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Tanu Weds Manu Returns

Traduction : Tanu épouse Manu, le retour

Année2015
LangueHindi
GenreComédie romantique
RéalisateurAnand L. Rai
Dir. PhotoChirantan Das
ScénaristeHimanshu Sharma
ActeursMadhavan, Jimmy Shergill, Kangana Ranaut, Deepak Dobriyal, Rajesh Sharma, Mohammed Zeeshan Ayyub, Eijaz Khan, Swara Bhaskar
Dir. MusicalKrsna, RDB, Tanishk-Vayu
ParoliersVayu, Raj Shekhar, RDB, NS Chauhan
ChanteursSunidhi Chauhan, Sonu Nigam, Dev Negi, Brijesh Shandilya, Ankit Tiwari, Anmol Malik, Jyoti Nooran, Swati Sharma, Kalpana Gandharv, NS Chauhan, Dilbag Singh
ChorégraphesSaroj Khan, Bosco-Caesar
ProducteursKrishika Lulla, Anand L. Rai
Durée127 mn

Bande originale

Banno
Move On
Mat Ja Re
Ghani Bawri
Old School Girl
Old School Girl (Haryanvi)
Ho Gaya Hai Pyar
O Sathi Mere
Ghani Bawri (Remix)
Mari Gali

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Mel - le 25 août 2015

Note :
(9/10)

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Quatre ans ont passé depuis le mariage rocambolesque de Tanu (Kangana Ranaut) et Manu (Madhavan). Leur couple bat de l’aile. Ils se retrouvent donc devant une équipe de conseillers matrimoniaux dans un hôpital proche de Londres où ils vivent. Tanu lance les hostilités. Manu essaye de répliquer comme il peut. Elle insiste. La situation s’envenime. Devant des médecins de plus en plus inquiets, Manu finit par exploser. Les psychiatres craignant pour sa santé mentale l’internent sur le champ. Tanu quitte alors seule l’hôpital avec peut-être au cœur un léger soupçon de remords. À présent célibataire, elle retourne à sa vie dans le bel appartement londonien. Mais elle s’ennuie.

Un coup de téléphone de son amie Payal (Swara Bhaskar) lui rappelle l’Inde, et Tanu décide de repartir chez ses parents à Kanpur. Dans l’avion du retour, elle réalise que Manu est toujours enfermé à l’hôpital psychiatrique. Elle demande aussitôt à Pappi (Deepak Dobriyal), le meilleur ami de Manu, de le sortir de là. Non sans quelques réticences, il fait le voyage depuis Delhi pour ramener au pays un Manu ébranlé qui commence à parler de divorce.

Un jour où Manu doit donner une conférence à l’université, il aperçoit médusé Tanu qui s’entraîne au saut en longueur sur le terrain de sport…

Comme son titre l’indique, Tanu Weds Manu Returns est la suite de Tanu Weds Manu sorti en 2011. Les auteurs sont les mêmes. Aanant L. Rai est donc toujours à la réalisation, Himanshu Sharma au scénario et Chirantan Das à la photographie. Nous sommes d’autant plus en terrain connu que les tous protagonistes ont été reconduits. En plus de Tanu, Manu et Pappi, nous avons le plaisir de retrouver les parents des époux, le couple d’amis Jassi (Eijaz Khan) et Payal, ainsi que bien sûr l’inénarrable Raja Awasthi (Jimmy Shergill). En fait, seuls les producteurs ont changé après une dispute pour un sombre problème de droits.

Les faits se déroulant longtemps après, il n’est pas nécessaire d’avoir vu le premier épisode pour rentrer immédiatement dans l’histoire. L’insupportable Tanu comme le doux et indécis Manu sont exposés en quelques secondes. Il n’est pas utile d’attendre très longtemps pour faire le tour de l’irritant Pappi. Quelques mots et quelques regards échangés suffisent pour comprendre que Jassi et Payal sont des amours. La différence de taille vient du point de départ. Quatre ans plus tôt, le docteur Manu Sharma était venu en Inde pour se marier. Il y revient pour divorcer après le tour pendable que lui a joué sa femme.

