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Thillu Mullu

Traduction : Méli-mélo

Année1981
LangueTamoul
GenreComédie
RéalisateurK. Balachander
Dir. PhotoB. S. Lokanath
ScénaristesK. Balachander, Shailesh Dey
ActeursRajinikanth, Nagesh, Madhavi, Thengai Srinivasan, Showkar Janaki, Poornam Viswanathan
Dir. MusicalM. S. Viswanathan
ParolierKannadasan
ChanteursS. P. Balasubrahmanyam, Malaysia Vasudevan, Uma Ramanan
ProducteursP. R. Govindarajan, J. Duraisamy
Durée136 mn

Bande originale

Raagangal Pathinaaru
Thillu Mullu
Antha Neram Poruthirunthal
Thangangale Thambigale

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Suraj 974 - le 8 mars 2016

Note :
(7.5/10)

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Alors qu’il était au sommet de sa popularité grâce à ses rôles de Héros d’action, Rajinikant a joué au début des années 80 dans cette comédie totalement débridée, qui a remporté un succès considérable.

Chandran est un jeune branché fraîchement diplômé qui cherche du travail. Par relation, il obtient un entretien chez le très demandé M. Sri Ramachandramurthy. Le problème est que celui-ci a des idées très arrêtées sur la jeunesse, qu’il considère comme trop frivole. Pour réussir l’entretien Chandran se transforme alors en l’idéal de son employeur : un jeune totalement ennuyeux, habillé comme dans les années 40 (« Nehru style »), sans aucun autre centre d’intérêt que le travail et qui se fait appeler par son vrai (mais interminable) nom : Ayyampettai Arivudainambi Kaliyaperumal Chandran (!!) et ne supporte pas qu’on l’abrège car ce serait une insulte à la tradition, aux ancêtres, etc… Il se crée un véritable personnage, et s’invente même une mère alors que la sienne est morte. Le subterfuge marche à merveille, il obtient le poste et les compliments de son patron pour son attitude vertueuse.


Mais peu à peu les choses vont se compliquer : son patron le surprend en train de s’amuser au stade avec ses amis pendant un match de foot alors qu’il était censé être au bureau. Pour s’en sortir, il s’invente un frère jumeau qui est tout l’inverse du personnage qu’il joue au travail, et qu’il baptise Indran. Celui ci est occidentalisé, suave, séducteur, fume, boit … et surtout il ne porte pas la moustache.
Tout irait à peu près bien (!!) si là-dessus la fille de M. Sri Ramachandramurthy ne tombait pas amoureuse de Indran… le pauvre Chandran qu’elle ne laisse pas insensible, est obligé de jongler entre les personnages et va d’imbroglio en quiproquos… parviendra-t-il à s’en sortir ?!


L’histoire est inspirée du film hindi Golmaal (avec Amol Palekar) et c’est là l’intérêt du film : il ne ressemble à aucune comédie tamoule de l’époque, et surtout Rajinikant ne fait pas du Rajinikant mais joue un rôle nouveau pour lui, prenant le contre-pied total des personnages pour lesquels il était immensément populaire à ce moment-là de sa carrière. Le film est même précédé d’un prologue où Rajini parle face caméra au public pour le prévenir que dans ce film il fera quelque chose de nouveau, et qu’il s’agit d’une histoire de double acting.


K.Balachander a très bien su adapter l’idée de départ, en la mettant à sa sauce. La très bonne idée du film, est d’éviter la sempiternelle histoire des jumeaux séparés à la naissance – plus propice à des films dramatiques. En effet, ici, le double est totalement artificiel, et le spectateur le sait d’emblée. Ce qui ajoute un élément comique non négligeable puisque c’est le même personnage qui fait de son mieux pour être crédible dans les deux rôles. Comme il n’est pas très bon acteur, Indran demande conseil à un de ses amis qui est comédien de cinéma (Nagesh, dans son propre rôle) et qui lui fournit fausse moustache et autres accessoires. En somme, l’acteur joue à l’acteur, et ça n’est pas une mince affaire.


Le réalisateur s’amuse aussi avec un des codes immuables des films tamouls : le héros doit porter la moustache ! Ici Rajini/Chandran est amené à la tomber, sûrement pour la première (et dernière) fois à l’écran… on imagine sans mal le choc que ca avait provoqué à l’époque ! Pour la peine l’événement est même filmé « en live » et en gros plan.


Mais il faut reconnaitre que le résultat est étonnant. La distinction qui pourrait paraître simpliste entre un Rajini avec et sans moustache s’avère totalement crédible tant l’acteur joue différemment les deux personnages, en travaillant le langage corporel, la gestuelle, en surjouant aussi un peu comme le ferait un acteur amateur qui veut être convaincant.


La mise en scène est très rythmée et ne laisse guère de répit que pendant les chansons. Cela vaut surtout pour la première partie qui est de la comédie pure avec certaines scènes qui sont de vrais morceaux d’anthologie. La seconde partie ne faiblit pas et voit l’intrigue se complexifier en prenant un tour plus romantique et aussi plus chantant, puisque Indran s’avère un crooner talentueux en plus d’un séducteur invétéré. Le tout est efficace et dominé de la tête et des épaules par un Rajinikant qui s’en sort remarquablement dans ce joyeux bazar savamment orchestré par K.Balachander.


Avec Thillu Mullu Rajini a eu l’occasion d’élargir sa palette d’acteur et de montrer qu’il savait jouer autre chose que les rôles d’action. Il montre ici un vrai sens de la comédie, qu’il utilisera plus largement par la suite dans ses autres films. C’est véritablement le film à partir duquel il a commencé à mettre de l’humour dans son travail, et à faire rire le public lui-même sans avoir forcément recours à des acteurs comiques. Visuellement le film a un peu vieilli en dépit d’une certaine classe eighties, mais a conservé toute son efficacité, et n’en demeure pas moins un très bon divertissement.


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