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Tournage à Lyon : Figurante pour le film Ishq in Paris

Publié lundi 20 février 2012
Dernière modification mercredi 4 avril 2012
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Par Amanpreet, Brigitte L. K.

Dossier Ishq in Paris : Le tournage
▶ Interview de Manish Zinta, producteur associé du film

Tournage à Lyon du 3 au 10 février 2012

La journée de figuration que j’ai vécue avec mon amie Gayané dans un train reliant Lyon à une station de Savoie était une parenthèse hors du temps, une journée à entendre parler hindi et anglais, dans des wagons réservés spécialement, dans un espace réduit avec des personnes que je rencontrais pour la première fois.

Comment suis-je arrivée là ? Remontons dans la chronologie…

Le vendredi d’avant, il fait un froid sibérien sur Lyon, entre -8°C et -16°C. Sur la place où je vois les techniciens, je demande où se trouve la personne collectant les demandes de figuration. Je la trouve dans un café, elle prend mes coordonnées et me dit qu’ils n’ont plus besoin de personne pour le week- end et jusqu’au mercredi. Le mercredi, ils veulent tourner à l’aéroport St Exupéry, il faudrait s’y rendre et pour un tournage toute la journée. Avec Isabelle, fan de Bollywood de longue date, on repart sur la place pour essayer de voir LA Star, Preity Zinta, la jolie Naina de Kal Ho Naa Ho, l’héroïne de Veer-Zaara, la fiancée de Dil Se.. (un de mes films-cultes). On parle un peu aux techniciens, plutôt les occidentaux, sans bien savoir à qui on s’adressait. Avaient-ils des responsabilités ? quelle était leur implication dans le tournage ? On voit des personnes en train d’entrer et sortir d’un bâtiment, tourner autour d’une fontaine, impossible de comprendre ce qu’ils font vraiment. Tout le monde est frigorifié. Les techniciens indiens sur le tournage sont emmitouflés tant bien que mal et, quand on pense qu’il fait 30 degrés à Mumbai à cette époque, c’est une épreuve pour eux. Au bout d’un moment, voyant qu’il n’y avait pas vraiment de tournage avec la vedette, on décide de partir. En descendant quelques marches, on croise deux personnes qui avancent d’un pas très rapide, je stoppe ma descente, me tourne et je dis à Isabelle : "Mais c’est elle !" "Mince ! on l’a loupée ! Elle est passée à côté et on ne s’est rendu compte de rien !" Habillée d’un jean, d’une paire de bottes, d’un blouson avec capuche, les cheveux tirés, elle a l’air d’une jeune fille tout à fait normale. Difficile de la remarquer mais c’est bien elle. On n’a pas osé s’approcher plus près car elle devait faire vite entre chaque scène à cause du froid. On rentre bredouille ce soir-là.

Samedi, rendez-vous à la gare, Gayané avait déjà repéré de quel côté se trouvaient les camions avec le matériel. On aperçoit la cantine, le temps d’interroger un technicien pour savoir où ils tournaient, on arrive sur l’emplacement. En posant des questions sur le tournage aux techniciens et accessoiristes, finalement on nous oriente vers les producteurs. Je leur dis en anglais que j’espère que nous aurons le plaisir de voir leur film projeté à Lyon car on ne voit que très rarement des films hindis ici. Fans de film indiens, nous mentionnons que nous sommes inscrites pour faire de la figuration mais nous n’avons aucune confirmation encore. Preity ne viendra pas tourner ce jour-là, nous annonce-t-on. On s’installe dans un café à une table à côté du producteur. Au cours de la conversation j’avais demandé si l’on pouvait saluer le metteur en scène, Prem Soni. Quand il arrive à la table de nos voisins, je le reconnais car j’avais fait ma recherche sur Google. Une personne très souriante et avenante se tourne vers nous. Prem Soni accepte de faire une photo avec nous. Après un bon moment, qui voit-on apparaître dans le café ? Preity ! Cette fois, on l’a bien reconnue. Elle est habillée en sweet-shirt rose, jean, et bottes, allure très sport. On se pousse du coude et on attend. Pas question de se précipiter sur elle pour ne pas l’effrayer. Nos voisins se lèvent de suite pour l’accueillir et, dans les coups d’œil qu’ils nous lancent, nous comprenons qu’ils parlent de nous. Ils s’approchent, c’est pour nous ! Nous sommes présentées et Preity veut bien prendre une photo avec nous trois. Elle est petite et menue, maquillage naturel, cheveux tirés en arrière.

