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Satyajit Ray

Fonctions : réalisateur, producteur, scénariste, compositeur
Né le : 2 mai 1921 (il y a 97 ans)
à : Calcutta (Inde britannique)
Décédé le : 23 avril 1992 (à 70 ans)
à : Calcutta (West Bengal)
Nationalité : indienne
Famille : marié à Bijoya Das, un fils

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Fiche IMDB
Page Wikipedia
Liens : http://www.satyajitray.org
La biographie de Fantastikindia

Par Didi - le 7 septembre 2009

Dernière mise à jour le 26 août 2014

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Le grand maître du cinéma d’auteur indien était à l’honneur du 8 septembre au 29 octobre 2010, au Musée Guimet, qui lui dédie sa 7ème édition de L’été Indien : Les mondes de Satyajit Ray.

Satyajit Ray naît à Calcutta (Bengale), en 1921, au sein d’une famille d’écrivains, amis du grand auteur bengali, Rabindranath Tagore (prix Nobel de littérature en 1913). Les familles Ray et Tagore sont d’ailleurs les héritières d’un mouvement intellectuel (seconde moitié du XIXe siècle), connu sous le nom de Renaissance bengali, qui prônait un juste échange culturel entre l’Orient et l’Occident, s’élevant contre le système des castes, dénonçant le dogmatisme religieux préconisé par les fondamentalistes hindous et favorisant l’émancipation de la femme. Ces idéaux marqueront indéniablement la filmographie de Satyajit Ray, parmi laquelle on trouve des adaptations de romans de Tagore Teen kanya (Trois Femmes), ainsi que Charulata et Ghare-baire (La Maison et le monde), le thème de l’émancipation de la femme dans Mahanagar (La grande ville) ou un violent réquisitoire contre le système des castes Sadgati (Délivrance). Contrairement à sa famille, Satyajit Ray ne choisit pas la littérature, mais le cinéma comme mode d’expression et de création. Adolescent, il découvre le cinéma américain classique (Lubitsch, Chaplin, Douglas Fairbanks) dans les salles obscures de Calcutta, mais il étudie d’abord l’art oriental (la peinture et la calligraphie chinoises) à Santiniketan, l’université fondée par Tagore. Il commence par travailler comme dessinateur dans une agence de publicité, illustre des éditions de classiques pour enfants et fonde, avec des amis, en 1947, la Calcutta film society, le premier ciné-club indien, tourné vers le cinéma soviétique et américain. C’est en rencontrant Jean Renoir, venu en 1949 faire des repérages puis tourner Le Fleuve, à quelques kilomètres de Calcutta, que Satyajit Ray décide de faire du cinéma. La rencontre avec Renoir et son admiration pour le néo-réalisme, entre autres du Voleur de bicyclette, seront décisifs pour le projet de réalisation de Pather Panchali (La complainte du sentier), adaptation d’un classique populaire de la littérature bengali. Dès le début, Satyajit Ray refuse les contraintes imposées par les studios cinématographiques (passer par l’assistanat, tourner avec des stars et en studio) et c’est avec un maigre budget, une aide du gouvernement du Bengale et un groupe d’amis qu’il se lance dans l’aventure de Pather Panchali, filmé en décors naturels, avec des acteurs pour la plupart inexpérimentés. Après trois ans d’un tournage difficile aux multiples interruptions, le film sort au Bengale, en 1955, et connaît un énorme succès. Présenté à Cannes l’année suivante, il sera primé. Aparajito (1956), deuxième volet de la trilogie d’Apu (complétée en 1959 par Le Monde d’Apu), recevra le Lion d’or à Venise en 1957. Le succès au Bengale et la reconnaissance internationale détermineront les choix cinématographiques de Ray : ses films, avant tout destinés au public bengali et au public international, auront très peu de diffusion dans le reste de l’Inde. La trilogie d’Apu, reconnue aujourd’hui comme l’une des œuvres majeures du cinéma indien et international, retrace le parcours d’un enfant, Apu, devenu adolescent puis adulte, parti de son village pour gagner la ville. Ray, à travers sa trilogie, dresse un portrait sociologique et culturel de l’Inde au lendemain de son indépendance en mettant en scène les oppositions villes/villages. Cet engagement du cinéaste comme témoin de son époque est l’une des caractéristiques de son cinéma, qui s’attache à dépeindre l’évolution des mentalités au travers des personnages. On la retrouve dans Jalsaghar (Le salon de musique) en 1958, puis Devi (La déesse) en 1960, et Charulata en 1964. Dans Mahanagar (La grande ville), qu’il réalise en 1964, Ray illustre la vie professionnelle d’une femme, afin de montrer l’évolution intellectuelle de la femme urbaine. Malgré sa carrière de cinéaste, Ray n’abandonne pas ses premières amours, la littérature et la musique. C’est ainsi qu’en 1961, il commence à composer la musique de ses propres films, à l’instar de C. Chaplin, en mêlant influences indiennes et occidentales. Bien souvent, il cumulera les fonctions de scénariste, réalisateur et compositeur. La même année, Ray fait revivre la revue fondée par son grand-père en 1913, Sandesh, qui publie des retranscriptions de littérature orale bengali, en particulier des contes pour enfants, et aussi ses propres nouvelles, entre autres les aventures du détective Felu, personnage qu’il a lui-même créé en s’inspirant des romans d’Arthur Conan Doyle. Il adaptera à l’écran les aventures de son héros, le détective Felu, dont l’une des plus célèbres est Joi Baba Felunath (Le Dieu Éléphant). C’est l’autre facette de son cinéma : enquêtes policières mâtinées de fantastique. En 1973, Satyajit Ray reçoit l’Ours d’or du Festival de Berlin pour son film Ashani Sanket (Tonnerres lointains). Il obtiendra aussi un prix pour l’ensemble de son œuvre cinématographique en 1992, l’année de sa mort, de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, l’Académie des Oscars. Malade, il réalise encore quelques films dont certains pour la télévision avant de s’éteindre en 1992. Ce sont d’ailleurs des films pour la télévision, comme Sadgati en 1980, ainsi que des documentaires qui complètent l’œuvre du cinéaste, qui écrivit également Our films, their films en 1976 et Fatik et le jongleur de Calcutta en 1982. Le cinéma de Satyajit Ray, c’est aussi des visages d’actrices, qu’il a révélées, comme Sharmila Tagore, Madhabi Mukherjee et Mamata Shankar. Soumitra Chatterjee, son acteur fétiche, a été son porte-parole depuis Apu en 1959 dans Le Monde d’Apu à Proshanto dans Shakha Proshakha (Les Branches de l’arbre) en 1990.


