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The Xposé


Année2014
LangueHindi
GenresPolar, Drame
RéalisateurAnanth Narayan Mahadevan
Dir. PhotoManeesh Chandra Bhatt
ScénaristesHimesh Reshammiya, Jainesh Ejardar
ActeursIrrfan Khan, Adil Hussain, Himesh Reshammiya, Yo Yo Honey Singh, Zoya Afroz, Sonali Raut, Rajesh Sharma, Ananth Narayan Mahadevan
Dir. MusicalHimesh Reshammiya
ParoliersShabbir Ahmed, Kumaar, Sameer, Palak Muchhal
ChanteursMika Singh, Mohit Chauhan, Neeti Mohan, Yo Yo Honey Singh, Rekha Bharadwaj, Shalmali Kholgade, Himesh Reshammiya, Palak Muchhal, Mohammad Irfan Ali, Ankit Tiwari, Shubhangi Tiwari, Ayman Sayyed, Irrfan Khan
ChorégraphesGanesh Acharya, Sujit Kumar
ProducteurVipin Reshammiya
Durée113 mn

Bande originale

Ice Cream Khaungi
Dard Dilo Ke
Hai Apna Dil Toh Awara
Catch Me If You Can
Surroor
Sheeshe Ka Samundar
Dard Dilo Ke (Reprise)
Sheeshe Ka Samundar (Reprise)
Ice Cream (Remix)
Dard Dilo Ke (Remix)
Hai Apna Dil (Blue’S Mix)
Surroor (Arabic Mix)
Catch Me If You Can (Remix)
Hai Apna Dil (Desi Remix)
Sheeshe Ka Samundar (Remix)
Surroor (Remix)

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Alineji - le 18 novembre 2014

Note :
(4.5/10)

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À Bollywood, ça se passe souvent en famille. Ici, papa Vipin produit le film, fiston Himmesh écrit le scénario, la musique et fait l’acteur. Voyons, voyons. Bon sang, mais c’est bien sûr !, l’incomparable Himmesh Reshammiya a encore frappé. Son dernier opus cinématographique, The Xposé, est réalisé par Ananth Narayan Mahadevan, jusqu’alors plutôt auteur de films en marathi ou en malayalam et acteur ; il apparaissait brièvement dans Aap Kaa Surroor, dans un caméo non crédité, comme présentateur télé.

Après un générique à la James Bond des années soixante (ceux avec le grand Sean Connery) et sa chanson rock accompagnée de force cuivres, « Catch me if you can », qui pourrait tout droit en sortir elle aussi, le film démarre dans une salle de cinéma. Le narrateur, Alec D’Costa (Irrfan Khan), personnage interlope dont on apprendra plus tard qu’il est un publicity cheater[1], vient raconter l’histoire. Elle commence à Bombay en décembre 1968. Depuis la terrasse d’un hôtel de luxe dans lequel se déroule une cérémonie de remise de prix, une jeune femme vient de faire une chute mortelle. Il s’agit de Zara Fernandes (Sonali Raut), une actrice débutante. Suicide ou meurtre ?

À son enterrement, défile une cohorte de personnages plus ou moins nets qui auraient eu, pour la plupart, de bonnes raisons de vouloir la supprimer. La présence la moins surprenante n’étant pas celle de Chandni Raza (Zoya Afroz), sa rivale. Toutes les deux avaient eu plus tôt dans la soirée une violente dispute. Arrivent successivement le célèbre réalisateur hindi, Bobby Chadda (Ashwin Dhar) auprès de qui avait débuté Chandni, puis Virman Shah (Nakul Vaid), ancien petit ami de cette dernière et partenaire de Zara dans son dernier film, Subba Prasad (Ananth Narayan Mahadevan lui-même), le réalisateur-producteur du sud à l’origine de la carrière de la disparue. Survient enfin dans une belle limousine vert pomme[2], Ravi Kumar (Himmesh Reshammiya), La Star, et comme le dit en voix-off D’Costa-Irrfan, « un enfant du peuple, mais une star avec du style ». Dernier de la liste, KD, alias Kenny Damania (Yo Yo Honey Singh), directeur musical assez indélicat qui a eu une aventure avec Zara.