Elle nous dit qu’elle ressent particulièrement ce froid mais elle garde le sourire. Quand on lui dit qu’on veut faire la figuration à l’aéroport, elle est surprise car une grève a été annoncée. Nous n’étions pas au courant. On retourne à notre table, ravies d’avoir eu cette photo. En buvant notre thé, nous observons les allers et venues de Preity et des membres de l’équipe. Tellement incroyable de se retrouver dans la même pièce qu’elle avec mes amies, c’est une journée spéciale et nous gardons le sourire tout l’après-midi.

Après une bonne heure, tout le monde est parti sur le plateau, il n’y a rien de spécial à voir. Des figurants se tiennent debout avec parfois une valise et attendent qu’on leur dise de passer devant la caméra. Les voyageurs, eux, circulent sans trop prêter attention à l’équipe. Isabelle doit partir, et nous ne sommes plus que deux pour faire un peu de shopping. Sur le chemin, enchantées de cet après-midi, on se dit qu’on peut leur offrir des chocolats pour les remercier. De retour à la gare, c’est la fin du tournage, ils éteignent les lumières. Avec nos petits sachets de palets au chocolat, nous nous approchons du chauffeur avec lequel nous avons sympathisé et nous lui demandons s’il peut faire passer nos chocolats. Preity prend les chocolats. Elle fait un grand sourire, ses fossettes sont tellement jolies. Elle nous explique qu’elle ne peut pas tout manger pour ne pas grossir (elle gonfle les joues pour nous montrer). Elle offre les chocolats aux membres de l’équipe. Elle est si touchée qu’elle nous embrasse toutes les deux. Elle propose de se prendre en photo et de poster la photo sur Twitter. Quelques minutes après, c’est fait ! Nous sommes aux anges. Sachant que notre amie Catherine, en vacances en Inde, suit Preity sur Twitter, je dis à Gayané : "On attend que Catherine découvre la photo sur Twitter !". Après une heure, on voit le message sur Facebook : "Girls ! you are famous !" Une journée formidable vient de se passer ! Avec Gayané, on marche sur des nuages !

Le dimanche, pas de nouvelles, le lundi, pas de nouvelles, et le mardi on nous annonce que le tournage à l’aéroport est annulé à cause des grèves. C’est la déception mais nous avons eu tellement de chance le samedi ; nos objectifs étaient largement dépassés.

Je reçois un coup de fil le mercredi matin me proposant une figuration pour le jeudi. Je réussis à prendre un congé de dernière minute. Isabelle, qui pouvait se libérer pour mercredi, n’a pas la possibilité de prendre un congé jeudi mais Gayané la remplace. Rendez-vous jeudi à 8 h à la gare, avec des vêtements sobres, un chapeau ou bonnet, des vêtements très chauds pour un tournage en extérieur.

Jeudi 8 h, je cours pour être à l’heure. Finalement, nous sommes une vingtaine. On vérifie que nos vêtements sont conformes aux demandes. Preity arrive dans la salle avec un joli : "Bonnjour !", très décontractée et souriante, de jolies boucles brunes encadrent son visage, habillée de façon plus sophistiquée. Son partenaire indien a de magnifiques yeux verts, nous ne savons pas son nom. Nous sommes surtout fascinées par elle. Un charme fou et une grande énergie se dégagent d’elle. Il ne faut pas la déranger pour qu’elle garde sa concentration. Nous restons discrètes. Elle nous reconnaît et nous sourit chaleureusement. Nous montons dans le train avec des figurants de tous les âges, beaucoup de jeunes. Quand on leur dit que c’est une grande star dans son pays, ils sont tout étonnés, pas du tout informés sur le cinéma indien ; nous essayons de transmettre notre enthousiasme, mais "on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif !", comme disent les anciens. C’est le moment de s’installer, on nous demande de nous placer dans le train pour jouer les voyageurs, bien rester à nos places, ne pas bavarder.

