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Shaurya

Traduction : Courage

Année2008
LangueHindi
GenreThriller
RéalisateurSamar Khan
Dir. PhotoCarlos Catalan
ScénaristesSamar Khan, Aparna Malhotra, Jaydeep Malhotra
ActeursKay Kay Menon, Amrita Rao, Rahul Bose, Minissha Lamba, Seema Biswas, Deepak Dobriyal, Javed Jaffrey
Dir. MusicalAdnan Sami
ParolierJaved Akhtar
ChanteursSunidhi Chauhan, Udit Narayan, Shah Rukh Khan, Adnan Sami, Abhijeet Bhattacharya, Kunal Ganjawala
ChorégrapheSwaroop Raj Medara
ProducteurMoser Baer India Ltd.
Durée142 mn

Bande originale

Dheere Dheere [Shaurya]
Ghabra Ke Dar Dar Ke
Jaane Kyun Jaane Maan
Dheere Dheere II
Dosti Kya Hai
Ghabra Ke Dar Dar Ke II
Shaurya

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Laurent - le 1er octobre 2008

Note :
(7.5/10)

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Le major Akash Kapoor (Jaaved Jaffrey) ainsi que son meilleur ami, le major Siddhanth Chaudhary (Rahul Bose), sont tous deux avocats militaires. A Srinagar, au Cachemire, Siddhanth se voit confier la défense du capitaine Javed Khan (Deepak Dobriyal), qui a abattu son supérieur, le major Virendra Rathore. L’affaire est apparemment simple, puisqu’il y a des témoins et que Khan reconnaît sa culpabilité. En attendant le procès qui s’annonce, Siddhanth fait la connaissance du brigadier Rudra Pratap Singh (Kay Kay Menon), en tête de la division à laquelle appartenait Khan…

Film de procès militaire, Shaurya rappelle beaucoup le long métrage américain Des Hommes d’Honneur, qui avait dans sa distribution des acteurs comme Tom Cruise et Jack Nicholson. Si l’on doit comparer les deux films, l’un ayant forcément influencé l’autre, il est certain que cette réalisation de Samar Khan n’a pas les vedettes puissantes de la référence hollywoodienne, mais cette absence de glamour entraîne du coup un film plus intimiste, et peut-être tout aussi réussi. Il faut préciser que, contrairement à certains films de genre hindis plutôt atypiques comme celui-ci, Shaurya n’est pas un remake, et son scénario très travaillé, chose rare à Bollywood, est vraiment adapté au contexte de l’armée indienne de manière tout à fait crédible, d’autant plus qu’il ne laisse bien entendu la place à aucune séquence chantée et dansée.

Cette crédibilité est également due aux comédiens : Rahul Bose est convaincant en jeune avocat auquel on confie une affaire qui le dépasse, bien qu’il soit surtout efficace dans les scènes de procès, tandis que le comique de talent Javed Jaffrey (Dhamaal) étonne dans un contre-emploi viril et charismatique. Cependant, la prestation la plus remarquable du film est sans conteste celle de Kay Kay Menon, très bon en vieux militaire dur à cuire : arborant ici une moustache qui le vieillit, il est tout aussi excellent dans les séquences de tribunal militaire que dans les scènes apparemment plus banales dans lesquelles, avant ou pendant le procès, il a des discussions avec le protagoniste et essaie de l’intimider en lui rappelant le prestige de l’armée indienne.

Les acteurs de seconds rôles sont également bien dirigés et contribuent à la sobriété générale, que ce soit Minissha Lamba et son rôle honnête de journaliste obstinée qui assiste le héros, même si le personnage n’est pas indispensable, ou bien l’excellente Seema Biswas (Khamoshi, Ek Hasina Thi), qui évite le pathos dans un bref rôle conventionnel de mère éplorée.

Bien qu’on se doute un peu du type de révélations auxquelles on aura droit, on pourrait éventuellement reprocher à ce suspense militaire un dénouement un peu rapide et politiquement correct, qui prend parti contre un nationalisme borné et pour un patriotisme démocratique et intelligent ; un peu plus d’ambiguïté dans la psychologie de certains personnages aurait en effet accentué le réalisme général. Cela dit, la force émotionnelle du final fait oublier cette minuscule facilité, d’autant plus que le générique de fin est accompagné d’une belle récitation d’un poème sur le courage par Shah Rukh Khan, qui nous rappelle qu’il communique plus d’émotions avec sa voix qu’au moyen de ses mimiques.

Shaurya n’est donc ni un suspense ébouriffant, ni un brûlot sans concession qui attaquerait l’armée indienne dans son ensemble, mais ce que le réalisateur se refuse d’un côté en audace, il le gagne de l’autre en finesse. Evitant les scènes démonstratives et moralisatrices, ce très bon film de genre à l’américaine comporte ainsi des moments d’une grande intensité, et reste prenant de bout en bout.

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