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Une certaine année 2016 du cinéma tamoul, à Paris

Publié lundi 19 juin 2017
Dernière modification lundi 19 juin 2017
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Par Savoy1

Rubrique Tendances
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Retour sur une année 2016 du cinéma tamoul dans nos salles franciliennes. Des Champs-Élysées à Epinay sur Seine, un voyage non exhaustif, partiel, forcément partial, entre avant-premières bondées et séances désertées, entre salles historiques et multiplexes populaires. On y abordera du véhicule pour star, de l’œuvre engagée, comme du film de série. Quelques souvenirs comme autant de cailloux sur le chemin d’une histoire du cinéma.

Les titres recensés sont ici dans l’ordre alphabétique.

Nous commençons avec 24 de Vikram K Kumar (news de mai 2016), qui accueille Surya dans un triple rôle, pour une histoire de voyages temporels. Oh, cela ne va pas bien loin, puisque la machine à remonter le temps, ici une montre, ne permet qu’un retour de quelques minutes en arrière. Suffisant en tout cas pour autoriser le héros à réparer ses erreurs de l’instant, ou à influer sur un déroulé d’évènements qui ne lui convient pas.
Après une scène introductive bourrée de promesses et d’action qui voit, dans de spectaculaires décors d’orientation steam-punk, l’affrontement entre un savant binoclard et un méchant suave (deux fois Surya), n’hésitant pas à tuer pour s’approprier le chronomètre, cela ne va malheureusement pas aller bien loin non plus, comme on le constate très vite.
Retour de nos jours, dans le décor balisé d’une rue commerçante. Notre personnage principal, le fils de l’inventeur (toujours Surya), survivant du massacre alors qu’il n’était qu’un nourrisson, se révèle un adulte égoïste et suffisant. L’objet retrouvé inopinément ne va lui servir, pendant une grosse partie de l’intrigue, allant bien au-delà de l’entracte, qu’à arranger ses affaires dans le but de séduire l’élue de son cœur. Cela donne lieu à du comique de situation certes enlevé et souvent drôle, s’amusant à égrener les différentes variations d’une même scène, mais cela tire vite à la ligne, puisque sans enjeu dramatique autre que ceux de la comédie boulevardière. Surya tirant la couverture à lui de façon éhontée, même pas moyen de ressentir de l’empathie pour ses déboires de macho.
Il est trop tard pour vraiment relancer la machine, lorsque le méchant refait enfin surface. L’affrontement final, tant attendu, ne peut alors se résoudre qu’à l’aide de grosses ficelles, la manipulation temporelle autorisant trop de facilités. Facilités appuyées par un montage ne présentant plus les retours en arrière dans l’ordre « chronologique », afin de créer un faux suspense (comprendra qui aura vu la scène). Un gros divertissement familial sans conséquences. Faux film de genre, comme souvent dans le cinéma masala, comme on le verra plus loin.

Le masala movie est décidément un animal difficile à appréhender. Ce n’est pas Achcham Yenbadhu Madamaiyada (news de novembre), de Gautham Vasudev Menon (Yennai Arindhaal tout de même), qui va nous faciliter la tâche. La première partie est on ne plus classique, énième histoire de séduction entre deux tourtereaux pas si jeunes que cela, vue et revue maintes et maintes fois. Oui, mais voilà, il y a la musique et les chansons de Rahman, retenues pour notre top de l’année 2016, et notre couple en devenir est craquant au possible. Et puis il y a cette promesse de voyage à moto, afin de sceller un amour naissant au long des paysages traversés. Notre cœur d’artichaut se laisse alors prendre au jeu, emporté par les mélodies et les sourires. L’accident routier, qui va survenir, prend alors des accents déchirants.
Mais juste avant l’intermission, revirement de scénario, propre au masala. L’accident n’en est pas un. Et la famille présente au chevet des accidentés de se retrouver au centre d’une traque orchestrée par un gang sans pitié.
Drôle d’animal que ce film, était-il écrit en introduction : rien ne prévoyait ce rebondissement, uniquement rattaché à la première partie par la grâce d’un homme au regard insistant, croisé dans un hôtel de passage. Et le film de se métamorphoser littéralement. Le héros transi devient un "musclor", son égale en amour une vulgaire potiche. Et la mise en scène jusqu’alors sobre, même dans son lyrisme, de se muer en une bête atteinte de convulsions, une caméra frénétique et épileptique enregistrant une interminable enfilade d’assauts armés, comme dans les pires actioners américains. La fin n’arrangera pas les choses, nauséeuse apologie de la revanche, justifiée par des moyens « légaux » éhontément détournés.
Le spectateur de masala movie est décidément un animal difficile à appréhender. Qui peut passer de l’enthousiasme au rejet pur et simple en un clin d’œil … Le temps d’assister à l’une des plus belles idées de mise en scène de ces dernières années : le choc de l’accident, noyau du film, monté en parallèle avec la déclaration d’amour fantasmée qui n’aura jamais lieu. Montage éblouissant qui fait s’entremêler les corps meurtris et séparés de la réalité et les corps enlacés d’un splendide clip musical. A pleurer, le temps d’un clin d’œil.