Avant de devenir acteur, Ravi était inspecteur de police, un flic aux méthodes expéditives, limogé et emprisonné pendant deux ans pour avoir tiré de sang froid sur un politicien corrompu. Lorsqu’il s’avère que Zara a été tuée, il décide de mener l’enquête. Débute alors une série de flashbacks qui ramènent les personnages un an auparavant ou plus tôt encore, au moment des premiers pas d’actrices de Chandni et Zara. Le film est construit entièrement sur ce principe, classique dans un film policier, avec retour au moment du meurtre et de la chute de la belle. À ce petit jeu de Murder Party, on ne peut pas dire qu’Himmesh Reshammaiya apporte beaucoup d’originalité comme scénariste. Dans la deuxième moitié du film, la scène récurrente de la fin de Zara finit par lasser, d’autant plus qu’elle n’est pas très réussie techniquement et qu’on a vraiment l’impression de voir tomber une poupée de chiffon. Ce serait pardonnable si l’extravagance du dénouement ne laissait pas pantois.

Avant cette fin tirée par les cheveux, le scénario comporte d’autres invraisemblances. Il s’agit d’un meurtre et on ne voit pratiquement aucun représentant de l’ordre. Nous sommes dans un suspens dramatico-policier, mais Ravi, qui aurait dû faire partie des suspects, car présent à la soirée et jouant lui aussi dans le dernier film de Zara, n’est absolument pas inquiété, ni interrogé. Au lieu de quoi, ancien flic limogé, il mène tranquillement son enquête. Mieux encore, au moment du procès, il est autorisé à parler à l’un des policiers, ex-collègue, qu’il vient menacer en plein prétoire, au début de l’audience, de lui casser la figure s’il ne dit pas la vérité.

Côté dialogues, on ne fait pas non plus dans la dentelle, plutôt dans la grosse cavalerie. Le personnage de Ravi, égocentrique, odieux narcisse, fat insupportable, égrène les sentences grandiloquentes comme des perles. « Un prince peut naître nu, il n’en devient pas moins un roi, dit-il sur un plateau de tournage pour que l’on cède à ses caprices de débutant, et si vous voulez que le roi reste amical, vous n’avez qu’à faire ce qu’il demande. » S’adressant à sa partenaire Zara, il lui déclare sans rire, en parlant de lui-même : « Zara, je t’envie, tu as la chance que Ravi Kumar se batte pour toi. » Mais la palme va sans conteste à « Tu as passé ta vie à accumuler des richesses, mais tu oublies qu’un linceul n’a pas de poche, qu’un cercueil n’a pas d’antichambre, et que les anges de la mort n’acceptent pas de bakchichs. »

On préfère croire à du second degré et à une volonté assumée de parodie, mais au vu des précédents films d’Himmesh, comme Aaap Kaa Surroor par exemple, on a de quoi nourrir quelques doutes. Là où réalisateur et scénariste se sont amusés vraiment, c’est dans la caricature des films du sud, bien que postérieurs aux années soixante. Ravi-Himmesh, arborant de surcroit la moustache indispensable, se la joue à la Rajinikanth, dans des bagarres où les méchants volent de tous côtés lorsqu’il les secoue. C’est plutôt drôle, même s’il n’a pas du tout la carrure de l’emploi. Pourtant The Xposé se veut une chronique des mœurs de la fin des sixties à Bombay. Il faut avouer que les quelques plans psychédéliques pour faire époque, pendant la fête dans le palace, sont assez bien vus et les images très soignées.