Un petit nouveau, Chintu (Mohammed Zeeshan Ayyub), a bien été ajouté pour pimenter l’action. Mais l’originalité majeure réside dans l’apparition du personnage de Kusum interprété par Kangana Ranaut. Elle incarne donc un double rôle : celui de la fantasque Tanu, et celui de Kusum, une sportive d’Haryana qui a les pieds sur terre. Il se dit que les personnages multiples sont une spécialité du cinéma indien qui remonte à deux sœurs jouées par Patience Cooper dans Patni Pratap en 1923. Nous en avons effectivement vu souvent, qu’il s’agisse des jumelles de Dushman, du mort réincarné de Om Shanti Om, ou simplement de la ressemblance miraculeuse dans Rowdy Rathore.

Ce que nous n’avions jamais vu en revanche, ce sont deux personnages complexes totalement convaincants joués par le même acteur. Et là, Kangana réalise un festival exceptionnel. Il n’est pas nécessaire de forcer sur le maquillage pour que Tanu et Kusum soient aussi éloignées qu’on peut l’être. Leurs démarches, leurs attitudes, leurs voix, leurs accents, leurs regards sont différents. Leur ressemblance n’est que physique mais on ne s’y trompe pas. En un dixième de seconde, nous savons si nous avons devant nous Tanu ou Kusum. Et pour être bien sûrs de nous avoir bernés, les auteurs n’ont pas hésité à ajouter la scène où Tanu se déguise en Kusum sans y parvenir vraiment. Les larmes viennent aux yeux devant la maestria de l’artiste.

Tanu Weds Manu Returns nous présente un triangle amoureux effectué par deux acteurs seulement. Imagine-t-on Kuch Kuch Hota Hai où le même acteur jouerait à la fois Rahul et Aman ? Kangana l’a fait. Elle va encore plus loin en nous attachant à ses deux personnages simultanément. Le cheminement est un peu laborieux pour la peste qu’est Tanu au début. Mais petit à petit, nous sommes arrimés. Pour Kusum, c’est un peu plus facile car c’est une gentille fille simple. Quand le moment du choix arrive — il y a fatalement un choix dans une comédie romantique —, c’est un crève-cœur aussi intense que celui de la scène d’ouverture de Queen. Du très grand art !

Il serait injuste de ne pas louer également le talent de Madhavan. Il est simplement parfait sans avoir besoin de beaucoup parler. Son personnage a mûri depuis Tanu Weds Manu mais il est toujours aussi incapable de prendre une décision. Il agit comme s’il observait impuissant sa propre vie se dérouler sous ses yeux, ce qui le rend lui aussi très émouvant. Il en va de même pour Jimmy Shergill qui a ajouté un peu de douceur dans sa voix formidable. Jassi et Payal enfin ont acquis avec bonheur un peu d’épaisseur. L’histoire secondaire de leur enfant né par insémination artificielle est traitée avec une délicatesse admirable.

Cette nouvelle comédie est enlevée avec des scènes jubilatoires comme celle où le père de Manu lui explique comment gérer sa femme. On avait pu reprocher une certaine confusion et des lenteurs au premier opus, ce n’est plus du tout le cas ici. Il y a bien pourtant quelques défauts comme Pappi qui parle beaucoup trop, ou Chintu qui lasse rapidement. Certains ont également vu des faiblesses dans la ressemblance « magique » de Tanu et Kusum, comme dans la coïncidence du retour de Raja. On pourra objecter que Tanu Weds Manu Returns est avant tout un spectacle de divertissement. Ces bizarreries ne nuisent en rien au plaisir de suivre les pérégrinations des personnages, au contraire.

Le film fait aussi la part belle à la musique. Même rythmées, les chansons sont douces et parfois mélancoliques, s’éloignant ainsi des canons actuels. Elles participent ou accompagnent l’action. Les paroles comme la mise en image de Move On illustrent par exemple magnifiquement les parcours intérieurs croisés de Manu et de Tanu. Quant à Ghani Bawri placée à moment particulièrement émouvant, elle est si entraînante qu’elle en devient douloureuse. Enfin Ja Ja Ja Bewafa chantée par Geeta Dutt initialement dans Aar Paar tirerait des larmes aux moins sensibles des spectateurs.

Les suites sont souvent moins intéressantes que l’original. C’est encore plus vrai lorsque les personnages sont exactement les mêmes. Et bien Tanu Weds Manu Returns nous démontre magistralement le contraire. C’est une formidable réussite portée par une Kangana Ranaut exceptionnelle.

Pour une fois, le public ne s’y est pas trompé en faisant de cette suite le seul film avec une femme en tête d’affiche à entrer dans le très convoité club des 100 crore de revenu au box office.



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