Revenons quelques instants sur Irudhi Suttru - Le dernier round de Sudha Kongara, déjà abordé en ces pages, juste pour signaler son déroulement ultra classique, trop prévisible pour qui connaît les arcanes du film d’apprentissage sportif. D’autant plus dans l’univers de la boxe, masculine, comme féminine depuis maintenant quelques années. Son degré d’appréciation dépend alors du plaisir à retrouver les clichés attendus, avec plus ou moins d’innovations, au tournant. Au moins, le récit est ici servi par des acteurs investis et charismatiques, par un abondant accompagnement musical chanté. Et il a le mérite d’aborder son sujet de face, tout le mérite d’un certain cinéma indépendant du Sud, contrairement au Sultan hindi sorti peu après, traitement bollywood et velléités internationales obligent.

Iru Mugan de Anand Shankar (news de septembre) nous fait rejoindre le genre, en compagnie de Vikram et d’agents d’élite, sur la piste d’un condensé chimique permettant de lâcher des terroristes agressifs sur le monde. Un pur plaisir régressif si l’on accepte de jouer le jeu des rebondissements à la James Bond, période Roger Moore, humour inclus.
Le méchant est un authentique représentant de ce type d’univers, personnage transgenre extraverti, livrant à Vikram (eh oui, double rôle) l’occasion d’offrir au spectateur ébahi une prestation ô combien jouissive. Entre monologues allumés et joutes verbales avec lui-même (pléonasme ?), des poses théâtrales et iconiques, que ne se seraient jamais permises les stars US du genre.
En tout cas, on ne s’ennuie pas une seconde. La mise en scène des bagarres est nerveuse tout en restant lisible, les exploits des cascadeurs ne sont pas trop entamés par les effets visuels. Les situations pas trop « hénaurmes ». Là aussi, un divertissement sans conséquence, mais au moins le contrat est respecté. Une certaine idée d’un cinéma d’action à l’ancienne.

Direction la salle mythique du Grand Rex, pour assister à l’avant-première de Kabali de Pa Ranjith, blockbuster largement chroniqué ici-même, avec l’idole Rajini. L’univers de ce dernier est-il soluble dans celui des guerres mafieuses à la John Woo ? Peut-être sur la forme, qui assure et assume son quota de fusillades, et règlements de comptes violents, filmés avec moult effets qui vont bien. Pas sûr au vu du résultat scénaristique, et surtout du discours propagé.
Côté déroulement, ça pêche grandement, entre prêches sociaux tirant à la ligne, au risque de devenir gênants, et ellipses faciles du plus mauvais goût. Voir à cet égard notre héros laissé pour mort à l’intermission, qui fait de l’humour, entouré de nénettes en maillot de bain, comme si de rien n’était, à la reprise du film … Trop facile, d’un manichéisme encombrant car douteux. Rajni oblige ? Réalisateur et scénariste en oublient ce qu’est le sens de l’honneur cher à nos héros asiatiques, et la souffrance qu’implique l’acte de tuer.
Au passage, les seconds rôles potentiellement intéressants sont laissés sur le carreau. Ainsi, et c’est plus « grave », que les intermèdes musicaux qui ont fait la gloire et la marque de la star et ses équipiers. Les visées à l’international et en direction d’un public (prétendument) nouveau, sont-elles une fois de plus la cause de cette perte identitaire ? La question se posait au même moment, côté bollywood, à propos de Salman, et son Sultan cité plus haut.
Mais tout cela est vite oublié ( !!), balayé par l’ambiance du balcon du Grand Rex ce soir-là. Une ferveur indescriptible, un public en liesse à la moindre apparition de son dieu sur l’écran gigantesque. Dans ces moments là, seul l’esprit de la série B résonne dans la salle, croisement rêvé et exaucé entre l’univers de la fiction indienne, miraculeusement transporté chez nous, et celui d’un gosse sevré au cinoche de genre. Les reproches, ce sera pour plus tard.

