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Sooraj R. Barjatya

Fonctions : réalisateur, producteur, scénariste
Né le : 22 février 1964 (54 ans)
à : Bombay (Maharahstra)
Nationalité : indienne
Famille : marié, 3 enfants

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La biographie de Fantastikindia

Par Madhurifan - le 4 juin 2009

Dernière mise à jour le 25 août 2014

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Sooraj R. Barjatya dit : "Ma famille, c’est mon monde". Ça pourrait être suffisant comme biographie…

Le 15 août 1947, jour de l’indépendance indienne, Tarachand Barjatya fonde la société de production cinématographique Rajshri Pictures Ltd. Cet entreprenant homme d’affaire aura 3 fils : Ajit Kumar, Kamal Kumar et Raj Kumar. Sooraj est le fils de Raj Kumar, le plus jeune des trois.

Sa mère, Sudha, donne naissance à Sooraj le 22 mai 1965 à Bombay. La maison familiale est envahie d’oncles, de tantes et de cousins. Comme c’est un garçon calme, il préfère la compagnie de sa mère et de sa soeur, Chanda. Cette population envahissante et agitée va faire que, dès son plus jeune âge, il sera le témoin de mariages et de grandes fêtes familiales.

Son père, ses oncles et son grand-père étant producteurs, c’est donc au sein d’une famille imprégnée de cinéma que le jeune Sooraj grandit. Mais pourtant, il n’y aura jamais de soirées avec stars, réalisateurs et producteurs à la maison, Tarachand, son grand-père considérant qu’il faut éviter toute interaction entre le milieu familial et le milieu professionnel.

Sooraj fréquente d’abord St Mary à Mumbai, une école jésuite qui a vu passer quelques célébrités du cinéma (Boman Irani) mais aussi de la musique (Zubin Mehta, Freddie Mercury). En classe c’est un élève effacé ("je doute que mes professeurs se souviennent de moi", reconnaît-il) et qui ne se donne pas la peine de travailler ("ma famille était à l’abri du besoin"). Il ne participe jamais aux activités extra-scolaires, aux pièces de théâtre, aux rencontres sportives…

Ses résultats sont tellement catastrophiques que son père est obligé d’intervenir personnellement auprès du principal du prestigieux HR College pour l’y faire admettre. Cette humiliation va marquer un tournant dans sa vie. "Je me suis promis que je n’obligerais jamais plus mon père à faire ça pour moi", affirme-t-il. Il se met à travailler jour et nuit et devient l’un des meilleurs du collège.

Dès l’âge de 12 ans il a pris l’habitude de suivre son père sur les tournages et dans les studios de montage. Mais la situation financière de la société se dégrade. Les films n’ont plus de succès, engendrent des pertes et le moral des réalisateurs s’en ressent. Sooraj se rend compte de tout cela et, après sa seconde, il décide de devenir réalisateur. Mais son père s’y oppose fermement. Il écrit donc à son grand-père pour lui annoncer sa décision. Celui-ci est tellement surpris qu’il envoie une copie de la lettre au reste de la famille avec un mot d’encouragements. Chez ses parents personne (et surtout pas sa mère) ne comprend pourquoi il veut prendre de tels risques. A coups de sentiments, il finira quand même par obtenir l’accord familial.

L’idole de Sooraj est Raj Kapoor, dont les films ont baigné sa jeunesse. Mais il a aussi une grande admiration pour Mahesh Bhatt. C’est ainsi qu’en 1984, lorsque Rajshri produit son film Saaranch, Sooraj vient lui demander un travail d’assistant. Mahesh Bhatt va lui faire faire tout un tas de petits boulots (clapman par exemple) et va surtout lui donner un conseil : pour être un bon réalisateur, il faut être un bon scénariste. Sooraj se lance donc dans l’écriture et lit tout ce qui lui passe par la main dans ce domaine.

Mais depuis son entrée dans le milieu du cinéma, sa mère s’est mis dans la tête de le marier. Lorsque ses parents lui présentent Vineeta, la jeune fille qu’il ont trouvée pour lui, il lui déclare tout de go sa passion et ses rêves… pour le cinéma ! Cette honnêteté va créer une sorte de complicité entre eux et ils se marient donc en 1986. Il a 21 ans et elle 18.

C’est en 1989, à l’âge de 24 ans, qu’il réalise son premier film : Maine Pyar Kiya. Outre Alok Nath, rencontré sur le tournage de Saaranch (avec Anupam Kher), on y voit Salman Khan. Mais on voit surtout naître le fil rouge de son oeuvre, son personnage principal systématiquement nommé Prem (qui signifie amour, affection en sanskrit). Le film a un succès considérable. Il obtient 6 filmfare awards dont celui du meilleur "début" pour Sooraj. A une époque difficile pour le cinéma, fortement combattu par le câble et les vidéos pirates, il réussit à attirer du monde dans les salles et sera reconnu par la profession comme celui qui a permis de renverser la tendance. Le film tiendra 25 semaines consécutives dans sa version telugu (Prema Paavuraalu). Il sera également doublé en tamoul (Kaadhal Oru Kavithai) et en malyalam (Na Praavukal). Plus curieusement il fera un carton dans les Caraïbes sous le titre de When love calls. Il sera également doublé en espagnol sous le titre Te Amo et tiendra 10 semanes à Lima au Pérou (est-ce dû à ce qu’une partie de la diaspora népalaise s’est installée là-bas il y a bien longtemps ?). MPK est peut-être son film le plus important car c’est lui qui va sauver les productions Rajshri.