À la suite de quelques œuvres récentes, comme The Dirty Picture ou Miss Lovely, mais sans la finesse de ces dernières, le film entraine donc le spectateur dans les coulisses de l’industrie du cinéma d’une époque et prétend en dénoncer les excès. L’ambiance est bien restituée : glamour, ambition sans limite, haines et rancunes persistantes, acteurs traités comme des dieux et agissant comme tels. Mais le fond n’est qu’effleuré. L’exploitation quasi immédiate par Prasad de la mort de Zara, pour donner une seconde chance à son film saboté par D’Costa et Bobby Chadda, aurait pu par exemple donner lieu à une grande scène. L’enregistrement post-mortem d’une dernière interview, effectué par une doublure qui imite sa voix, n’est que suggéré. Il manque une profondeur psychologique et un vrai parti pris, et ce n’est pas la mention liminaire « Inspiré par des faits réels » qui en fera office.

Cependant, le prétexte étant fourni, la chasse aux modèles a été ouverte et beaucoup se sont accordés à reconnaître dans les personnages des deux starlettes rivales, les actrices Zeenat Aman dans Zara et Parveen Babi dans Chandni. En ce qui concerne Ravi, les références à Raaj Kumar sont transparentes : l’ancien policier, la star qui parle de lui à la troisième personne, etc. La scène de tournage, où Ravi déforme les dialogues à son profit et laisse son partenaire sans voix, est directement issue d’une anecdote similaire survenue entre Raaj Kumar et Govinda (pendant le tournage de Jungbaaz). Le film de Chadni s’intitule « Reena Mera Naam », évoquant un blockbuster de 1970, Johny Mera Naam ; celui avec Zara et Ravi qui fait un flop, en raison du sabotage entrepris par D’Costa et ses agents, s’appelle « Ujjwal Nirmal Sheetal », inspiré par Satyam Shivam Sundaram et sa scène de sari mouillé. Vous pouvez vous amuser à reconnaître encore d’autres scènes, d’autres films, et des clins d’œil appuyés à telle ou telle personnalité du monde cinématographique indien.

Côté comédiens, Himmesh Resahmmiya a fait quelques progrès, il pouvait difficilement faire moins. Il a perdu une bonne vingtaine de kilos ce qui lui donne un peu d’aisance. Il faudra bien pourtant que quelqu’un ose lui dire un jour qu’il n’est pas fait pour être acteur. Il reste raide et peine à occuper l’espace, quoi qu’il fasse. Son « regard qui tue » dans une des dernières scènes qu’on vous laisse la surprise de découvrir est tout simplement ridicule. Son compère Yo Yo Honey Singh, dans le rôle de la petite crapule arriviste, s’en sort finalement mieux, rendant son personnage méprisable à souhait. Des deux débutantes, Zoya Afroz et Sonali Raut, on préfère la seconde, moins affétée, plus naturelle et surtout très belle. Une question se pose à la fin : mais qu’allait donc faire Irrfan Khan dans cette galère, dans un film tout à fait dispensable et où son talent est gâché ?

Ce qui fait finalement que l’on regarde ce film jusqu’au bout sans déplaisir et sans mettre la vitesse accélérée, outre la reconstitution d’ambiance réussie — on l’a dit —, c’est la musique. Les mélodies d’Himmesh Reshammiya tiennent la route et cadrent elles aussi tout à fait avec l’atmosphère des sixties. Elles rythment parfaitement la progression de l’intrigue. On a un petit faible pour la romantique « Dard Dilo Ke », tournée à Paris tout comme « Surroor ». Le personnage de Ravi n’accepte par ailleurs de jouer dans le film de Prasad que s’il est tourné à Paris, en hommage à An Evening in Paris[3], qu’il adore. Dans un autre genre, l’amusante et très rythmée « Ice Cream » qu’il chante avec Yo Yo Honey Singh n’est pas mal non plus.

Pour conclure, si vous aimez la musique d’Himmesh Reshammiya, aventurez-vous à voir son dernier film, en dépit de ses médiocres talents d’acteur. Mais si vous ne voulez pas l’encourager dans cette voie sans issue pour lui, écoutez plutôt l’album.

[1] Sorte d’escroc trafiquant en sous-main les billets au noir pour faire couler un film
[2] Une Chevrolet Impala, pour les amateurs
[3] Film hindi de 1967, avec Sharmila Tagore et Shammi Kapoor

La bande-annonce

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