Et rebelote pour un double rôle, et c’est le tour de Dhanush, avec Kodi de R.S. Durai Senthilkumar (news d’octobre, partagée avec Kaashmora). Place cette fois au drame pur et dur, avec une intrigue politique située pendant les élections, où tous les coups et toutes les bassesses sont permis. Le frère jumeau d’un des candidats va devoir se plonger dans ce bain saumâtre, pour reprendre une place laissée vacante dans d’atroces circonstances. Brûlot social, chronique sur le déterminisme, le père de nos héros s’étant jadis sacrifié sur l’autel des revendications ouvrières, tout autant que « Roméo et Juliette » politique, deux candidats de camps opposés se retrouvant en cachette pour s’aimer, voici une œuvre dense et aboutie, servie par d’excellents comédiens et personnages.
Un univers assombri dès la séquence d’ouverture, qui ne peut que s’enfoncer dans les ténèbres des magouilles et de la corruption, du compromis qui ne laisse aucune dignité. La femme, comme l’homme, écrase pour ne pas être écrasée, aveuglée par le pouvoir. C’est étouffant, et laisse le spectateur sur le carreau. L’apanage d’une fiction de dénonciation réussie.
Un mot pour souligner la projection de ce film au Club de l’Étoile, une salle proche des Champs-Élysées, qui a rejoint depuis peu le giron des écrans acquis à la cause. On y met en avant des conditions de projection exceptionnelles : personnellement pas constaté en quoi (les fauteuils spacieux et moelleux du mini balcon ??). Par contre, ce qui est loin d’être louable, c’est l’absence de toute information à l’entrée : pas d’affiches, pas d’horaires, même pas un bout de papier griffonné, le film programmé dans le plus strict anonymat. La fin d’une certaine idée de la séance de cinéma …

La vision de Miruthan de Shakthi Soundar Rajan (news de février) commence d’abord sur une grosse méprise. Venu assister à un zombie-flick, annoncé à grand renfort de teaser angoissant, l’amateur de genre va tomber de haut. Passée une ouverture sans fioritures, qui met immédiatement les pieds dans le plat d’une contamination chimique en bonne et due forme, imagerie violente tout droit sortie d’un certain cinoche bis à l’italienne, la comédie romantique reprend le manche dès le générique terminé. Un bonhomme énamouré, la petite sœur dont il a la charge, le side-kick de rigueur … Masala movie, recadrerez-vous, oui mais voilà, l’horreur ne repointera pas le bout de son nez.
Certes, un peu d’angoisse, lorsque le héros part à la recherche de la gamine disparue, dans des décors vidés de toute vie, et du suspense fonctionnel, lorsque la traditionnelle petite troupe de survivants se met en quête d’un havre de repos. Mais on reste au final dans un registre comique. Les institutions sont certes raillées, mais à base de gags gras du bide, du pantalon au bas des jambes au pipi paniqué dans la culotte. Pas de quoi fouetter un chat, surtout quand les contaminés attendent sagement en arrière-plan de se faire kicker par le héros à tour de rôle, tels les combattants de nos vieux films d’arts martiaux. Et que dire du faux suspense créé par des scènes évacuées du montage, explicitées après coup (le même reproche que pour 24, chroniqué plus haut). Ils sont loin nos morts-vivants agressifs, masse de chair en mouvement, incontrôlable.
Ce qu’on avait oublié, c’est qu’aux États-Unis World War Z était passé par là, et ce modèle vient percuter l’univers de Zombie. Et le centre commercial, situé par la grâce d’un champ contre champ tout pourri face à un hôpital ( ??!!), de se transformer en une vitrine éhontée de placements produits, là où chez Romero la galerie de magasins servait à dénoncer la société de consommation. L’esprit de révolte du cinoche B devient alors simple ludisme !! Pour l’info, le même retour de bâton était tombé sur Puli, qui adoptait l’esprit de la nouvelle fantasy made in US à la place de la magie de Ray Harryhausen.
Et puis soudain, survient LA scène que l’on n’attendait pas : notre duo de tourtereaux entamant un ballet en combattant un cercle de zombies, au son d’une romance musicale déchirante. La magie du cinoche populaire indien refait alors surface le temps de quelques minutes suspendues hors du temps. Rien que pour elles ??

