués dans l’histoire. Que penser du jeune Abhishek Bachchan et de l’inexpérimentée Kareena Kapoor pour leur premier film ? Eh bien force est de constater qu’ils ont relevé le défi haut la main. JP Dutta n’y est sans doute pas étranger grâce à une direction d’acteurs exigeante.

Abhishek Bachchan est plein d’assurance, assez charismatique et impose sa carrure à l’écran. Il arrive à jouer juste aussi bien dans les scènes de romance que dans les scènes plus sombres. On peut regretter qu’il n’ait pour l’instant que très rarement réussi à atteindre ce niveau d’exigence dans d’autres films. Si Yuva, Sarkar et Bunty Aur Babli l’ont vu renaître sur un plan artistique, on en espérait plus au vu de ce qu’il proposait dans Refugee.

Kareena Kapoor est époustouflante. Tour à tour espiègle, innocente, tourmentée, ou même désespérée, elle déploie sa panoplie d’actrice dès son premier film. Son couple avec Abhishek est plus vrai que nature, et sa présence à l’écran est éclatante. Là encore, ses rôles suivants ne lui ont pas fait justice. Si elle a pu amuser la jeunesse branchée dans K3G, ses rôles dans Main Prem Ki Deewanee Hoon ou dans l’excellent Mujhe Dosti Karoge ne lui ont pas permis de confirmer son talent réel. Heureusement que certains réalisateurs avaient vu tout le potentiel de la belle, puisque depuis, Chameli, Dev ou Jab We Met l’ont hissée au sommet.

Refugee est un divertissement haut de gamme doté d’une production excellente, certainement ce qui se faisait de mieux à l’époque. Si quelques maladresses d’écriture viennent faire de l’ombre à la bonne réalisation de JP Dutta, le résultat est tout de même réussi. Et même si l’on n’est pas sensible aux paysages ou à la musique intemporelle de ce film, on pourra y admirer les premiers pas de deux stars du gratin Bollywood, Kareena et Abhishek.

Commentaires
4 commentaires
En réponse à Jaamunaa - le 07/02/2012 à 06:20

Avec un scénario en béton, l’appui de Nana Patekar, une très bonne direction musicale (Anu MALIK), ce film c’était du velours et il avait tout pour être un succès et lancer la carrière d’ Abhishek comme celle de Kareena.

Le résultat est qu’il a été un succès surtout grâce à Kareena qui s’est d’emblée affirmée comme la grande actrice qu’elle est, aussi à l’aise dans l’émotion que dans les scènes plus joyeuses.

Donc sur Abhishek je suis loin de partager l’avis de l’auteur de l’article. Alors qu’il lui trouve du charisme moi je ne lui en trouve aucun ni aucune des immenses qualités de son père dont j’ai vu de nombreux films du début de sa carrière à maintenant. Ce n’est pas parce qu’ Amitabh est un acteur immense qui a eu la carrière qu’on connait que son fils a la science infuse. Il pourrait peut-être faire un businessman brillant ou je ne sais quoi d’autre mais pour moi il est un acteur très surcoté, peut-être plus près maintenant de sa fin de carrière que de son début.

Dans Refugee il a presque du début à la fin le même regard absent et c’est Kareena qui illumine le film. En outre dans le commentaire j’ai du mal à comprendre en quoi « l’amour naissant du chef d’armée pakistanais pour Naaz paraît déplacé » … Je trouve même sans peine bien plus de charme et de prestance à Sunil Shetty qu’à Abhishek.

Sinon je partage tout ce qui a été dit sur les grandes qualités du film, l’intelligence de son scénario et sa conclusion émouvante.

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Jaamunaa le 07/02/2012 à 06:20

Avec un scénario en béton, l’appui de Nana Patekar, une très bonne direction musicale (Anu MALIK), ce film c’était du velours et il avait tout pour être un succès et lancer la carrière d’ Abhishek comme celle de Kareena.

Le résultat est qu’il a été un succès surtout grâce à Kareena qui s’est d’emblée affirmée comme la grande actrice qu’elle est, aussi à l’aise dans l’émotion que dans les scènes plus joyeuses.

Donc sur Abhishek je suis loin de partager l’avis de l’auteur de l’article. Alors qu’il lui trouve du charisme moi je ne lui en trouve aucun ni aucune des immenses qualités de son père dont j’ai vu de nombreux films du début de sa carrière à maintenant. Ce n’est pas parce qu’ Amitabh est un acteur immense qui a eu la carrière qu’on connait que son fils a la science infuse. Il pourrait peut-être faire un businessman brillant ou je ne sais quoi d’autre mais pour moi il est un acteur très surcoté, peut-être plus près maintenant de sa fin de carrière que de son début.

Dans Refugee il a presque du début à la fin le même regard absent et c’est Kareena qui illumine le film. En outre dans le commentaire j’ai du mal à comprendre en quoi « l’amour naissant du chef d’armée pakistanais pour Naaz paraît déplacé » … Je trouve même sans peine bien plus de charme et de prestance à Sunil Shetty qu’à Abhishek.

Sinon je partage tout ce qui a été dit sur les grandes qualités du film, l’intelligence de son scénario et sa conclusion émouvante.

noella le 29/01/2011 à 21:50

oui, c’est du haut de gamme et tous les acteurs sont irréprochables y compris pour les rôles mineurs .Je trouve pour Kareena K. que l’on retrouve dans Jab We Met ses registres d’émotions surtout l’ espièglerie et l’ innocence, mais ici elle est particulièrement bien filmée et très belle, plus lumineuse.Pour A. Bachchan, il est effectivement plus proche de ses grands rôles dès le premier .J’apprécie particulièrement les thèmes humanistes choisis dans le film mais plus que les effets romanesques qui ne sont pas gênants, ce que je trouve dommage c’est que la dimension poétique de ce personnage éponyme de refugee ait été abandonnée pour la fin du film et ceci d’autant plus que la naissance de l’enfant la reprend.Cette dimension poétique allait de pair avec la magnificence des décors et costumes.

Jordan le 23/10/2008 à 21:16

Abhishek est en effet étonnant dans ce film pour un premier rôle. Kareena n’a à mon sens jamais mieux joué (y compris dans Jab We Met que je n’aime pas du tout). Pas facile pour eux à l’époque de se faire un nom en étant les enfants (ou petits-enfants) de telles célébrités et pourtant les deux acteurs se sont investis dans leurs rôles et ça se voit à l’image. Un bon film et une belle musique.

Sankara le 22/10/2008 à 12:05

Merci pour cette critique ! "No passport no visa"…pour moi Refugee c’est THE film. Et surtout la bande originale de mon voyage de noces, rien que ça ! On entendait la musique du film à tous les coins de rue là-bas et j’ai tellement fait tourner la K7 en boucle au retour, qu’encore maintenant je suis transportée quand je l’écoute. Je suis donc ravie d’apprendre que ce n’était pas qu’un penchant naturel pour la mièvrerie de ma part, mais bien une B.O. digne de ce nom ^_^