Bibliographie
Article "Satyajit Ray", Encyclopædia Universalis.
S. RAY, Écrits sur le cinéma (Our Films, Their Films), Jean-Claude Lattès, Paris, 1982, nouv. éd. Ramsay Poche Cinéma, 1985.
H. MICCIOLLO, Satyajit Ray, L’Âge d’homme, Lausanne, 1981.
C. TESSON, Satyajit Ray, Cahiers du cinéma, Paris, 1992.
Satyajit Ray, 70 ans, photographies de Nemai Ghosh, Préface d’Henri Cartier-Bresson, contributions réunies par Alok B. Nandi, Eiffel, Bruxelles, 1991.

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Filmographie sélective

1991 - Agantuk (Le visiteur)

1990 - Shakha Proshakha (Les Branches de l’arbre)

1988 - Ganashatru (Un ennemi du peuple)

1984 - Ghare-baire (La Maison et le monde)

1981 - Sadgati (Délivrance)

1980 - Mahapuruh (Le saint)

1980 - Hirok Rajar Deshe (Le royaume des diamants)

1978 - Joi Baba Felunath (Le Dieu éléphant)

1976 - Shatranj Ke Khilari (Les joueurs d’échecs)

1975 - Jana Aranya (L’Intermédiaire)

1974 - Sonar kella (La Forteresse d’or)

1973 - Ashani sanket (Tonnerres lointains)

1971 - Seemabaddha (Company Limited, Enfermé dans les limites)

1970 - Pratidwandi (L’adversaire)

1969 - Aranyer Din Ratri (Des jours et des nuits dans la forêt)

1968 - Goopy gyne Bagha byne (Goopy le chanteur et Bagha le joueur de tambour)

1967 - Chiriakhana (La Ménagerie)

1966 - Nayak (Le Héros)

1965 - Kapurush o Mahapurush (Le Lâche et le saint)

1964 - Mahanagar (La grande ville)

1964 - Charulata

1962 - Kanchanjungha

1962 - Abhijan (L’expédition)

1961 - Teen kanya (Trois filles)

1960 - Devi (La Déesse)

1958 - Jalsaghar (Le Salon de musique)

1958 - Apur Sansar (Le Monde d’Apu)

1957 - Parash Pathar (La Pierre philosophale)

1956 - Aparajito (L’invaincu)

1955 - Pather Panchali (La Complainte du sentier)