Continuons dans le fantastique. Saithan de Pradeep Krishnamoorthy fut présentée ici (news de décembre) comme la proposition neuve d’un artiste indépendant. Une belle douche froide à l’arrivée. Puisque Vijay Antony est apparu comme un satané fumiste. Son film de malédiction, euh pardon, de possession, euh pardon, de réincarnation, part littéralement dans tous les sens. Pas pour faire original, non, pour piquer des idées et des scènes à tout un tas de bandes sans aucun rapport les unes avec les autres (du Ring japonais pour l’épouvante, de l’Equalizer « denzelwashingtonien » pour la baston, du Lucy « bessonien », aïe !!, pour la science-fiction), afin d’assaisonner son histoire déjà bien ardue à suivre, avec ses ellipses maousses et ses flashbacks. A la vue du bordel ambiant, l’équipe du film se révèle incapable de proposer un semblant de quoi que ce soit et revient au pire du cinoche asiatique des 80’s. Mépris du public populaire ?
A signaler, une projection au Gaumont Saint Denis, sous-titrée anglais, malgré le français annoncé et affiché, qui n’a pas facilité la compréhension du truc. Et aura fait sortir un spectateur, attiré par l’affiche et de bons conseils ( !), au bout de quelques minutes. Il est malheureusement à craindre que cette situation, répétée, n’aide pas le cinéma indien à sortir de son ghetto communautaire. Dernier éclat en date, toujours à Saint Denis : Sarkar 3 annoncé en version française sur les affiches, en stf sur les horaires, et bien sûr sous-titré anglais dans la salle (précision faite par le distributeur sur internet). Bien entendu le personnel d’accueil n’est jamais au courant de rien, et gageons qu’il fait mine d’écouter vos remarques, il a d’autres chats à fouetter dans ces supermarchés de l’image …

Pour l’un des Fanta d’Or 2016, Thaarai Thappattai de Bala, direction sa chronique détaillée pour y retrouver tout le bien que nous en pensions, tout l’amour ressenti pour ses formidables comédiens.
Nous ajouterons que Bala ne semble pas attirer les foules. Un réalisateur intègre et passionnant, un sujet populaire mais traité sans concession, ne sont visiblement pas des critères pour se déplacer au cinéma, s’il n’y pas de tête d’affiche pour cautionner le truc. La poignée de spectateurs présente ce jour-là dans la salle habituelle du Mega CGR d’Epinay ne fera pas démentir la supposition.

Également chroniquée en ces pages, la cuvée Vijay 2016, Theri - l’étincelle de Atlee, ne cache ni son manque d’originalité, ni son absence d’ambition. Le réalisateur a au moins le mérite de clarifier la situation, en l’état proposer un vrai retour aux sources du revenge movie. Au premier degré, sans cynisme ni détournement du genre. C’est violent, jusqu’au-boutiste, et ravira les amateurs, comme cela continuera de choquer les réfractaires à ce type de thrillers. Du cinéma de mec, que l’on n’essaiera pas de faire passer pour autre chose.
Il permet à la star versatile de revenir s’exprimer avec conviction dans un registre dramatique, noyé ces derniers temps dans la gaudriole (Puli, quelqu’un ?). Et d’être recadrée dans un scénario enfin bridé (oubliées les embardées humoristiques de Kaththi, ou la première partie inconsistante et imbécile de Thalaivaa). Au risque, tout de même inquiétant, d’une méprise vis-à-vis de son public de fidèles, en attirant dans les salles un jeune public qui n’a pas vraiment sa place ici.