Quand on entend "action !", on n’entend que le roulement du train en fond sonore. Je me pose la question des enregistrements, car le croisement avec d’autres trains est super bruyant. Les annonces du contrôleur avant toutes les gares sont assourdissantes à mon avis. Je me demande s’ils vont reprendre le son entièrement. Mon siège n’est pas dans le sens du trajet et je tourne le dos au plateau, donc je ne vois rien des scènes. Les techniciens vont et viennent, les accessoiristes aussi. Parfois, il y a une crispation et les paroles sont plus sèches et nerveuses. "Silence ! everybody silence ! take 1 ! action !". Un peu plus tard, certains figurants doivent reculer vers l’arrière du train. Le metteur en scène a besoin d’une plus grande profondeur de champ. Quelques sièges se vident. J’en profite pour m’approcher un peu, je m’agenouille car mon siège est à l’envers. Je vois essentiellement, le matériel, les lumières, un peu le visage de Preity de profil, quand elle se recoiffe. La chaleur du wagon est lourde, on enlève nos pulls. Preity doit garder un teint bien poudré pour l’image. Je suis super contente, je vois Preity à quelques mètres. Est-ce que je dois me pincer pour être sûre que je suis bien là dans ce train, sur un tournage de film ? Mon rêve ! Il y a longtemps que je voulais assister à un tournage de film indien. Dommage qu’on n’ait pas le droit de prendre des photos, cela m’aurait fait de super souvenirs. Je suis déjà comme une gamine.

Pause déjeuner à 12 h 45. Arrivés à destination, pause d’une heure, la station est couverte de neige. Les fumeurs sortent griller leur sèche. Preity se repose. On se dégourdit un peu les jambes. Redémarrage du train. On se remet en place pour endosser notre rôle de voyageur. On se lève pour tourner une arrivée, on enfile nos vestes et écharpes 4 ou 5 fois. Pause. Je sors et je reviens, me trouve une place pas trop loin de la porte. Preity avec un joli béret demande la traduction d’un article d’un magazine féminin du mois de janvier. Je me propose mais les régisseurs m’ignorent superbement. Problème : sortis de leur vocabulaire technique, ils sont incapables de lui traduire correctement des termes plus journalistiques. On demande qui peut traduire : "Je peux traduire, cher monsieur !", dis–je de façon assez sonore (Non ! Mais !). Et Preity s’installe à côté de moi, je reste debout penchée sur l’article et j’essaie de traduire aussi vite que possible. Elle est attentive, ne fait aucun commentaire. Je lui demande si on lui a proposé d’écrire sa biographie, elle me répond qu’elle a toujours refusé.

On l’appelle pour tourner, pas possible de continuer. Alors là, c’était vraiment génial. J’ai traduit un article français à Preity Zinta. Comme le tournage reprend, je m’adosse au siège et j’échange un regard avec Gayané. Je me pince les lèvres en souriant ! "Je l’ai fait ! c’est vraiment un moment formidable !" Je ne l’oublierai pas ! Le tournage tire à sa fin pour les figurants, il n’y a presque plus besoin de nous, on va se détendre dans un autre wagon.

Sur le quai de la gare, Isabelle nous rejoint. On parvient à demander Preity pour une photo, excepté que la personne chargée de nous photographier nous a filmées. Trop sombre pour être utilisée. Dommage ! On suit rapidement Preity jusqu’à sa voiture. Catherine (revenue d’Inde entre-temps) traverse la gare en courant pour nous retrouver et elle a juste le temps de la voir monter dans la voiture. Nous n’essayons pas de la retenir car la journée a été hyper-intense, elle est trop fatiguée. Nous agitons nos mains en "au revoir" et envoyons des baisers, elle répond de même. Elle baisse sa vitre, et me dit : "You’re wonderful !" Je réponds : "You’re great !" Elle a compris qu’on s’est dépêché de la suivre à quatre, alors qu’on était trois sur le quai. Elle s’éloigne dans sa berline noire ! La journée est terminée, que d’émotions et de sentiments nouveaux ! Une semaine riche en surprises et rencontres inattendues. Tout le monde est ravi !

Brigitte


Je ne peux pas donner de détails précis sur les lieux, etc. car la production préfère rester discrète. Il était interdit de photographier sur le tournage.

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