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Salangai Oli

Traduction : Le tintement des bracelets

Année1983
LangueTamoul
GenreClassique
RéalisateurK. Vishwanath
Dir. PhotoP. S. Nivas
ScénaristeK. Vishwanath
ActeursKamal Hassan, Jayaprada, Geetha, Sarath Babu, S. P. Sailaja
Dir. MusicalMaestro Ilaiyaraaja
ParolierVairamuthu
ChanteursS. P. Balasubrahmanyam, S. Janaki, S. P. Sailaja
ChorégrapheV. Seshu Parupalli
ProducteurEdida Nageshwara Rao
Durée163 mn

Bande originale

Mounamana Neram
Nadha Vinodhangal
Om Namachivaya
Vaan Pole Vannam
Thakida Thathumi
Vedham Anuvilum
Bala Kanakama

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Kendra - le 1er décembre 2008

Note :
(10/10)

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Le destin d’un jeune homme, entouré par sa mère, son meilleur ami et une jeune photographe, pour qui seule la danse est importante.

Salangai Oli nous plonge dans la vie de Balakrishnan et nous permet de partager sa passion, son caractère entier, son amour naissant pour la belle Madhavi, sa douceur, l’amour inconditionnel qu’il porte à sa mère….

Ce personnage prend vie sous nos yeux grâce à un Kamal Hassan des plus en forme. Une de ses meilleures performances sûrement, un de ses plus beaux rôles en tout cas… A vrai dire, on se souvient rapidement que c’est un danseur de Bharatanatyam confirmé (il est diplômé dans cet art), dès la première scène de confrontation entre le journaliste et l’artiste critiquée, lorsqu’il interprète la même danse sous ses différentes formes. Le voir étaler son talent devant nos yeux est un pur régal. C’est bien simple, dès qu’il se met à ne serait-ce qu’esquisser un pas, on est subjugué, totalement collé à l’écran. C’est peut-être ça que l’on appelle le charisme…
Les séquences dansées ne se limitent pas qu’aux chansons, pour notre plus grand plaisir, quelques scènes uniquement dansées viennent jalonner le film. Au-delà de la performance de danseur, Kamal Hassan interprète un personnage tout en nuances, amoureux transi et attendrissant dans sa gaucherie, pourtant précis et méticuleux dans son art.

Jayaprada a le mérite (énorme) d’exister face à Kamal. Ce n’est pas une "plante verte" qui n’est là que pour être belle. Magnifique, elle l’est, certes, mais en plus de ça, sa Madhavi est intelligente, forte, et son regard est plein de nostalgie…

Sarath Babu qui joue l’ami de Balu est discret, mais lui offre une épaule solide sur laquelle le danseur pourra se reposer, malgrè ses excès… Son rôle est celui du parfait meilleur ami qui aide sans juger, celui que tout le monde voudrait avoir à ses côtés.
A noter que la jeune femme jouant la fille de Madhavi n’est autre que la soeur du chanteur S.P. Balasubramaniam, elle-même chanteuse…

Pour un film traitant de l’amour de l’art en général, et celui de la danse en particulier, il fallait une musique digne de ce nom, et c’est le maître Ilayaraaja qui s’est surpassé ici pour offrir des mélodies inoubliables, soulignées par la sublime voix de S.P. Balasubramaniam… Il est donc tout à fait logique que les deux aient remporté cette année-là un National Award
Un très beau moment de cinéma, porté par une musique qui vous restera très longtemps dans la tête, mêlée de classique, de rythmes plus contemporains (attention, pour les années 80 !) et qui de toute façon, servent de toile de fond à des chorégraphies de toute beauté et permettent d’habiller le propos du film, l’amour de l’art, et les concessions que chacun doit faire dans sa passion symbolisés par la savoureuse chanson dans laquelle Balu entre au service d’un chorégraphe de cinéma, permettant ainsi à Viswanath de soulever avec intelligence la question du sacrifice de l’art au profit des demandes commerciales, tout comme le réalisateur traite de l’humilité de l’homme face au destin et de l’espoir que l’art peut engendrer.

Tourné en telugu sous le titre Saagara Sangamam, le film est plus facilement accessible en tamoul, même si l’image n’a pas forcément bien vieilli. En dépit de tout cela, il est fort possible que vous ayez la gorge nouée en regardant une ou deux scènes puisque Viswanath a réussi l’exploit de créer un film émouvant sans tomber dans le mélodrame total. La scène finale est extrêmement touchante et chargée de sens, et lorsque la dernière image du film apparaît, la magnifique phrase qui l’accompagne, No End For Any Art, nous rappelle avec force la place centrale que devrait occuper l’art sous toutes ses formes dans nos vies.

Salangai Oli est tout simplement un grand classique du cinéma indien, porté par une musique inoubliable et des acteurs habités, un film comme l’industrie indienne ne nous offre plus que rarement, intelligent et sensible, et pourtant capable de toucher un large public. Une parfaite réussite.

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