Thodari (news de septembre) nous permet de retrouver Dhanush, c’était quelques semaines à peine avant Kodi, sous la houlette de Prabu Solomon, le réalisateur apprécié de Mynaa et Kayal. Un film plus léger, permettant le rappel bienvenu des dons de comédie de sa star. A bord d’un train filant à vive allure, le personnel de service doit assurer la bonne tenue d’un trajet accueillant une personnalité politique parmi ses voyageurs issus de divers horizons. L’occasion de brasser et faire se confronter de nombreux dialectes et traditions de tous les jours du sous-continent, aussi bien côté personnel ferroviaire que passagers. Le huis clos du train comme creuset des cultures indiennes, une toujours belle idée, propice à joutes verbales et comique de situation.
L’intrusion de malandrins et le quiproquo qui va suivre, concernant la complicité erronée d’une passagère, vont entraîner Dhanush et ses collègues dans une tempête médiatique, alors que le convoi semble ne pas pouvoir s’arrêter. Nous retrouvons là un ressort classique du film d’aventure ferroviaire, et le suspense, prenant, qui va avec. Et c’est mené avec en…train !
Tout cela est quand même un peu épuisant. On parle énormément, c’est peu de le dire, dans la première partie, histoire de faire jouer l’humour de langage. Mais pour le spectateur occidental, cela se résume à des flopées de sous-titres, qui ne peuvent qu’effleurer le but recherché. Cela rappelle certaines comédies cantonaises à destination locale des spectateurs hongkongais. L’abattage des comédiens est heureusement tel, que leur jeu enjoué entraîne l’adhésion, en attendant l’arrivée de l’action.
Étonnamment, les salles habituelles n’auront pas accueilli ce Thodari « multiethnique ». Nous nous sommes alors retrouvés au Brady, cinéma de quartier multiculturel par excellence, au milieu d’un public autrement plus varié qu’à l’accoutumée. Belle croisée des chemins.

Nous atteindrons notre dernière étape avec Wagah de GNR Kumaravelan (news du mois d’août), histoire d’amour contrariée par la séparation frontalière indo-pakistanaise. Petit coup de cœur pour cette modeste série B guerrière. Une nouvelle fois, un sujet traité sans cynisme, assumant le genre avec respect, quitte à en recracher tous ses clichés : le mélo roman-photo, la séparation déchirante, l’horreur imbécile de la guerre, la vengeance cathartique. Une bande sirupeuse et violente à la fois, venue là délivrer son message à l’encontre du dévoiement de la ferveur patriotique, admirablement servie par un beau couple de cinéma, et une superbe bande originale de Imman.
Il est de ces petits films qui rencontrent leur spectateur sans crier gare, suite à une concordance d’état d’esprit à un instant T. C’est le cas de celui-ci. De plus la phrase est à prendre au premier degré, littéralement, puisque je fus seul dans la salle pour cette projection à Epinay, un après-midi du week-end du 15 août.
Suite à cette remarque, comme pour tout avis subjectif qui se respecte, seule la curiosité pourra inciter à tenter le voyage, s’il est jamais possible de dénicher un moyen de découvrir ce film. Dont acte.

Voilà pour ces souvenirs égrenés par une mémoire forcément partiale. Essayons de les voir comme autant de jalons d’’une vie de cinéphage bien remplie. A chaque fois la promesse d’un bon moment, d’une découverte, de retrouvailles. Au bout du chemin, tantôt le sourire ou l’émotion, souvent la déconvenue. Ce n’est que du cinéma, c’est le cinéma.
Mais n’oublions pas, au risque de le marteler : qui aurait cru, quelques années en arrière, à cette possibilité de retrouver, chaque mois, un peu de la culture tamoule sur nos grands écrans franciliens ? Merci, encore une fois, à tous les acteurs qui le permettent. Et ce sont aussi les spectateurs …

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