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Woodstock Villa


Bande originale

Dhoka [Woodstock Villa]
Saawan Mein Lag Gayee Aag
Kyun [Woodstock Villa]
Yeh Pyaar Hai
Koi Chala Ja Raha Hai
Raakh Ho Ja Tu
Dhoka Dega
Saawan Mein age Gayee Aag – Club Mix
Dhoka – Remix

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La critique de Fantastikindia

Par Kendra - le 12 juin 2008

Note :
(1/10)

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Alors que les réfractaires aux films indiens sont absolument persuadés que l’on n’y trouve que des histoires d’amours impossibles de 3 heures et quelque, ponctuées de chansons sucrées et de danses en groupe au milieu de champs de moutardes, les dernières productions démontrent que la mode est plutôt aux thrillers à Bombay…
Mais suivre la mode, est-ce vraiment un bien ? Pas vraiment si c’est un prétexte pour commettre une oeuvre telle que Woodstock Villa

Woodstock Villa ou la démonstration en 1h20 (oui oui, même pas la moitié d’un film il y a encore quelques années…) de tout ce qu’il ne faut pas faire pour réaliser un film à suspense !

Tout d’abord, un scénario apparemment écrit par un étudiant de première année incapable de se détacher de ses modèles.
Le public indien a montré son intérêt grandissant pour les histoires à multiples rebondissements dont les frères Abbas-Mustan se sont fait une spécialité, comme le prouve leur dernier film, Race. Que l’on apprécie le duo ou pas, on ne peut nier le talent certain qu’ils ont développé pour surprendre le spectateur et le tenir en haleine jusqu’au bout, talent qui manque cruellement aux scénaristes de Woodstock Villa.
Jugez-en plutôt : Samir, jeune casanova paumé qui vient de perdre son travail pour avoir couché avec la femme de son patron, a besoin d’une forte somme pour payer son loyer (chose rare en ce bas monde) et rembourser un mafieux bien entouré qui abuse du khôl. Lors d’une soirée, il croise la route de Zara qui, après avoir refusé ses avances, décide de l’engager pour la kidnapper ( ???), afin de voir si son mari l’aime toujours (encore une fois, ???). Malheureusement, Samir va se retrouver au coeur d’une histoire qui le dépasse (et nous aussi).

Ces dernières années, le soin apporté aux images et aux effets de style est de plus en plus important, et atteint son paroxysme ici. Le spectateur aura l’impression de voir un très (très) long clip MTV. Le travail de photographie et le montage ressemblent à un parfait condensé de ce qui devrait faire un film à suspense, les arrêts sur images en abondance, les mouvements de caméras incessants, la couleur sépia dans les moments dramatiques, les filtres rouges… Hansal Mehta en use et surtout en abuse, âmes sensibles s’abstenir, le mal de tête peut vous assaillir en à peine dix minutes…
Le montage est tellement haché (sûrement dans l’optique de donner du rythme et/ou une "patte" au film) que l’action en devient incompréhensible, on ne sait plus qui fait quoi, où et pourquoi, les plans s’enchaînent si rapidement qu’on n’a jamais le temps de s’attarder sur aucun des personnages, réduisant ainsi leur psychologie à l’épaisseur du papier cigarette… Rien ne fonctionne, ni les moments qui devraient être romantiques, ni le suspense et encore moins le drame. Le film aurait pu durer un bon quart de moins si les chansons n’avaient pas été hasardeusement disséminées tout au long de l’histoire. La BO, à oublier très rapidement, ne laisse d’ailleurs aucun souvenir à la sortie de la séance, à part peut-être un sourire si l’on pense à leur mise en images. Ah, l’usage des flammes pour souligner que le héros est sans peur ! Le plus gros bémol va à la chanson-caméo de Sanjay Dutt, dans une veine rock, façon clip de U2 en play-back, simplement ridicule. Ceux qui ont vu plus d’un thriller dans leur vie auront compris l’histoire très rapidement, et ne pourront alors que se concentrer sur la fascination générée par ce genre d’exercice de style totalement vain et vide.

Woodstock Villa est le film censé propulser Sikander Kher sur le devant de la scène. Le fils d’Anupam et Kirron Kher n’a malheureusement pas fait le bon choix pour entrer en grande pompe dans la famille du cinéma.
Le reste du casting ne vaut pas grand-chose, Neha Uberoi, une quasi-débutante que l’on a pu voir précedemment dans Dus Kahaniyaan (produit également par son oncle Sanjay Gupta), est totalement transparente, ce qui peut être gênant lorsqu’on tient le rôle principal ; Arbaaz Khan et son jeu monolithique prêtent à sourire mais pas autant que Gulshan Grover, absolument pas crédible dans son rôle de Karim Bhai, le mafieux qui fait de l’humour…
En revanche, tant de points négatifs permettent de faire ressortir Sikander et de constater qu’il a une vraie présence à l’écran. Après s’en être sorti avec les honneurs dans un film si pitoyable, on ne peut qu’attendre avec impatience de le retrouver ailleurs, ce qui ne saurait tarder puisqu’il sera à l’affiche de Summer 2007, qui devrait sortir cet été.

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