En 1991, il réalise un film en malayalam : Ena Pravukal. Quels sont les motifs de cette rupture ? Il ne s’exprimera jamais sur ce sujet.

Puis, en 1994, vient Hum Aapke Hain Koun, avec Salman Khan et Madhuri Dixit, son plus gros succès, qui est le premier film dont il sera à la fois le scénariste, le producteur et le réalisateur. Il lui apporte à titre personnel le filmfare award et le screen weekly award du meilleur réalisateur en 1995 (voir l’article au sujet de ce film).

Peu de temps après la fin de HAHK, sa mère succombe à un cancer après des mois de souffrance. Cette disparition est un choc immense et marquera un autre tournant de sa vie. Il se pose des questions, constate que, malgré, son argent, ses relations, les meilleurs docteurs, il n’a rien pu faire pour la sauver.

Il mettra cinq ans avant de sortir son film suivant, Hum Saath-Saath Hain (1999), un film plein de la tristesse liée à cette mort. On y retrouve Salman Khan aux côtés de Karisma Kapoor, Saif Ali Khan et Tabu. Le film marchera moyennement et Sooraj en tirera une leçon : il ne faut pas incruster ses propres émotions dans un film.

En 2003, il sort de son style traditionnel avec Main Prem Ki Diwani Hoon interprété par Abhishek Bachchan, Kareena Kapoor et Hrithik Roshan. Malgré une belle distribution, cette histoire de trio amoureux n’est pas très convaincante mais surtout elle déroute son public habituel. C’est un échec. En fait, ce que lui réclame son public, c’est de faire du HAHK, du film familial !

Il comprend bien la leçon et en tire les conséquences. Il met trois ans avant de proposer, en 2006, un film parfaitement griffé Rajshri : Vivah. Cette fois-ci il tape en pleine cible. Vivah est un énorme succès qui confirme que la vieille recette marche toujours : histoire de famille avec drame, traditions minutieusement décrites, musique entêtante, acteurs attendrissants… Le casting est probablement pour beaucoup dans le succès de ce film. Shahid Kapoor dans le rôle du gendre parfait (beau, doué, amoureux, humble, généreux, riche… n’en jetez plus) qui semble taillé sur mesure pour lui et qui risque de lui coller à la peau pendant longtemps. Amrita Rao en fille exemplaire (jolie, douée, amoureuse, humble, généreuse, pas très riche… n’en jetez plus) décroche enfin de son image de gamine dans Main Hoon Na. Ces choix prouvent à Sooraj qu’il est sur la voie où on l’attend. Mais ils lui prouvent également qu’il est condamné à respecter la marque de fabrique familiale. Il dira de ce film que c’est celui dont il est le plus satisfait. Vivah est nominé dans la catégorie Meilleur film aux IIFA Awards 2007 mais il ne gagnera pas (c’est Rang De Basanti qui est déclaré meilleur film cette année-là).

En 2008 sort Ek Vivaah Aisa Bhi, un autre film Rajshri, réalisé cette fois-ci par Kaushik Ghatak, un transfuge de la télé. Sooraj n’en est que le scénariste mais comment ne pas y voir sa griffe, comme on sentait celle de Karan Johar dans le Kal Ho Naa Ho de Nikil Advani ? Une fois encore il reproduit la recette qui avait si bien été remise au goût du jour par Vivah, mais avec de nouveaux venus dans l’écurie (Sonu Sood et Isha Koppikar). Même si le film a moins de succès que Vivah, il marche plutôt bien.

Sooraj Barjatya est une personnalité appréciée des acteurs avec lesquels il a tourné. Passionné par son métier, creusant ses personnages (Amrita Rao dit de lui qu’il "pense, parle et vit seulement de cinéma", qu’il "rentre dans l’âme de chaque personnage"), il a la réputation d’être quelqu’un d’humble et d’attentif (il est "gentil, chaleureux et humble", constate Abhishek Bachchan). Et pourtant, Sooraj reconnaît lui-même qu’il n’a pas de vrais amis dans l’industrie du cinéma. Il ne cherche pas à être dans la lumière. Son seul but est d’être près de sa famille. Son monde, c’est sa famille. Il a trois enfants : deux garçons, Devansh et Avnish, et une fille, Isha, et assure qu’il ne les empêchera pas de travailler dans le cinéma s’ils le souhaitent.

Le mariage de Sooraj et Vineeta. Amitabh Bachchan est là

Sooraj ne court pas après l’argent, il croit au karma et est persuadé que l’on récolte le résultat de ses actes. Est-ce pour cela qu’il s’acharne à semer autant de bonheur ?

(Sources : Rajshri Productions, Times of India)

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Filmographie

2011 - Jaana Pehchana (producteur)

2011 - Love U… Mr. Kalakaar ! (producteur)

2008 - Ek Vivaah Aisa Bhi (scénariste)

2006 - Vivah (réalisateur, scénariste, producteur)

2006 - Shaashu Ghara Chaalijibi (producteur)

2003 - Main Prem Ki Diwani Hoon (réalisateur, scénariste)

2002 - Shaashu Ghara Chaalijibi (producteur)

2002 - Hum Pyar Tumhi Se Kar Baithe (producteur)

1999 - Hum Saath-Saath Hain (réalisateur, scénariste, producteur)

1994 - Hum Aapke Hain Koun… ! (réalisateur, scénariste, producteur)

1991 - Ena Pravukal (réalisateur)

1989 - Maine Pyar Kiya (réalisateur, scénariste)

1984 - Saaransh (assistant réalisateur)